Archives mensuelles : octobre 2014

Luc 13, 1-9. Se laisser habiter par le silence

Samedi 25 octobre 2014

 
Un jour, des gens vinrent rapporter à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer pendant qu’ils offraient un sacrifice. Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien non, je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux. Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien non, je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière. » Jésus leur disait encore cette parabole : « Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas. Il dit alors à son vigneron : ‘Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. A quoi bon le laisser épuiser le sol ? ‘ Mais le vigneron lui répondit : ‘Seigneur, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas. ‘ »

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L’étymologie du mot conversion est habitation. Comment habiter notre vie ? En nourrissant de patience et d’attention ce qui en nous ne donne pas de fruit. Cela m’évoque ces instants où nous n’avons rien à dire et où nous cherchons à combler le silence plutôt que de nous laisser habiter par lui.

Jean-Marie Quéré

Luc 12, 54-59. L’adversité

Vendredi 24 octobre 2014

Jésus disait à la foule :  » Quand vous voyez un nuage monter au couchant, vous dites aussitôt qu’il va pleuvoir, et c’est ce qui arrive. Et quand vous voyez souffler le vent du sud, vous dites qu’il fera très chaud, et cela arrive. Esprits faux ! L’aspect de la terre et du ciel, vous savez le juger ; mais le temps où nous sommes, pourquoi ne savez-vous pas le juger ? Et pourquoi aussi ne jugez-vous pas par vous-mêmes ce qui est juste ? Ainsi, quand tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, pendant que tu es en chemin efforce-toi de te libérer envers lui, pour éviter qu’il ne te traîne devant le juge, que le juge ne te livre au percepteur des amendes, et que celui-ci ne te jette en prison. Je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier centime. »

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Bien que nous ayons parfois une grande capacité de jugement sur le monde et les autres,  nous ne pouvons nous juger nous-mêmes.  Nous avons à passer par l’adversité dans la parole avec l’autre pour nous découvrir et  trouver la liberté.

Jean-Marie Quéré

Luc 12, 49-53. Le feu dans mes os

Jeudi 23 octobre 2014

Jésus disait à ses disciples : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! Je dois recevoir un baptême, et comme il m’en coûte d’attendre qu’il soit accompli ! Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? Non, je vous le dis, mais plutôt la division. Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ; ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. »

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L’absence de division dans une famille, c’est à dire la non séparation des places, en entretenant l’entre-soi, a un goût d’inceste et provoque des ravages. La paix n’est pas la condition de cette division mais  la conséquence. Elle s’apparente d’ailleurs non pas à une eau paisible mais à un feu qui brûle en nous. Jérémie disait : « C’est devenu comme un feu ardent qui brûle dans mes os ».

Jean-Marie Quéré

Luc 12, 39-48. Plus le désir guide notre vie plus nous avons à en répondre

Mercredi 22 octobre 2014

Jésus disait à ses disciples :  » Vous le savez bien : si le maître de maison connaissait l’heure où le voleur doit venir, il ne laisserait pas percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. » Pierre dit alors : « Seigneur, cette parabole s’adresse-t-elle à nous, ou à tout le monde ? » Le Seigneur répond : « Quel est donc l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de ses domestiques pour leur donner, en temps voulu, leur part de blé ? Heureux serviteur, que son maître, en arrivant, trouvera à son travail. Vraiment, je vous le déclare : il lui confiera la charge de tous ses biens. Mais si le même serviteur se dit : ‘Mon maître tarde à venir’, et s’il se met à frapper serviteurs et servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, son maître viendra le jour où il ne l’attend pas et à l’heure qu’il n’a pas prévue ; il se séparera de lui et le mettra parmi les infidèles. Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a pourtant rien préparé, ni accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, n’en recevra qu’un petit nombre. A qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage.  »

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Le désir, toujours difficile à saisir par la pensée tant est grand le paradoxe entre sa dimension inconsciente et le fait qu’il guide notre vie intérieure, n’est pas tout puissant en nous. Il nous faut le protéger, en prendre soin, l’attendre et l’espérer. Et plus il guide notre vie, plus nous avons à en répondre.

Jean-Marie Quéré

Luc 12, 35-38. L’inconscient à notre service

Mardi 21 octobre 2014

Jésus disait à ses disciples :  » Restez en tenue de service, et gardez vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour. S’il revient vers minuit ou plus tard encore et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils !  »

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Souvent nous sommes dominés par nos pulsions et nos envies, notre ressentiment et notre finitude. Le jugement porté sur soi-même et une certaine forme de culpabilité inconsciente  font que nous restons souvent fixés à ce niveau de notre vie intérieure. Alors qu’en se donnant les moyens de rester attentif à ce qui nous habite en profondeur, en veillant, nous découvrons une toute autre dimension inconsciente. Celle du désir, peut-être déformé par les strates plus superficielles des pulsions, des envies et du ressentiment, mais qui ne nous domine pas et reste toujours au service de la parole qui ne cesse en nous de chercher à se dire.

