Archives mensuelles : septembre 2014

Luc 9, 51-56. Les effets de pensée

Mardi 30 septembre 2014
Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde, il prit avec courage la route de Jérusalem. Il envoya des messagers devant lui ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue. Mais on refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem. Devant ce refus, les disciples Jacques et Jean intervinrent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions que le feu tombe du ciel pour les détruire ? » Mais Jésus se retourna et les interpella vivement. Et ils partirent pour un autre village.

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Jésus interpelle vivement Jacques et Jean. Interpeller vient du latin « interpellare » qui veut dire interrompre quelqu’un, le déranger, le troubler. Nous retrouvons ici l’ambition de l’interprétation en psychanalyse où ce n’est pas tant ce qui est dit qui retient l’attention, mais les effets de pensée que cela produit.

Jean-Marie Quéré

Jean 1, 47-51. Le désir qui nous révèle

lundi 29 septembre 2014
Lorsque Jésus voit Nathanaël venir à lui, il déclare : « Voici un véritable fils d’Israël, un homme qui ne sait pas mentir. » Nathanaël lui demande : « Comment me connais-tu ? » Jésus lui répond : « Avant que Philippe te parle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. » Nathanaël lui dit : « Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu ! C’est toi le roi d’Israël ! » Jésus reprend : « Je te dis que je t’ai vu sous le figuier, et c’est pour cela que tu crois ! Tu verras des choses plus grandes encore. » Et il ajoute : «Amen, amen, je vous le dis : vous verrez les cieux ouverts, avec les anges de Dieu qui montent et descendent au-dessus du Fils de l’homme. »

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Lorsque la parole de l’autre nous révèle des qualités que nous ne soupçonnions pas de nous-mêmes, ce n’est pas tant de celui qui l’énonce dont nous avons à nous étonner que de la force inconnue, inconsciente, du désir qui nous habite et qui se manifeste à l’autre sans que nous le sachions. Ainsi le désir n’existerait pas sans le corps de l’homme. Il ne pourrait prendre corps en dehors de nous.

Jean-Marie Quéré

Luc 9, 43b-45. Le temps du déploiement

Samedi 27 septembre 2014
Comme tout le monde était dans l’admiration devant tout ce que faisait Jésus, il dit à ses disciples : « Mettez-vous bien en tête ce que je vous dis là : le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. » Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles, elles restaient voilées pour eux, si bien qu’ils n’en saisissaient pas le sens, et ils avaient peur de l’interroger sur ces paroles.

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Se mettre en tête une pensée qui nous est adressée avec force, c’est ouvrir en nous le chemin de l’énigmatique. Ne pas vouloir à tout prix le résoudre, et craindre d’interroger, c’est consentir à ce que ce ne soit plus notre volonté à bien penser qui nous guide mais le temps que nous accordons aux choses pour qu’elles se déploient.

Jean-Marie Quéré

Luc 9, 18-22. Au plus près du désir inconscient

Vendredi 26 septembre 2014
Un jour, Jésus priait à l’écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Pour la foule, qui suis-je ? » Ils répondirent : « Jean Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un prophète d’autrefois qui serait ressuscité. » Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre prit la parole et répondit : « Le Messie de Dieu. » Et Jésus leur défendit vivement de le révéler à personne, en expliquant : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »

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Qui est le Messie de Dieu ? Le psychanalyste a quelque chose à apprendre de celui qui est reconnu comme tel. Parce que sa parole dit quelque chose qui semble au plus près du désir inconscient qui habite tout homme.

Jean-Marie Quéré

Luc 9, 7-9. La prédominance du voir sur la pensée

Jeudi 25 septembre 2014

Hérode, prince de Galilée, apprit tout ce qui se passait, et il ne savait que penser, parce que certains disaient que Jean le Baptiste était ressuscité d’entre les morts. D’autres disaient : « C’est le prophète Élie qui est apparu. » D’autres encore : « C’est un prophète d’autrefois qui est ressuscité. » Quant à Hérode, il disait : « Jean, je l’ai fait décapiter ; mais qui est cet homme dont j’entends tellement parler ? » Et il cherchait à le voir.

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Pour Hérode, peu importe le sens que pourrait prendre pour lui ce que dit l’homme dont il entend tellement parler. Pas étonnant alors qu’il ne sache pas quoi penser et que tout ce qui est dit ne l’aide pas. Il veut le voir. N’est-ce pas cette prédominance du voir sur la pensée , sur le sens de ce que nous entendons, qui conduit à la violence et au meurtre ?

Jean-Marie Quéré

Luc 9, 1-6. La Bonne Nouvelle

Mercredi 24 septembre 2014
Jésus convoqua les Douze, et il leur donna pouvoir et autorité pour dominer tous les esprits mauvais et guérir les maladies ; il les envoya proclamer le règne de Dieu et faire des guérisons. Il leur dit : « N’emportez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ; n’ayez pas chacun une tunique de rechange. Si vous trouvez l’hospitalité dans une maison, restez-y ; c’est de là que vous repartirez. Et si les gens refusent de vous accueillir, sortez de la ville en secouant la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. » Ils partirent, et ils allaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons.

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Qu’est-ce que la Bonne Nouvelle ? Celle qui, pour s’annoncer, nécessite d’être démuni et de ne pas s’obstiner à vouloir être accueilli ?

