Archives mensuelles : juillet 2015

Matthieu 19, 27-29. L’origine du changement intérieur – Mateo 19,27-29. El origen del cambio interior.

Les « à propos » changent…
Samedi 11 juillet 2015

Pierre prit la parole et dit à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre : quelle sera donc notre part ? » Jésus leur déclara : « Amen, je vous le dis : lors du renouvellement du monde, lorsque le Fils de l’homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m’avez suivi, vous siégerez vous aussi sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël. Et celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle.

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Il nous arrive de nous glorifier d’actions pures et de penser qu’une bonne place, bien méritée, nous serait due. Alors que ce n’est qu’à ses effets d’altérité sur notre « moi » que le désir ne se découvre. C’est lorsque nous découvrons que nous avons changé, et d’en être surpris, que nous pouvons reconnaître que c’est au nom du désir inconscient que cela s’est fait. Une toute autre dimension marque alors le temps en nous.

Sábado 11 de julio 2015

Entonces, respondiendo Pedro, le dijo: He aquí, nosotros lo hemos dejado todo y te hemos seguido. ¿Qué, pues, tendremos? Y Jesús les dijo: De cierto os digo que, en la regeneración, cuando el Hijo del Hombre se siente en el trono de su gloria, vosotros que me habéis seguido os sentaréis también sobre doce tronos, para juzgar a las doce tribus de Israel. Y todo el que haya dejado casas, o hermanos, o hermanas, o padre, o madre, o esposa, o hijos o tierras, por mi nombre recibirá cien veces más y heredará la vida eterna.

A veces nos glorificamos de acciones puras y pensamos que se nos debe un buen lugar, bien merecido. Pero el deseo sólo se descubre por sus efectos de alteridad. Cuando descubrimos que hemos cambiado, sorprendiéndonos, podemos reconocer que eso se ha producido en nombre del deseo inconsciente. Una dimensión totalmente otra marca entonces el tiempo en nosotros.

Jean-Marie Quéré

Matthieu 10,16-23. Persévérer face aux effets d’altérité en nous – Mateo 10,16-23. Perseverar ante los efectos de alteridad en nosotros.

 Les « à propos » changent…
Vendredi 10 juillet 2015

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et candides comme les colombes. Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues. Vous serez conduits devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : il y aura là un témoignage pour eux et pour les païens. Quand on vous livrera, ne vous inquiétez pas de savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là. Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous. Le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort. Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ; mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. »Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Amen, je vous le dis : vous n’aurez pas fini de passer dans toutes les villes d’Israël quand le Fils de l’homme viendra.

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Même si parfois nous nous sentons trahis par ceux qui nous entourent, ce n’est pas tant dans l’adversité vis à vis d’eux que nous avons à persévérer que face aux effets de l’altérité en nous. Ce n’est alors plus notre volonté contre celle de l’autre qui est en jeu mais l’ouverture intérieure à ce que nous éprouvons.

Viernes 10 de julio 2015

En aquel tiempo, dijo Jesús a sus apóstoles: « Mirad que os mando como ovejas entre lobos; por eso, sed sagaces como serpientes y sencillos como palomas. Pero no os fiéis de la gente, porque os entregarán a los tribunales, os azotarán en las sinagogas y os harán comparecer ante gobernadores y reyes, por mi causa; así daréis testimonio ante ellos y ante los gentiles. Cuando os arresten, no os preocupéis de lo que vais a decir o de cómo lo diréis: en su momento se os sugerirá lo que tenéis que decir; no seréis vosotros los que habléis, el Espíritu de vuestro Padre hablará por vosotros. Los hermanos entregarán a sus hermanos para que los maten, los padres a los hijos; se rebelarán los hijos contra sus padres, y los matarán. Todos os odiarán por mi nombre; el que persevere hasta el final se salvará. Cuando os persigan en una ciudad, huid a otra. Porque os aseguro que no terminaréis con las ciudades de Israel antes de que vuelva el Hijo del hombre. »

Incluso si a veces nos sentimos traicionados por los que nos rodean, no es tan preciso perseverar en la adversidad ante ellos como ante los efectos de alteridad en nosotros. Entonces ya no es  nuestra voluntad contra la del otro lo que está en juego, sino la apertura interior a lo que experimentamos.

Jean-Marie Quéré

Matthieu 10,7-15. Sortir de soi – Mateo 10,7-15. Salir de sí.

