Archives mensuelles : mai 2015

Marc 11, 27-33. le désir va et vient – Marcos 11,27-33. El deseo va y viene.

Samedi 30 mai 2015

En ce temps-là, Jésus et ses disciples reviennent à Jérusalem. Et comme Jésus allait et venait dans le Temple, les grands prêtres, les scribes et les anciens vinrent le trouver. Ils lui demandaient : « Par quelle autorité fais-tu cela ? Ou alors qui t’a donné cette autorité pour le faire ? » Jésus leur dit : « Je vais vous poser une seule question. Répondez-moi, et je vous dirai par quelle autorité je fais cela. Le baptême de Jean venait-il du ciel ou des hommes ? Répondez-moi. » Ils se faisaient entre eux ce raisonnement : « Si nous disons : “Du ciel”, il va dire : “Pourquoi donc n’avez-vous pas cru à sa parole ?” Mais allons-nous dire : “Des hommes” ? » Ils avaient peur de la foule, car tout le monde estimait que Jean était réellement un prophète. Ils répondent donc à Jésus : « Nous ne savons pas ! » Alors Jésus leur dit : « Moi, je ne vous dis pas non plus par quelle autorité je fais cela. »

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Il y a une forme d’analogie entre cet homme qui va et qui vient dans le temple et le désir qui va et qui vient en nous. Nous ne savons pas plus d’où il vient, où il va et de quelle autorité il dépend. Et lorsque nous cherchons à le saisir ou à le mettre à l’épreuve, émerge une question qui nous appelle à répondre en notre nom propre.

Sábado 30 de mayo 2015

En aquel tiempo, Jesús y los discípulos volvieron a Jerusalén y, mientras iba y venía por el templo, se le acercaron los sumos sacerdotes, los escribas y los ancianos y le preguntaron: « ¿Con qué autoridad haces esto? ¿Quién te ha dado semejante autoridad? » Jesús les respondió: « Os voy a hacer una pregunta y, si me contestáis, os diré con qué autoridad hago esto: El bautismo de Juan ¿era cosa de Dios o de los hombres? Contestadme. » Se pusieron a deliberar: « Si decimos que es de Dios, dirá: « ¿Y por qué no le habéis creído? » Pero como digamos que es de los hombre… » (Temían a la gente, porque todo el mundo estaba convencido de que Juan era un profeta.) Y respondieron a Jesús: « No sabemos. » Jesús les replicó: « Pues tampoco yo os digo con qué autoridad hago esto. »

Existe una forma de analogía entre este hombre que va y viene por el templo y el deseo que va y viene en nosotros. Tampoco sabemos de dónde viene, a dónde va ni de qué autoridad depende. Y cuando intentamos apresarlo o ponerlo a prueba, emerge una cuestión que nos llama a responder en nombre propio.

Jean-Marie Quéré

Marc 11, 11-26. Le bon moment – Marcos 11,11-26. El buen momento.

Vendredi 29 mai 2015

Après son arrivée au milieu des acclamations de la foule, Jésus entra à Jérusalem, dans le Temple. Il parcourut du regard toutes choses et, comme c’était déjà le soir, il sortit pour aller à Béthanie avec les Douze. Le lendemain, quand ils quittèrent Béthanie, il eut faim. Voyant de loin un figuier qui avait des feuilles, il alla voir s’il y trouverait quelque chose ; mais, en s’approchant, il ne trouva que des feuilles, car ce n’était pas la saison des figues. Alors il dit au figuier : « Que jamais plus personne ne mange de tes fruits ! » Et ses disciples avaient bien entendu. Ils arrivèrent à Jérusalem. Entré dans le Temple, Jésus se mit à expulser ceux qui vendaient et ceux qui achetaient dans le Temple. Il renversa les comptoirs des changeurs et les sièges des marchands de colombes, et il ne laissait personne transporter quoi que ce soit à travers le Temple. Il enseignait, et il déclarait aux gens : « L’Écriture ne dit-elle pas : Ma maison sera appelée maison de prière pour toutes les nations ? Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. » Apprenant cela, les grands prêtres et les scribes cherchaient comment le faire périr. En effet, ils avaient peur de lui, car toute la foule était frappée par son enseignement. Et quand le soir tomba, Jésus et ses disciples s’en allèrent hors de la ville. Le lendemain matin, en passant, ils virent le figuier qui était desséché jusqu’aux racines. Pierre, se rappelant ce qui s’était passé, dit à Jésus : « Rabbi, regarde : le figuier que tu as maudit est desséché. » Alors Jésus, prenant la parole, leur dit : « Ayez foi en Dieu. Amen, je vous le dis : quiconque dira à cette montagne : “Enlève-toi de là, et va te jeter dans la mer”, s’il ne doute pas dans son cœur, mais s’il croit que ce qu’il dit arrivera, cela lui sera accordé ! C’est pourquoi, je vous le dis : tout ce que vous demandez dans la prière, croyez que vous l’avez obtenu, et cela vous sera accordé. Et quand vous vous tenez en prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez, afin que votre Père qui est aux cieux vous pardonne aussi vos fautes. »

