Luc 1, 57-66

Dimanche 20 mars 2016

Le temps où Élisabeth devait accoucher arriva, et elle mit au monde un fils. Ses voisins et les gens de sa parenté apprirent que le Seigneur avait fait preuve envers elle d’une grande compassion, et ils se réjouirent avec elle. Le huitième jour, ils vinrent circoncire l’enfant, et ils allaient lui donner le nom de son père, Zacharie. Mais sa mère dit : non, il sera appelé Jean. Ils lui dirent : Il n’y a dans ta parenté personne qui porte ce nom. Et ils faisaient des dignes à son père pour savoir comment il voulait l’appeler. Zacharie demanda une tablette et il écrivit : Son nom est Jean. Et tous s’étonnèrent. A l’instant même sa bouche s’ouvrit et la langue de délia ; il se mit à parler et à bénir Dieu. Tous les habitants des alentours furent saisis de crainte et, dans toute la région montagneuse de la Judée, on discutait de tous ces événements. Tous ceux qui en entendaient parler se mirent à réfléchir. Ils se demandaient : Que sera donc cet enfant ? Car la main du Seigneur était avec lui.

 

Le choix du prénom d’un enfant est de toute importance. Il inscrit l’enfant dans l’ordre symbolique. C’est à dire qu’il permet à l’enfant de ne pas s’identifier exclusivement à la projection narcissique de ses parents. Être appelé par son propre nom permet en effet à l’enfant de répondre d’une entité en lui qui ne cessera de prendre forme tout au long de sa vie, celle du sujet de l’inconscient. La détermination, plus que la volonté, d’Élisabeth à appeler son fils Jean rencontre une opposition de son entourage. Quant à Zacharie, il ne suit pas sa femme en parlant comme elle et en se soumettant à choisir le même prénom. La détermination d’Élisabeth le confirme dans une fidélité toute autre. La fidélité au songe qu’il a eu, à l’ange de Dieu. C’est ce qui appelle à réfléchir : nous ne savons jamais par avance ce que deviendra un enfant. Ce qui est certain c’est que, par la détermination de l’une et la foi de l’autre, l’enfant est référé à une dimension toute Autre que celle de sa mère et de son père.

Jean-Marie Quéré