 Les « à propos » changent…
jeudi 9 juillet 2015

En ce temps-là, Jésus disait aux douze Apôtres : Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. Ne vous procurez ni or ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos ceintures, ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. L’ouvrier, en effet, mérite sa nourriture. Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez là jusqu’à votre départ. En entrant dans la maison, saluez ceux qui l’habitent. Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n’en est pas digne, que votre paix retourne vers vous. Si l’on ne vous accueille pas et si l’on n’écoute pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville, et secouez la poussière de vos pieds. Amen, je vous le dis : au jour du Jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins sévèrement que cette ville.

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Il n’est pas si facile de sortir de soi lorsque nous ne sommes pas accueillis ou entendus. Nous avons plutôt tendance à nous obstiner en voulant à tout prix que l’autre nous entende et nous comprenne. Jusqu’à la jouissance que toute tension, lorsqu’on s’y enferme, peut produire. Cette jouissance là va à l’encontre de toute gratuité.

Jueves 9 de julio 2015.

En aquel tiempo, dijo Jesús a sus apóstoles: « Id y proclamad que el reino de los cielos está cerca. Curad enfermos, resucitad muertos, limpiad leprosos, echad demonios. Lo que habéis recibido gratis, dadlo gratis. No llevéis en la faja oro, plata ni calderilla; ni tampoco alforja para el camino, ni túnica de repuesto, ni sandalias, ni bastón; bien merece el obrero su sustento. Cuando entréis en un pueblo o aldea, averiguad quién hay allí de confianza y quedaos en su casa hasta que os vayáis. Al entrar en una casa saludad; si la casa se lo merece, la paz que le deseáis vendrá a ella. Si no se lo merece, la paz volverá a vosotros. Si alguno no os recibe o no os escucha, al salir de su casa o del pueblo, sacudid el polvo de los pies. Os aseguro que el día del juicio les será más llevadero a Sodoma y Gomorra que a aquel pueblo. »

No es tan fácil salir de sí cuando no somos acogidos o escuchados. Tenemos más bien tendencia a obstinarnos queriendo a toda costa que el otro nos escuche y nos comprenda. Hasta el goce que toda tensión, cuando nos encerramos en ella, puede producir. Este goce va contra toda gratuidad.

Jean-Marie Quéré

Matthieu 10,1-7. La fraternité avec les disciples – Mateo 10,1-7. La fraternidad con los discípulos.

 Les « à propos » changent…
Mercredi 8 juillet 2015

En ce temps-là, Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité. Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, nommé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ; Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ; Simon le Zélote et Judas l’Iscariote, celui-là même qui le livra. Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païennes et n’entrez dans aucune ville des Samaritains. Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche.

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Qui sont-ils donc ces hommes dont les noms ont traversé le temps ? Ils sont fils, ils sont frères. Représentent-ils, autant que la diversité des hommes, les différentes facettes de notre intériorité ?  Portés par un désir qui nous échappe, nous nous reconnaissons pourtant une fraternité avec eux.

Miércoles 8 de julio 2015

En aquel tiempo, Jesús llamando a sus doce discípulos, les dio autoridad para expulsar espíritus inmundos y curar toda enfermedad y dolencia. Éstos son los nombres de los doce apóstoles: el primero, Simón, llamado Pedro, y su hermano Andrés; Santiago el Zebedeo, y su hermano Juan; Felipe y Bartolomé, Tomás y Mateo, el publicano; Santiago el Alfeo, y Tadeo; Simón el Celote, y Judas Iscariote, el que lo entregó. A estos doce los envió Jesús con estas instrucciones: « No vayáis a tierra de gentiles, ni entréis en las ciudades de Samaria, sino id a las ovejas descarriadas de Israel. Id y proclamad que el reino de los cielos está cerca. »

¿Quiénes son pues estos hombres cuyos nombres han atravesado el tiempo? Son hijos, son hermanos. ¿Representan tanto las diferentes facetas de nuestra interioridad como la diversidad de los hombres? Sostenidos por un deseo que se nos escapa,  reconocemos sin embargo una fraternidad con ellos.

Jean-Marie Quéré

Matthieu 9, 32-38. Ne pas entendre ce qui se met à parler – Mateo 9,32-38. No escuchar lo que se pone a hablar.