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Dans toute relation, arrive toujours un moment où l’autre attend quelque chose de nous que nous ne sommes pas prêts à lui donner. Nous nous justifions souvent en avançant que ce n’est pas le moment, que c’est trop tôt ou trop tard. Pourtant cela conduit au déssèchement.  Le désir n’attend pas que nous soyons prêts pour que nous nous mettions à son service.

Viernes 29 de mayo 2015.

Después que la muchedumbre lo hubo aclamado, entró Jesús en Jerusalén, derecho hasta el templo, lo estuvo observando todo y, como era ya tarde, se marchó a Betania con los Doce. Al día siguiente, cuando salió de Betania, sintió hambre. Vio de lejos una higuera con hojas y se acercó para ver si encontraba algo; al llegar no encontró más que hojas, porque no era tiempo de higos. Entonces le dijo: « Nunca jamás coma nadie de ti. » Los discípulos lo oyeron. Llegaron a Jerusalén, entró en el templo y se puso a echar a los que traficaban allí, volcando las mesas de los cambistas y los puestos de los que vendían palomas. Y no consentía a nadie transportar objetos por el templo. Y los instruía, diciendo: « ¿No está escrito: « Mi casa se llamará casa de oración para todos los pueblo »? Vosotros, en cambio, la habéis convertido en cueva de bandidos. » Se enteraron los sumos sacerdotes y los escribas y, como le tenían miedo, porque todo el mundo estaba asombrado de su doctrina, buscaban una manera de acabar con él. Cuando atardeció, salieron de la ciudad. A la mañana siguiente, al pasar, vieron la higuera seca de raíz. Pedro cayó en la cuenta y dijo a Jesús: « Maestro, mira, la higuera que maldijiste se ha secado. » Jesús contestó: « Tened fe en Dios. Os aseguro que si uno dice a este monte: « Quítate de ahí y tírate al mar », no con dudas, sino con fe en que sucederá lo que dice, lo obtendrá. Por eso os digo: Cualquier cosa que pidáis en la oración, creed que os la han concedido, y la obtendréis. Y cuando os pongáis a orar, perdonad lo que tengáis contra otros, para que también vuestro Padre del cielo os perdone vuestras culpas. »

 

En toda relación llega siempre un momento en el que el otro espera de nosotros algo que no estamos dispuestos a darle. A menudo nos justificamos adelantando que es demasiado pronto o demasiado tarde. Sin embargo, esto conduce a la desecación. El deseo no espera a que estemos listos para que nos pongamos a su servicio.

Jean-Marie Quéré

Marc 10, 46-52. L’espérance nous fait bondir – Marcos 10,46-52. La esperanza nos hace brincar.

jeudi 28 mai 2015

En ce temps-là, tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin. Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! » Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! » Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le. » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. » L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus. Prenant la parole, Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui dit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! » Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt l’homme retrouva la vue, et il suivait Jésus sur le chemin.

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Notre espérance de ne pas rester là où nous ne voyons pas ne mène nulle part si elle n’est pas soutenue par d’autres qui nous invitent à la confiance et à nous lever. Ce n’est qu’à cette condition que l’espérance nous fait jeter notre vieil habit et bondir.

Jueves 28 de mayo 2015


Llegan a Jericó. Y cuando salía de Jericó, acompañado de sus discípulos y de una gran muchedumbre, el hijo de Timeo (Bartimeo), un mendigo ciego, estaba sentado junto al camino. Al enterarse de que era Jesús de Nazaret, se puso a gritar: «¡Hijo de David, Jesús, ten compasión de mí!» Muchos le increpaban para que se callara. Pero él gritaba mucho más: «¡Hijo de David, ten compasión de mí!» Jesús se detuvo y dijo: «Llamadle.» Llaman al ciego, diciéndole: «¡Ánimo, levántate! Te llama.» Y él, arrojando su manto, dio un brinco y vino ante Jesús. Jesús, dirigiéndose a él, le dijo: «¿Qué quieres que te haga?» El ciego le dijo: «Rabbuní, ¡que vea!» Jesús le dijo: «Vete, tu fe te ha salvado.» Y al instante recobró la vista y le seguía por el camino.