Jean-Marie Quéré

Luc 8, 19-21. Vouloir voir

Mardi 23 septembre 2014
La mère et les frères de Jésus vinrent le trouver, mais ils ne pouvaient pas arriver jusqu’à lui à cause de la foule. On le fit savoir à Jésus : « Ta mère et tes frères sont là dehors, qui veulent te voir. » Il leur répondit : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique. »

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Le propre de la névrose, c’est de réduire la rencontre à la satisfaction des sens. Ainsi vouloir voir l’autre, même son propre fils, son propre frère, ne témoigne pas nécessairement du désir de le rencontrer. Ici Jésus rappelle que ceux en qui il peut se reconnaître, ce sont ceux qui entendent la parole comme ne venant pas d’eux. La similitude avec l’intuition de Freud d’écouter l’autre parler sans le voir, sans être en vis à vis, témoigne de l’importance donnée à la parole comme ne venant pas de nous.

Jean-Marie Quéré

Luc 8, 16-18. La lumière au coeur de l’inconscient

Lundi 22 septembre 2014
Comme la foule se rassemblait autour de Jésus, il disait en parabole :  » Personne, après avoir allumé une lampe, ne la cache sous un couvercle ou ne la met en dessous du lit; on la met sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière. Car rien n’est caché qui ne doive paraître au grand jour ; rien n’est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour. Faites attention à la manière dont vous écoutez. Car celui qui a recevra encore, et celui qui n’a rien se fera enlever même ce qu’il paraît avoir. »

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« On met la lampe sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière » : nous retrouvons là quelque chose de similaire à l’ambition de la cure analytique. Reconnaître qu’il y a, au cœur de l’inconscient, la lumière du désir. Afin que celui qui s’en approche, par le biais d’une souffrance qui l’a amené jusque sur le divan, puisse y entrer sans être paralysé par le jugement sur lui-même, l’angoisse ou le contournement incessant dans une extériorité craintive. C’est peut-être cette extériorité craintive, ce que nous paraissons avoir, qui nous sera enlevé. Ainsi l’inconscient n’est pas ce dont il faut se méfier mais ce qui permet de découvrir une lumière à l’intime de soi-même.

Jean-Marie Quéré

Luc 8, 4-15. Tous les terrains sont en nous

Samedi 20 septembre 2014
Comme une grande foule se rassemblait, et que de toutes les villes on venait vers Jésus, il dit en parabole :  » Le semeur est sorti pour semer la semence. Comme il semait, du grain est tombé au bord du chemin, les passants l’ont piétiné, et les oiseaux du ciel ont tout mangé. Du grain est tombé aussi dans les pierres, il a poussé, et il a séché parce qu’il n’avait pas d’humidité. Du grain est tombé aussi au milieu des ronces, et, en poussant, les ronces l’ont étouffé. Enfin, du grain est tombé dans la bonne terre, il a poussé, et il a porté du fruit au centuple. » En disant cela, il élevait la voix : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! » Ses disciples lui demandaient quel était le sens de cette parabole. Il leur déclara : « A vous il est donné de connaître les mystères du royaume de Dieu, mais les autres n’ont que les paraboles, afin que se réalise la prophétie : Ils regarderont sans regarder, ils écouteront sans comprendre. Voici le sens de la parabole. La semence, c’est la parole de Dieu. Ceux qui sont au bord du chemin, ce sont ceux qui ont entendu ; puis le démon survient et il enlève de leur cœur la Parole, pour les empêcher de croire et d’être sauvés. Ceux qui sont dans les pierres, lorsqu’ils entendent, ils accueillent la Parole avec joie ; mais ils n’ont pas de racines, ils croient pour un moment, et, au moment de l’épreuve, ils abandonnent. Ce qui est tombé dans les ronces, ce sont ceux qui ont entendu, mais qui sont étouffés, chemin faisant, par les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie, et ne parviennent pas à maturité. Et ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la Parole dans un cœur bon et généreux, la retiennent, et portent du fruit par leur persévérance. « 

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Il est rare que Jésus explique ses paraboles. L’explication est ici précise et claire. Pourtant, entre la parabole et son explication, il y a cette phrase « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende » qui invite à un retour en soi, à une position subjective vis à vis de la parole qui est entendue : Comment ce que je viens d’entendre parle t-il de moi ? Cette question est le préliminaire à toute explication. Tous ces terrains sont en chacun de nous. Il ne s’agit donc pas tant de se persuader d’être le meilleur des terrains, ou de le devenir, que de porter notre attention sur les germes qu’ils produisent.

Jean-Marie Quéré

Luc 8,1-3. Les ressources inconnues

Vendredi 19 septembre 2014

Jésus passait à travers villes et villages, proclamant la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze l’accompagnaient, ainsi que des femmes qu’il avait délivrées d’esprits mauvais et guéries de leurs maladies : Marie, appelée Madeleine (qui avait été libérée de sept démons), Jeanne, femme de Kouza, l’intendant d’Hérode, Suzanne, et beaucoup d’autres, qui les aidaient de leurs ressources.

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Ces femmes « qui les aidaient de leurs ressources ». Quelle sont donc ces ressources ? Celles qui restent inconnues à l’homme, et le resteront, lui qui pourtant ne pourrait rien faire sans elles.

Jean-Marie Quéré