Les « à propos » changent…
Mardi 7 juillet 2015

En ce temps-là, voici qu’on présenta à Jésus un possédé qui était sourd-muet. Lorsque le démon eut été expulsé, le sourd-muet se mit à parler. Les foules furent dans l’admiration, et elles disaient : « Jamais rien de pareil ne s’est vu en Israël ! » Mais les pharisiens disaient : « C’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. » Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’Évangile du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité. Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »

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Alors que nous avons l’habitude d’associer le fait d’être possédé à une logorrhée qui dit n’importe quoi,  il y a aussi une manière d’être possédé qui conduit au mutisme.  Et lorsque ce qu’il y a de muet en nous se met à parler, nous ne manquons pas de vouloir le faire taire. L’attribuer au démon, n’est-ce pas ne pas pouvoir entendre ce qui en nous se met à parler !

Martes 7 de julio 2015

En aquel tiempo, presentaron a Jesús un endemoniado mudo. Echó al demonio, y el mudo habló. La gente decía admirada: « Nunca se ha visto en Israel cosa igual. » En cambio, los fariseos decían: « Éste echa los demonios con el poder del jefe de los demonios. » Jesús recorría todas las ciudades y aldeas, enseñando en sus sinagogas, anunciando el Evangelio del reino y curando todas las enfermedades y todas las dolencias. Al ver a las gentes, se compadecía de ellas, porque estaban extenuadas y abandonadas, como ovejas que no tienen pastor. Entonces dijo a sus discípulos: « La mies es abundante, pero los trabajadores son pocos; rogad, pues, al Señor de la mies que mande trabajadores a su mies. »

Estamos acostumbrados  asociar el estar poseído a una verborrea que dice cualquier cosa, pero hay también una manera de estar poseído que conduce al mutismo. Y cuando lo mudo que hay en nosotros se pone a hablar, invariablemente queremos hacerlo callar. Atribuírselo al demonio es no poder escuchar lo que se pone a hablar en nosotros!

Jean-Marie Quéré

Matthieu 9,18-26. La jeune fille n’est pas morte – Mateo 9,18-26. La niña no está muerta.

Les « à propos » changent…
 
lundi 6 juillet 2015

En ce temps-là,  tandis que Jésus parlait aux disciples de Jean le Baptiste, voilà qu’un notable s’approcha. Il se prosternait devant lui en disant : « Ma fille est morte à l’instant ; mais viens lui imposer la main, et elle vivra. » Jésus se leva et le suivit, ainsi que ses disciples. Et voici qu’une femme souffrant d’hémorragies depuis douze ans s’approcha par-derrière et toucha la frange de son vêtement. Car elle se disait en elle-même : « Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. » Jésus se retourna et, la voyant, lui dit : « Confiance, ma fille ! Ta foi t’a sauvée. » Et, à l’heure même, la femme fut sauvée. Jésus, arrivé à la maison du notable, vit les joueurs de flûte et la foule qui s’agitait bruyamment. Il dit alors : « Retirez-vous. La jeune fille n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Quand la foule fut mise dehors, il entra, lui saisit la main, et la jeune fille se leva. Et la nouvelle se répandit dans toute la région.

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Un chef qui pleure sa fille morte, une femme qui saigne. L’homme et la femme souffrent. De cette souffrance qui n’a pas de mot pour se dire : la mort d’un enfant et l’impossibilité d’en avoir. Une souffrance indicible indique une génération qui se perd. Celui qui en est touché et qui répond, se retourne en ne cherchant pas à mettre des mots sur la souffrance de chacun. Il est sans intention. Il entend la foi qui se dit sans attendre d’explication et sans demander de justification. Sa parole suffit à ce que la vie soit.

Lunes 6 de julio 2015

En aquel tiempo, mientras Jesús hablaba, se acercó un notable que se arrodilló ante él y le dijo: « Mi hija acaba de morir. Pero ven tú, ponle la mano en la cabeza, y vivirá. » Jesús lo siguió con sus discípulos. Entretanto, una mujer que sufría flujos de sangre desde hacía doce años se le acercó por detrás y le tocó el borde del manto, pensando que con sólo tocarle el manto se curaría. Jesús se volvió y, al verla, le dijo: « ¡Ánimo, hija! Tu fe te ha curado. » Y en aquel momento quedó curada la mujer.Jesús llegó a casa del personaje y, al ver a los flautistas y el alboroto de la gente, dijo: « ¡Fuera! La niña no está muerta, está dormida. » Se reían de él. Cuando echaron a la gente, entró él, cogió a la niña de la mano, y ella se puso en pie. La noticia se divulgó por toda aquella comarca.