Nuestra esperanza de no quedarnos en el lugar en el que no vemos no nos lleva a ninguna parte si no la sostienen los otros, invitándonos a confiar y a levantarnos. Sólo con esta condición la esperanza nos hace arrojar nuestro viejo manto y brincar.

Jean-Marie Quéré

Marc 10, 32-45. Prendre appui sur l’angoisse – Marcos 10,32-45. Apoyarse en la angustia.

Mercredi 27 mai 2015

En ce temps-là, les disciples étaient en route pour monter à Jérusalem ; Jésus marchait devant eux ; ils étaient saisis de frayeur, et ceux qui suivaient étaient aussi dans la crainte. Prenant de nouveau les Douze auprès de lui, il se mit à leur dire ce qui allait lui arriver : « Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes ; ils le condamneront à mort, ils le livreront aux nations païennes, qui se moqueront de lui, cracheront sur lui, le flagelleront et le tueront, et trois jours après, il ressuscitera. » Alors, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous. » Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? » Ils lui répondirent : « Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. » Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, être baptisé du baptême dans lequel je vais être plongé ? » Ils lui dirent : « Nous le pouvons. » Jésus leur dit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez ; et vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé. Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé. » Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean. Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous : car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

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Être étreint par la frayeur et la crainte sans en connaître les raisons véritables soulève une grande angoisse, C’est alors que nous cherchons, ou parfois revendiquons, une place et un statut privilégié qui nous en protégerait.  Plutôt que de prendre appui sur l’angoisse pour entrer en nous-mêmes.

Miércoles 27 de mayo 2015.

En aquel tiempo, los discípulos iban subiendo camino de Jerusalén, y Jesús se les adelantaba; los discípulos se extrañaban, y los que seguían iban asustados. Él tomó aparte otra vez a los Doce y se puso a decirles lo que le iba a suceder: « Mirad, estamos subiendo a Jerusalén, y el Hijo del hombre va a ser entregado a los sumos sacerdotes y a los escribas, lo condenarán a muerte y lo entregarán a los gentiles, se burlarán de él, le escupirán, lo azotarán y lo matarán; y a los tres días resucitará. » Se le acercaron los hijos de Zebedeo, Santiago y Juan, y le dijeron: « Maestro, queremos que hagas lo que te vamos a pedir. » Les preguntó: « ¿Qué queréis que haga por vosotros? » Contestaron: « Concédenos sentarnos en tu gloria uno a tu derecha y otro a tu izquierda. » Jesús replicó: « No sabéis lo que pedís, ¿sois capaces de beber el cáliz que yo he de beber, o de bautizaros con el bautismo con que yo me voy a bautizar? » Contestaron: « Lo somos. » Jesús les dijo: « El cáliz que yo voy a beber lo beberéis, y os bautizaréis con el bautismo con que yo me voy a bautizar, pero el sentarse a mi derecha o a mi izquierda no me toca a mí concederlo; está reservado. » Los otros diez, al oír aquello, se indignaron contra Santiago y Juan. Jesús, reuniéndolos, les dijo: « Sabéis que los que son reconocidos como jefes de los pueblos los tiranizan, y que los grandes los oprimen. Vosotros, nada de eso: el que quiera ser grande, sea vuestro servidor; y el que quiera ser primero, sea esclavo de todos. Porque el Hijo del hombre no ha venido para que le sirvan, sino para servir y dar la vida en rescate por todos. »

Cuando el pavor y el miedo nos envuelven sin que conozcamos las verdaderas razones, se levanta una gran angustia. Entonces buscamos, o a veces reivindicamos, un lugar y un estatus privilegiados que nos protejan, en lugar de apoyarnos sobre la angustia para entrar en nosotros mismos.

Jean-Marie Quéré

Marc 10, 28-31. La solitude existentielle – Marcos 10,28-31. La soledad existencial.