Jean-Marie Quéré

Luc 12, 13-21. Se parler à soi-même

Lundi 20 octobre 2014

Du milieu de la foule, un homme demanda à Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. » Jésus lui répondit : « Qui m’a établi pour être votre juge ou pour faire vos partages ? » Puis, s’adressant à la foule : « Gardez-vous bien de toute âpreté au gain ; car la vie d’un homme, fût-il dans l’abondance, ne dépend pas de ses richesses. » Et il leur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche, dont les terres avaient beaucoup rapporté. Il se demandait : ‘Que vais-je faire ? Je ne sais pas où mettre ma récolte. ‘ Puis il se dit : ‘Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j’en construirai de plus grands et j’y entasserai tout mon blé et tout ce que je possède. Alors je me dirai à moi-même : Te voilà avec des réserves en abondance pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence. ‘ Mais Dieu lui dit : ‘Tu es fou : cette nuit même, on te redemande ta vie. Et ce que tu auras mis de côté, qui l’aura ? ‘ Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu. »

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Se parler à soi-même ne porte aucun fruit. Découvrir ce qui parle en nous n’est possible que de nous adresser à un autre qui prend le temps de nous entendre.

Jean-Marie Quéré

Luc 10, 1-9. Lorsque le désir s’immisce

Samedi 18 octobre 2014

Parmi ses disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller. Il leur dit :  » La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez ! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. N’emportez ni argent, ni sac, ni sandales, et ne vous attardez pas en salutations sur la route. Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison. ‘ S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous servira ; car le travailleur mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qu’on vous offrira. Là, guérissez les malades, et dites aux habitants : ‘Le règne de Dieu est tout proche de vous’.  »

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C’est bien à un agneau au milieu des loups, tout aussi vulnérables, que nous nous apparentons lorsque le désir s’immisce dans nos desseins volontaristes et décidés.

Jean-Marie Quéré

Luc 12,1-7. L’hypocrisie face à la mort

Vendredi 17 octobre 2014

Comme la foule s’était rassemblée par dizaines de milliers, au point qu’on s’écrasait, Jésus se mit à dire, en s’adressant d’abord à ses disciples :  » Méfiez-vous bien à cause du levain des pharisiens, c’est-à-dire de leur hypocrisie. Tout ce qui est voilé sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu. Aussi tout ce que vous aurez dit dans l’ombre sera entendu au grand jour, ce que vous aurez dit à l’oreille dans le fond de la maison sera proclamé sur les toits. Je vous le dis, à vous mes amis : ne craignez pas ceux qui tuent le corps, et après cela ne peuvent rien faire de plus. Je vais vous montrer qui vous devez craindre : craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir d’envoyer dans la géhenne. Oui, je vous le dis : c’est celui-là que vous devez craindre. Est-ce qu’on ne vend pas cinq moineaux pour deux sous ? et pas un seul n’est indifférent aux yeux de Dieu. Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés. Soyez sans crainte : vous valez plus que tous les moineaux du monde.  »

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C’est par dizaine de milliers, au point de s’écraser, que nous nous rassemblons pour entendre parler de notre propre hypocrisie. Surtout celle dans laquelle nous sommes face à la mort. Et que rien ne sert de nous la cacher, puisque nous valons bien plus que tous les moineaux du monde.

Jean-Marie Quéré

Luc 11, 47-54. Être à l’affût

Jeudi 16 octobre 2014

Jésus disait aux docteurs de la Loi :  » Malheureux êtes-vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, alors que vos pères les ont tués. Ainsi vous témoignez que vous approuvez les actes de vos pères, puisque eux, ils ont tué les prophètes, et vous, vous bâtissez leurs tombeaux. C’est pourquoi la Sagesse de Dieu elle-même a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres, ils tueront les uns et en persécuteront d’autres. Ainsi cette génération devra rendre compte du sang de tous les prophètes qui a été versé depuis la création du monde, depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, qui a péri entre l’autel et le sanctuaire. Oui, je vous le déclare : cette génération devra en rendre compte. Malheureux êtes-vous, docteurs de la Loi, parce que vous avez enlevé la clé de la connaissance ; vous-mêmes n’êtes pas entrés, et ceux qui essayaient d’entrer, vous les en avez empêchés. » Après que Jésus fut parti de là, les scribes et les pharisiens se mirent à lui en vouloir terriblement, et ils le harcelaient de questions ; ils étaient à l’affût pour s’emparer d’une de ses paroles.

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Lorsque nous avons peur de perdre notre assurance et nos certitudes, nous nous retrouvons être à l’affût d’une parole, prêts à sauter sur un mot, une phrase qui viendra confirmer ce dont nous sommes déjà persuadés. À savoir que l’autre nous veut du mal. Sans réaliser que c’est d’abord nous-mêmes que nous faisons souffrir.

Jean-Marie Quéré

Luc 11, 42-46. L’illusion du bonheur

Mercredi 15 octobre 2014

 Jésus disait :  » Malheureux êtes-vous, pharisiens, parce que vous payez la dîme sur toutes les plantes du jardin, comme la menthe et la rue, et vous laissez de côté la justice et l’amour de Dieu. Voilà ce qu’il fallait pratiquer, sans abandonner le reste. Malheureux êtes-vous, pharisiens, parce que vous aimez les premiers rangs dans les synagogues, et les salutations sur les places publiques. Malheureux êtes-vous, parce que vous êtes comme ces tombeaux qu’on ne voit pas et sur lesquels on marche sans le savoir.  » Alors un docteur de la Loi prit la parole : « Maître, en parlant ainsi, c’est nous aussi que tu insultes. » Jésus reprit :  » Vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter, et vous-mêmes, vous ne touchez même pas ces fardeaux d’un seul doigt. « 

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La recherche du bonheur est souvent une illusion. Malgré les contraintes que nous lui donnons parfois.  Et lorsque nous sommes mis face à cette illusion, nous l’entendons comme une insulte.

Jean-Marie Quéré