 Un jefe que llora a su hija muerta, una mujer que sangra. El hombre y la mujer sufren. Y sufren de un sufrimiento para el que no hay palabras: la muerte de un hijo y la imposibilidad de tenerlos. Un sufrimiento indecible que indica una generación que se pierde. Aquel que se deja tocar y que responde, se vuelve y no busca ponerle palabras al sufrimiento de cada uno. Está ahí sin intención. Escucha la fe que se dice sin esperar explicaciones y sin pedir justificaciones. Su palabra basta para que la vida sea.

Jean-Marie Quéré

Les « à propos » changent… – Los “acerca de” cambian…

Dimanche 5 juillet 2015

Cela va faire bientôt deux ans, depuis ma rencontre avec Bruno Demoures, moine de Tamié, que je me suis engagé à lire chaque jour, hormis le dimanche, l’évangile du jour et à publier un « à propos » à partir de ce que sa lecture pouvait m’évoquer. Contrairement à la liturgie du dimanche qui suit un cycle de trois ans, la liturgie de la semaine est la même d’une année sur l’autre ; ainsi chaque année du calendrier liturgique, si nous ne tenons pas compte des mémoires obligatoires, nous relisons le même texte que l’année précédente. Plutôt que de me répéter et de prendre le risque de perdre l’originalité de la démarche, j’ai pris la décision d’arrêter cette lecture quotidienne à partir du 11 juillet prochain.
Ce travail de lecture et d’écriture aura été une discipline extrêmement enrichissante et si le nombre de consultations hebdomadaires sur le site restent sensiblement le même (entre 80 et 120), vous êtes plusieurs, en France mais également en Espagne et en Argentine grâce au travail de traduction d’Alicia Nicás, à suivre les publications avec une grande fidélité. Cette fidélité, souvent accompagnée de vos témoignages sur l’importance que cette manière de lire revêt  pour vous, me touche et m’encourage à poursuivre ce travail de lecture sous une autre forme.
Comme j’ai pu l’expliquer dans le préambule à la lecture du Nouveau Testament, nombre de psychanalystes se sont attachés à lire l’Ancien Testament dont l’importance anthropologique, à travers sa dimension mythique, n’est plus à démontrer. Personnellement, mon attention se porte essentiellement sur le Nouveau Testament. Le Nouveau testament parle du Fils de l’homme et de la résurrection. Ce n’est pas, à mon sens, pour en nourrir une vénération, trop souvent complice de notre aveuglement névrotique, mais pour nous aider à découvrir les résistances qui touchent au plus près notre condition d’humain dans son rapport au désir inconscient. Toute l’originalité du Nouveau Testament se trouvant dans le fait qu’il initie ce mouvement de découverte non pas d’un point de vue d’un savoir extérieur, mais à partir du langage et de la parole en tant qu’ils nous habitent et nous structurent. Je pense donc maintenir une lecture de ce livre. Il semble que la lecture d’un évangile entier, du début à la fin, soit propice à ce travail à la fois personnel et partagé. Cette lecture permettrait en outre de suivre une histoire, celle du Fils de l’homme, de sa naissance à sa mort, en nous invitant à approcher de manière toujours nouvelle notre propre histoire et à découvrir, à travers les différents personnages, les différentes facettes de notre vie intérieure. Le rythme quotidien sera sans doute abandonné au profit d’un rythme hebdomadaire.
Au vu de la préparation des conférences que je devrai animer durant l’automne, en septembre « Douleur et handicap mental« , à l’ADAPEI du Rhône www.adapeidurhone.fr,  en décembre, « Le regard du psychanalyste sur le vieillissement », www.lesipag.org et en janvier 2016,  « Précarité et manque » pour la cinquième édition des Entretiens d’Entraids,  je ne pourrai pas m’engager dans ce travail de lecture avant début 2016. Vous aurez durant l’été et l’automne tout le loisir de relire les textes des « à propos » des années précédentes !

Domingo 5 de julio 2015

Pronto hará dos años, desde mi encuentro con Bruno Demoures, monje de Tamié, de mi compromiso de leer cada día, salvo los domingos, el evangelio del día y de publicar un “acerca de” a partir de lo que me evoca esta lectura. La liturgia de la semana es la misma año tras año. No sucede lo mismo con la de los domingos, que sigue un ciclo de tres años. De este modo cada año del calendario litúrgico, sin tener en cuenta las memorias obligatorias, se leen los mismos textos que el año anterior.
En lugar de repetirme y de correr el riesgo de perder la originalidad de la iniciativa, he tomado la decisión de concluir esta lectura cotidiana a partir del 11 de julio.
El trabajo de lectura y de escritura es una disciplina sumamente enriquecedora. Aunque el número de consultas semanales permanece estable (entre  80 y 120), son bastantes los que siguen las publicaciones con gran asiduidad en Francia pero también en España y en Argntina, gracias al trabajo de traducción de Alicia Nicás. Esta fidelidad en la lectura, a menudo acompañada por testimonios sobre la importancia que esta manera de leer tiene para ustedes, me toca y me anima a seguir este trabajo de lectura con un formato diferente.

