Archives mensuelles : juillet 2014

Matthieu 12, 1-8 – Une faim jamais rassasiée –

Vendredi 18 juillet 2014

En ce temps-là, un jour de sabbat, Jésus vint à passer à travers les champs de blé, ses disciples eurent faim et ils se mirent à arracher des épis et à les manger. Voyant cela, les pharisiens lui dirent : « Voilà que tes disciples font ce qu’il n’est pas permis de faire le jour du sabbat ! » Mais il leur dit : « N’avez-vous pas lu ce que fit David, quand il eut faim, lui et ceux qui l’accompagnaient ? Il entra dans la maison de Dieu, et ils mangèrent les pains de l’offrande ; or, ni lui ni les autres n’avaient le droit d’en manger, mais seulement les prêtres. Ou bien encore, n’avez-vous pas lu dans la Loi que le jour du sabbat, les prêtres, dans le Temple, manquent au repos du sabbat sans commettre de faute ? Or, je vous le dis : il y a ici plus grand que le Temple. Si vous aviez compris ce que signifie : Je veux la miséricorde, non le sacrifice, vous n’auriez pas condamné ceux qui n’ont pas commis de faute. En effet, le Fils de l’homme est maître du sabbat. »

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Les épis de blé ce n’est pas véritablement ce qui rassasie lorsque nous avons faim. De quelle faim s’agit-il alors et qui provoque tant de résistances chez les bien pensants ?

Jean-Marie Quéré

Matthieu 11, 28-30 – La pesante légèreté –

Jeudi 17 juillet 2014
En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

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C’est étonnant cette association joug et aisé, fardeau et léger. Il est vrai cependant que la névrose en nous ne veut pas de la légèreté. Car elle est attachée à répéter ce qui nous rend prisonnier de notre histoire et de nos fantasmes. La névrose rend lourdes les choses de la vie là où elles pourraient être légères. Elle préfère la torture de l’âme à son soulagement. Nous avons donc  à « supporter » , à « prendre sur nous », la légèreté et la liberté.

Jean-Marie Quéré

Matthieu 11, 25-27 – Un regard étonné –

Mercredi 16 juillet 2014

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit :  » Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.  »

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Le regard que le tout petit pose sur le monde a quelque chose qui vient d’ailleurs : il est étonné et interrogateur. Ce regard, même enfoui en nous, ne nous quitte jamais et témoigne du désir inconscient.

Jean-Marie Quéré

Matthieu 11, 20-24 – L’acte sans parole –

Mardi 15 juillet 2014

Jésus se mit à faire des reproches aux villes où avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu’elles ne s’étaient pas converties : « Malheureuse es-tu, Corazine ! Malheureuse es-tu, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que les gens y auraient pris le vêtement de deuil et la cendre en signe de pénitence. En tout cas, je vous le déclare : Tyr et Sidon seront traitées moins sévèrement que vous, au jour du Jugement. Et toi, Capharnaüm, seras-tu donc élevée jusqu’au ciel ? Non, tu descendras jusqu’au séjour des morts ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome, cette ville subsisterait encore aujourd’hui. En tout cas, je vous le déclare : le pays de Sodome sera traité moins sévèrement que toi, au jour du Jugement. »

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Une conversion est d’abord un changement de direction nécessitant un retournement intérieur, intime. Tout acte, miracle y compris, sans la parole qui s’y attache, produit de la fascination mais termine en pluie de cendres. Il n’y a alors pas de changement possible.

Jean-Marie Quéré

Matthieu 10, 34 à 11, 1 – Le tranchant de la parole –

Lundi 14 juillet 2014
Jésus disait aux douze Apôtres : « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. Oui, je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère : on aura pour ennemis les gens de sa propre maison. Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. Qui veut garder sa vie pour soi la perdra ; qui perdra sa vie à cause de moi la gardera. Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité d’homme juste recevra une récompense d’homme juste. Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : il ne perdra pas sa récompense. » Jésus acheva ainsi de donner ses instructions aux douze disciples, puis il partit de là pour enseigner et prêcher dans les villes du pays.

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Le message est clair et précis : ce n’est pas la paix que Jésus dit apporter mais le glaive. Qui tranche et sépare. Et la déclinaison des relations qui doivent être séparées par le tranchant du glaive, s’adresse en premier lieu aux relations familiales. Il est dit ici que toute relation familiale dans la génération jusque dans la place entre la belle-mère et la belle-fille, est nécessairement marquée du sceau de cette non différenciation. C’est à dire à tout ce qui est incestueux. Avant que d’être passage à l’acte, l’inceste se définit d’abord par cette indifférenciation dont toute relation familiale a à se défaire. Le glaive, symbolisant le tranchant de la parole qui en s’adressant à l’autre le sépare de moi, est ce par quoi nous avons à passer pour nous différencier les uns des autres. Sans ce tranchant là, il n’y aura pas de paix possible.