Mardi 26 mai 2015

En ce temps-là, Pierre se mit à dire à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. » Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle. Beaucoup de premiers seront derniers, et les derniers seront les premiers. »

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Quelle solitude émane de la remarque de Pierre ! Parfois la solitude s’avère une persécutrice difficile à contrer. Elle envahit notre vie intérieure et toutes nos tentatives pour en sortir nous y renvoie inexorablement. Bien que nous ayons parfois l’intuition que la solitude nous soit nécessaire sauf à nous perdre dans les autres ou dans un activisme forcené. Nous ne pouvons cependant faire l’économie de la solitude profonde, existentielle qui est constitutive de notre condition d’humain et qui ouvre à la radicalité de la transcendance en nous. Est-ce dans ce rapport à la solitude et à la transcendance que les premiers seront les derniers et les derniers premiers ?

Martes 26 de mayo 2015

En aquel tiempo, Pedro se puso a decir a Jesús: « Ya ves que nosotros lo hemos dejado todo y te hemos seguido. » Jesús dijo: « Os aseguro que quien deje casa, o hermanos o hermanas, o madre o padre, o hijos o tierras, por mí y por el Evangelio, recibirá ahora, en este tiempo, cien veces más -casas y hermanos y hermanas y madres e hijos y tierras, con persecuciones-, y en la edad futura, vida eterna. Muchos primeros serán últimos, y muchos últimos primeros. »

 

¡Qué soledad emana del comentario de Pedro! A veces la soledad resulta ser una acosadora difícil de contrarrestar. Invade nuestra vida interior y toda tentativa para salir nos devuelve a ella inexorablemente. A veces tenemos la intuición de que la soledad es necesaria para no perdernos en los otros o en un activismo encarnizado. Sin embargo no podemos ahorrarnos la soledad profunda e existencial, constitutiva de nuestra condición de humanos, que abre a la radicalidad de la transcendencia en nosotros. ¿Será en esa relación a la soledad y a la transcendencia que los primeros serán los últimos y los últimos los primeros?.

Jean-Marie Quéré

Marc 10,17-27. Le manque que rien ne comble – Marcos 10, 17-27 La falta que nada colma.

Lundi 25 mai 2015

En ce temps-là, Jésus se mettait en route quand un homme accourut et, tombant à ses genoux, lui demanda : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? » Jésus lui dit : « Pourquoi dire que je suis bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul. Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. » L’homme répondit : « Maître, tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse. » Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. » Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. Alors Jésus regarda autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! » Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Jésus reprenant la parole leur dit : « Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. » De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? » Jésus les regarde et dit : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »

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Aimer c’est consentir à reconnaître comment nous nous servons de l’autre pour combler notre manque que rien pourtant ne peut remplir. Sans cela nous ne pouvons véritablement parler et rencontrer l’autre. Nous découvrons alors qu’il est plus difficile d’être aimé que d’aimer.

Lunes 25 de mayo 2015

En aquel tiempo, cuando salía Jesús al camino, se le acercó uno corriendo, se arrodilló y le preguntó: « Maestro bueno, ¿qué haré para heredar la vida eterna? » Jesús le contestó: « ¿Por qué me llamas bueno? No hay nadie bueno más que Dios. Ya sabes los mandamientos: no matarás, no cometerás adulterio, no robarás, no darás falso testimonio, no estafarás, honra a tu padre y a tu madre. » Él replicó: « Maestro, todo eso lo he cumplido desde pequeño. » Jesús se le quedó mirando con cariño y le dijo: « Una cosa te falta: anda, vende lo que tienes, dales el dinero a los pobres, así tendrás un tesoro en el cielo, luego sígueme. » A estas palabras, él frunció el ceño y se marchó pesaroso, porque era muy rico. Jesús, mirando alrededor, dijo a sus discípulos: « ¡Qué difícil les va a ser a los ricos entrar en el reino de Dios! » Los discípulos se extrañaron de estas palabras. Jesús añadió: « Hijos, ¡qué difícil les es entrar en el reino de Dios a los que ponen su confianza en el dinero! Más fácil le es a un camello pasar por el ojo de una aguja, que a un rico entrar en el reino de Dios. » Ellos se espantaron y comentaban: « Entonces, ¿quién podrá salvarse? » Jesús se les quedó mirando y les dijo: « Es imposible para los hombres, no para Dios. Dios lo puede todo. »

Amar es consentir a reconocer cómo  nos servimos del otro para colmar lo que nos falta, aquello que sin embargo nada puede colmar. Sin este consentimiento no podemos hablar ni encontrarnos verdaderamente con el otro. Así descubrimos que es más difícil ser amado que amar.

Jean-Marie Quéré

Jean 21, 20-25. Se laisser guider par ce qui échappe – Juan 21,20-25. Dejarse guiar por lo que escapa.