Como pude explicar en el preámbulo a la lectura del Nuevo Testamento, muchos psicoanalistas se han dedicado a leer el Antiguo Testamento cuya importancia antropológica, a través de su dimensión mítica, ha quedado ya bien demostrada. Personalmente, mi interés se centra esencialmente en el Nuevo Testamento. El Nuevo Testamento habla del Hijo del hombre y de la resurrección. No se trata, desde mi punto de vista, de alimentar una veneración a menudo cómplice de nuestra ceguera neurótica, sino de una ayuda para descubrir las resistencias que tocan de muy cerca nuestra condición humana en su relación con el deseo inconsciente. El Nuevo Testamento inicia este movimiento de descubrimiento a partir de la palabra en tanto en cuanto nos habita y nos estructura y no a partir de un punto de vista exterior. Pienso pues mantener una lectura de este libro. Parece que la lectura de un evangelio entero, desde el principio hasta el final, puede ser propicia a este trabajo personal a la vez que compartido. Esta lectura permite también seguir una historia, la del Hijo del hombre, desde su nacimiento hasta su muerte, invitándonos a reconocer, a través de los diferentes personajes, las diferentes facetas de nuestra vida interior. El ritmo cotidiano dejará seguramente paso a un ritmo semanal.
Ante el trabajo de preparación de las conferencias que tendré que animar en septiembre (sobre el sufrimiento en el ADAPEI Rhône), en diciembre (sobre el envejecimiento, www.lesipag.org) y en enero 2016 (Precariedad y falta, Les Entretiens d’Entraids,  www.entraids.org/), no puedo comprometerme con este trabajo de lectura antes de principios del 2016. Podrán darse el tiempo, durante todo el verano y el otoño para releer los textos de los “acerca de” de los años anteriores!

Jean-Marie Quéré

Matthieu 9,14-17. L’enfantement de la parole – Mateo 9,14-17. Dar a luz la palabra.

Samedi 4 juillet 2015

En ce temps-là, les disciples de Jean le Baptiste s’approchent de Jésus en disant : « Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront. Et personne ne pose une pièce d’étoffe neuve sur un vieux vêtement, car le morceau ajouté tire sur le vêtement, et la déchirure s’agrandit. Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, les outres éclatent, le vin se répand, et les outres sont perdues. Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le tout se conserve. »

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Le terme même d’époux sous-tend la notion de rencontre et de séparation,  de présence et d’absence, d’union et de désunion. Que l’on célèbre sa présence par la noce festive ou son absence par le deuil et le jeûne, une part de notre vie intérieure nous échappera toujours et l’interstice d’un manque incontournable persistera toujours. De là naît la parole. C’est bien par l’enfantement incessant de la parole par le manque que le désir est sans cesse remis à neuf.

Sábado 4 de julio 2015.

En aquel tiempo, se acercaron los discípulos de Juan a Jesús, preguntándole: « ¿Por qué nosotros y los fariseos ayunamos a menudo y, en cambio, tus discípulos no ayunan? » Jesús les dijo: « ¿Es que pueden guardar luto los invitados a la boda, mientras el esposo está con ellos? Llegará un día en que se lleven al esposo, y entonces ayunarán. Nadie echa un remiendo de paño sin remojar a un manto pasado; porque la pieza tira del manto y deja un roto peor. Tampoco se echa vino nuevo en odres viejos, porque revientan los odres; se derrama el vino, y los odres se estropean; el vino nuevo se echa en odres nuevos, y así las dos cosas se conservan. »

  En el término de esposo subyace la noción de encuentro y de separación, de presencia y de ausencia, de unión y de desunión. Ya sea que celebremos su presencia por la fiesta de la boda o su ausencia por el luto y el ayuno, una parte de nuestra vida interior se nos escapará siempre. El intersticio de una falta ineludible seguirá persistiendo. De ahí nace la palabra. El deseo se renueva continuamente por ese incesante dar a luz de la palabra a través de la falta.