Jean-Marie Quéré

Matthieu 10, 24-33 – La peur qui nous cache –

Samedi 12 juillet 2014

Jésus appela ses douze disciples et les envoya en mission, il leur disait : « Le disciple n’est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur. Il suffit que le disciple soit comme son maître, et le serviteur, comme son seigneur. Si les gens ont traité de Béelzéboul le maître de maison, ce sera bien pire pour ceux de sa maison. Ne craignez donc pas ces gens-là ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »

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La crainte des hommes, dont nous sommes, n’est pas une protection mais une manière de garder voilé ce qui appelle à être dévoilé et caché ce qui appelle à être connu. Comme l’amant qui, découvrant qu’il n’a plus peur des hommes, prêt qu’il est à affronter le monde entier, se confie à sa bien-aimée et se découvre à lui autant qu’aux autres. N’est-ce pas aussi ce qui se passe sur le divan lorsqu’en parlant, sans peur de l’autre, nous nous dévoilons à nous-mêmes ! C’est bien de ne plus avoir à se cacher qu’ouvre une analyse.

Jean-Marie Quéré

Matthieu 19, 27-29 – Quitter nos représentations –

Vendredi 11 juillet 2014

Alors Pierre prit la parole et dit à Jésus : « Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre : alors, qu’est-ce qu’il y aura pour nous ? » Jésus leur déclara :  » Amen, je vous le dis : quand viendra le monde nouveau, et que le Fils de l’homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m’avez suivi, vous siégerez vous-mêmes sur douze trônes pour juger les douze tribus d’lsraël. Et tout homme qui aura quitté à cause de mon nom des maisons, des frères, des soeurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra beaucoup plus, et il aura en héritage la vie éternelle.  »

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 Le désir ne se découvre qu’à ses effets. Il ne s’agit pas de quitter nos représentations pour se glorifier d’un désir pur et mériter une bonne place. C’est en découvrant que nous avons quitté nos représentations que nous constatons que c’est au nom du désir que cela s’est fait. Une toute autre dimension marque alors le temps en nous.

Jean-Marie Quéré

Matthieu 10, 7-15 – Le « à tout prix » de la jouissance –

Jeudi 10 juillet 2014
Jésus disait aux douze Apôtres :  » Sur votre route, proclamez que le Royaume des cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. Ne vous procurez ni or ni argent, ni petite monnaie pour en garder sur vous ; ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. Car le travailleur mérite sa nourriture. Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez chez lui jusqu’à votre départ. En entrant dans la maison, saluez ceux qui l’habitent. Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n’en est pas digne, que votre paix retourne vers vous. Si l’on refuse de vous accueillir et d’écouter vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville, en secouant la poussière de vos pieds. Amen, je vous le dis : au jour du Jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins sévèrement que cette ville. « 

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Il n’est pas si facile de sortir de soi lorsque nous ne sommes pas accueillis ou entendus. Nous avons plutôt tendance à nous obstiner en voulant à tout prix que l’autre nous entende et nous comprenne. Jusqu’à la jouissance que toute tension, lorsqu’on s’y enferme, peut produire. Cette jouissance là va à l’encontre de toute gratuité.

Jean-Marie Quéré

Matthieu 10, 1-7 – Le nom des disciples –

Mercredi 9 juillet 2014

Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits mauvais et de guérir toute maladie et toute infirmité. Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, appelé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ; Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ; Simon le Zélote et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra. Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « N’allez pas chez les païens et n’entrez dans aucune ville des Samaritains. Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le Royaume des cieux est tout proche. »

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Qui sont-ils donc ces hommes dont les noms ont traversé le temps ? Ils sont fils, ils sont frères. Représentent-ils, autant que la diversité des hommes, les différentes facettes de notre intériorité ?  Portés par un désir qui nous échappe, nous nous reconnaissons pourtant une fraternité avec eux.

Jean-Marie Quéré

Matthieu 9, 32-38 – Le possédé se tait –

Mardi 8 juillet 2014

On présenta à Jésus un possédé qui était muet. Lorsque le démon eut été expulsé, le muet se mit à parler. La foule fut dans l’admiration, et elle disait : « Jamais rien de pareil ne s’est vu en Israël ! » Mais les pharisiens disaient : « C’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. » Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité. Voyant les foules, il eut pitié d’elles parce qu’elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, et les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »

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Alors que nous avons l’habitude d’associer le fait d’être possédé à une logorrhée qui dit n’importe quoi, il y a aussi une manière d’être possédé qui conduit au mutisme. Et lorsque ce qu’il y a de muet en nous se met à parler, nous ne manquons pas de vouloir le faire taire. L’attribuer au démon, n’est-ce pas ne pas pouvoir entendre ce qui en nous se met à parler !

Jean-Marie Quéré