Samedi 23 mai 2015

En ce temps-là, Jésus venait de dire à Pierre : « Suis-moi. » S’étant retourné, Pierre aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait. C’est lui qui, pendant le repas, s’était penché sur la poitrine de Jésus pour lui dire : « Seigneur, quel est celui qui va te livrer ? » Pierre, voyant donc ce disciple, dit à Jésus : « Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? » Jésus lui répond : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi. » Le bruit courut donc parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas. Or, Jésus n’avait pas dit à Pierre qu’il ne mourrait pas, mais : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? » C’est ce disciple qui témoigne de ces choses et qui les a écrites, et nous savons que son témoignage est vrai. Il y a encore beaucoup d’autres choses que Jésus a faites ; et s’il fallait écrire chacune d’elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l’on écrirait.

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 « Que t’importe ? » : nous pourrions entendre là une forme d’insolence vue comme une détermination à aider l’autre à revenir en lui-même et à se laisser guider par ce qui lui échappe sans savoir d’avance où ça va nous mener.

Sábado 23 de mayo 2015.

En aquel tiempo, Pedro, volviéndose, vio que los seguía el discípulo a quien Jesús tanto amaba, el mismo que en la cena se había apoyado en su pecho y le había preguntado: « Señor, ¿quién es el que te va a entregar? » Al verlo, Pedro dice a Jesús: « Señor, y éste ¿qué? » Jesús le contesta: « Si quiero que se quede hasta que yo venga, ¿a ti qué? Tú sígueme. » Entonces se empezó a correr entre los hermanos el rumor de que ese discípulo no moriría. Pero no le dijo Jesús que no moriría, sino: « Si quiero que se quede hasta que yo venga, ¿a ti qué? » Éste es el discípulo que da testimonio de todo esto y lo ha escrito; y nosotros sabemos que su testimonio es verdadero. Muchas otras cosas hizo Jesús. Si se escribieran una por una, pienso que los libros no cabrían ni en todo el mundo.

«  ¿A ti qué?: podríamos escuchar en esto una especie de insolencia, vista como determinación para ayudar al otro a volver en sí y a dejarse guiar por lo que se le escapa, sin saber de antemano dónde ello nos llevará.

Jean-Marie Quéré

Jean 21,15-19. Le désir qui échappe – Juan 21,15-19. El deseo que escapa.

Vendredi 22 mai 2015

Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade. Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes- tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. »Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. » Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis. Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. » Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. »

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Il est une chose de reconnaître la permanence du désir. Il en est une autre d’entendre cette interrogation insistante qui nous invite à nous questionner sur notre rapport avec lui. Ainsi nous découvrons qu’il est indexé d’une dimension inconsciente qui nous échappe totalement. Aimer le désir, et par voie de conséquence la manière dont il se décline dans notre rapport aux autres et notre vie quotidienne, nous invite à nous en remettre à lui et non pas ce sur quoi nous gardons une maîtrise. Il s’agit alors de suivre ce qui, de  nous, nous échappe totalement.

Viernes 22 de mayo 2015

Habiéndose aparecido Jesús a sus discípulos, después de comer con ellos, dice a Simón Pedro: « Simón, hijo de Juan, ¿me amas más que éstos? » Él le contestó: « Sí, Señor, tú sabes que te quiero. » Jesús le dice: « Apacienta mis corderos. » Por segunda vez le pregunta: « Simón, hijo de Juan, ¿me amas? » Él le contesta: « Sí, Señor, tú sabes que te quiero. » Él le dice: « Pastorea mis ovejas. » Por tercera vez le pregunta: « Simón, hijo de Juan, ¿me quieres? » Se entristeció Pedro de que le preguntara por tercera vez si lo quería y le contestó: « Señor, tú conoces todo, tú sabes que te quiero. » Jesús le dice: « Apacienta mis ovejas. Te lo aseguro: cuando eras joven, tú mismo te ceñías e ibas adonde querías; pero, cuando seas viejo, extenderás las manos, otro te ceñirá y te llevará adonde no quieras. » Esto dijo aludiendo a la muerte con que iba a dar gloria a Dios. Dicho esto, añadió: « Sígueme. »

Una cosa es reconocer la permanencia del deseo. Otra cosa es escuchar esta interrogación insistente invitándonos a cuestionarnos nuestra relación con él. Así descubrimos que el deseo está marcado por una dimensión inconsciente que se nos escapa totalmente. Amar el deseo y por consecuente, la manera como éste se declina en nuestras relaciones con los demás y en nuestra vida cotidiana, nos invita a entregarnos a él y no a aquello que controlamos. Se trata pues de seguir aquello que, en nosotros, se nos escapa totalmente.