Jean-Marie Quéré

Jean 20, 24-29. L’incrédule attend que le sens lui parle – Juan 20,24-29. El incrédulo espera a que el sentido le hable.

Vendredi 3 juillet 2015

L’un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

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Toute naissance met un terme au deux en un qu’est la grossesse. Il semble que pour les jumeaux, ce ne soit pas nécessairement le cas, la naissance pouvant apparaître comme le prolongement de la non séparation du deux. C’est sans doute ce qui fait qu’il  y a chez tout jumeau un sens particulier de la fraternité. Thomas nous aide à comprendre qu’il n’y aurait pas d’incarnation possible et de fraternité véritable sans ce deux référé à l’un. Comme un enfant qui ne lâche pas son incrédulité jusqu’à ce que le sens de la vérité qui l’anime lui parle.

Viernes 3 de julio 2015

Tomás, uno de los Doce, llamado el Mellizo, no estaba con ellos cuando vino Jesús. Y los otros discípulos le decían: « Hemos visto al Señor. » Pero él les contestó: « Si no veo en sus manos la señal de los clavos, si no meto el dedo en el agujero de los clavos y no meto la mano en su costado, no lo creo. »A los ocho días, estaban otra vez dentro los discípulos y Tomás con ellos. Llegó Jesús, estando cerradas las puertas, se puso en medio y dijo: « Paz a vosotros. » Luego dijo a Tomás: « Trae tu dedo, aquí tienes mis manos; trae tu mano y métela en mi costado; y no seas incrédulo, sino creyente. » Contestó Tomás: « ¡Señor mío y Dios mío! » Jesús le dijo: « ¿Porque me has visto has creído? Dichosos los que crean sin haber visto. »

Todo nacimiento pone fin al dos en uno del embarazo. Parece que esto no es necesariamente el caso para los gemelos, ya que el nacimiento puede aparecer como prolongación de la no separación del dos. Es sin duda por esto  que los gemelos tienen un sentido particular de  la fraternidad. Tomás nos ayuda a entender que no puede haber encarnación ni fraternidad sin este dos referido al uno. Como un niño que no abandona su incredulidad hasta que el sentido de la verdad que le anima le hable.

Jean-Marie Quéré

Matthieu 9,1-8. Monter dans une barque et traverser – Mateo 9,1-8. Subir a una barca y atravesar.

Jeudi 2 juillet 2015

En ce temps-là, Jésus monta en barque, refit la traversée, et alla dans sa ville de Capharnaüm. Et voici qu’on lui présenta un paralysé, couché sur une civière. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Confiance, mon enfant, tes péchés sont pardonnés. » Et voici que certains parmi les scribes se disaient : « Celui-là blasphème. » Mais Jésus, connaissant leurs pensées, demanda : « Pourquoi avez-vous des pensées mauvaises ? En effet, qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien dire : “Lève-toi et marche” ? Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés… – Jésus s’adressa alors au paralysé – lève-toi, prends ta civière, et rentre dans ta maison. » Il se leva et rentra dans sa maison. Voyant cela, les foules furent saisies de crainte, et rendirent gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes.

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Sans relâche monter dans une barque, traverser, retraverser, et revenir en soi, sur le lieu du conflit. Sans cela il n’y a pas de guérison possible.

Jueves 2 de julio 2015

En aquel tiempo, subió Jesús a una barca, cruzó a la otra orilla y fue a su ciudad. Le presentaron un paralítico, acostado en una camilla. Viendo la fe que tenían, dijo al paralítico: « ¡Ánimo, hijo!, tus pecados están perdonados. » Algunos de los escribas se dijeron: « Éste blasfema. » Jesús, sabiendo lo que pensaban, les dijo: « ¿Por qué pensáis mal? ¿Qué es más fácil decir: « Tus pecados están perdonados », o decir: « Levántate y anda »? Pues, para que veáis que el Hijo del hombre tiene potestad en la tierra para perdonar pecados -dijo dirigiéndose al paralítico-: « Ponte en pie, coge tu camilla y vete a tu casa. » » Se puso en pie, y se fue a su casa. Al ver esto, la gente quedó sobrecogida y alababa a Dios, que da a los hombres tal potestad.

Sin descanso,  subir a una barca, atravesar, volver a atravesar y volver a sí, al lugar del conflicto. Sin esto no hay curación posible.

Jean-Marie Quéré