Jean-Marie Quéré

Jean 17, 20-26. Le vouloir dire – Juan 17,20-26. El querer decir.

Jeudi 21 mai 2015

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi.Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »

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C’est en parlant que nous découvrons qu’il y en nous un désir de parler avec un autre pour se dire, se découvrir, se partager. Jusqu’à découvrir que ce désir, qui nous réinvite sans cesse à parler sans arriver jamais à tout dire, est une altérité en nous bien plus vaste qu’un vouloir dire à tout prix. De cela la psychanalyse est, sans la moindre concession, une gardienne.

Jueves 21 de mayo 2015

En aquel tiempo, Jesús, levantando los ojos al cielo, oró, diciendo: « Padre santo, no sólo por ellos ruego, sino también por los que crean en mí por la palabra de ellos, para que todos sean uno, como tú, Padre, en mí, y yo en ti, que ellos también lo sean en nosotros, para que el mundo crea que tú me has enviado. También les di a ellos la gloria que me diste, para que sean uno, como nosotros somos uno; yo en ellos, y tú en mí, para que sean completamente uno, de modo que el mundo sepa que tú me has enviado y los has amado como me has amado a mí. Padre, éste es mi deseo: que los que me confiaste estén conmigo donde yo estoy y contemplen mi gloria, la que me diste, porque me amabas, antes de la fundación del mundo. Padre justo, si el mundo no te ha conocido, yo te he conocido, y éstos han conocido que tú me enviaste. Les he dado a conocer y les daré a conocer tu nombre, para que el amor que me tenías esté con ellos, como también yo estoy con ellos. »

Al hablar descubrimos que hay en nosotros un deseo de hablar con otros, de decirnos, de descubrirnos, de compartirnos. Hasta llegar a descubrir que ese deseo, que nos invita sin cesar a hablar sin que consigamos nunca decirlo todo, es una alteridad en nosotros mucho más vasta que un querer decir a toda costa. De ello el psicoanálisis es, sin la más mínima concesión, un guardián.

Jean-Marie Quéré

Jean 17,11b-19. L’antonyme du symbole – Juan 17,11b-19. El antónimo del símbolo.

Mercredi 20 mai 2015

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie. Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde. Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité.

Lire le billet du jour sur le site de l’Abbaye de Tamié.

Tout ici s’adresse à la représentation de ce qui nous échappe radicalement. Parole, creuset de tout symbole, qui tente d’unifier les hommes tout en reconnaissant que celui qui va à sa perte est aussi parmi nous, est aussi en nous. Le Mauvais ici est nommé avec sa majuscule. Au sens étymologique, le diabolique est l’antonyme du symbolique. C’est dire que plutôt d’unifier, il est ce qui divise. Mais tout comme le symbolique qui ne parvient jamais totalement à nous unifier, le diabolique ne parvient jamais totalement à nous diviser.

Miércoles 20 de mayo 2015

En aquel tiempo, Jesús, levantando los ojos al cielo, oró, diciendo: « Padre santo, guárdalos en tu nombre, a los que me has dado, para que sean uno, como nosotros. Cuando estaba con ellos, yo guardaba en tu nombre a los que me diste, y los custodiaba, y ninguno se perdió, sino el hijo de la perdición, para que se cumpliera la Escritura. Ahora voy a ti, y digo esto en el mundo para que ellos mismos tengan mi alegría cumplida. Yo les he dado tu palabra, y el mundo los ha odiado porque no son del mundo, como tampoco yo soy del mundo. No ruego que los retires del mundo, sino que los guardes del Maligno. No son del mundo, como tampoco yo soy del mundo. Conságralos en la verdad; tu palabra es verdad. Como tú me enviaste al mundo, así los envío yo también al mundo. Y por ellos me consagro yo, para que también se consagren ellos en la verdad. »

Todo aquí se dirige a la representación de aquello que se nos escapa radicalmente. La Palabra, crisol de todo símbolo, que intenta unificar a los hombres a la vez que reconoce que el hijo de la perdición está también entre nosotros, en nosotros. El Maligno aquí es nombrado con mayúscula. En sentido etimológico,  diabólico es antónimo de simbólico. Es decir que es aquel que, en lugar de unificar, divide. Pero al igual que lo simbólico no consigue nunca unificarnos totalmente, lo diabólico no consigue dividirnos nunca totalmente.

Jean-Marie Quéré