Luc 2, 41-52

Dimanche 8 mai 2016

Ses parents allaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, comme ils y étaient montés suivant la coutume de la fête et qu’à la fin des jours de fête ils s’en retournaient, le jeune Jésus resta à Jérusalem sans que ses parents s’en aperçoivent. Pensant qu’il était avec leurs compagnons de route, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne l’ayant pas trouvé, ils retournèrent à Jérusalem en le cherchant. C’est au bout de trois jours qu’ils le retrouvèrent dans le temple, assis au milieu des maîtres, à les écouter et les interroger. tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur l’intelligence de ses réponses. En le voyant, ils furent frappés d’étonnement et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous ? Vois, ton père et moi, nous te cherchons tout angoissés. » Il leur dit : pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon père ? » Mais eux ne comprirent pas ce qu’il leur disait. Puis il descendit avec eux pour aller à Nazareth ; il leur était soumis ; et sa mère retenait tous ces événements dans son cœur. Jésus progressait en sagesse et en taille, en en faveur auprès de Dieu et auprès des hommes.

L’enfant a douze ans. Il entre dans l’adolescence et s’éloigne de ses parents qui le pensent à un endroit alors qu’il est ailleurs. Puis la crainte les étreint. Les parents cherchent l’enfant et lorsqu’ils le retrouvent, lui reprochent d’être la cause de leur propre angoisse. Nous pouvons tous là nous reconnaître. Mais pour celui qui sait entendre, l’enfant inscrit un écart dans la répétition névrotique. Ici l’enfant ne répond pas à partir de la culpabilité d’avoir fait souffrir ses parents. « Ne saviez-vous pas ? » Il les renvoie à eux-mêmes et à ce qu’ils ne voulaient pas voir de ce qu’ils savaient déjà. « Qu’il me faut être chez mon père » : Se confirme ce qu’avançait Siméon. L’enfant n’inscrit pas un signe, il est lui-même le signe d’une filiation tout Autre qui en appelle sans cesse à l’altérité radicale. Est-ce cela que sa mère entend sans comprendre ce qui se passe tout en le gardant dans son cœur ? Ses parents ont l’intelligence de ne pas s’opposer à leur fils en tentant de le raisonner. Ni de se servir de leur incompréhension pour nourrir une amertume qui pourrait devenir vindicative face à cet enfant qui signe de sa parole qui il est et dont l’intelligence les dépasse.

Jean-Marie Quéré

Domingo 8 de mayo

Sus padres iban todos los años a Jerusalén a la fiesta de la Pascua. Cuando tuvo doce años, subieron ellos como de costumbre a la fiesta y, al volverse, pasados los días, el niño Jesús se quedó en Jerusalén, sin saberlo sus padres. Pero creyendo que estaría en la caravana, hicieron un día de camino, y le buscaban entre los parientes y conocidos; pero al no encontrarle, se volvieron a Jerusalén en su busca. Y sucedió que, al cabo de tres días, le encontraron en el Templo sentado en medio de los maestros, escuchándoles y preguntándoles; todos los que le oían, estaban estupefactos por su inteligencia y sus respuestas. Cuando le vieron, quedaron sorprendidos, y su madre le dijo: «Hijo, ¿por qué nos has hecho esto? Mira, tu padre y yo, angustiados, te andábamos buscando.» El les dijo: «Y ¿por qué me buscabais? ¿No sabíais que yo debía estar en la casa de mi Padre?» Pero ellos no comprendieron la respuesta que les dio. Bajó con ellos y vino a Nazaret, y vivía sujeto a ellos. Su madre conservaba cuidadosamente todas las cosas en su corazón. Jesús progresaba en sabiduría, en estatura y en gracia ante Dios y ante los hombres.

El niño tiene doce años. Entra en la adolescencia y se separa de sus padres que piensan que está en un lugar cuando en realidad está en otra parte. Entonces les estremece el miedo. Los padres buscan al niño y cuando lo encuentran le reprochan ser la causa de su propia angustia. Ahí podemos reconocernos todos. Pero para aquel que sabe escuchar, el niño inscribe una brecha en la repetición neurótica. Aquí el niño no responde a partir de la culpabilidad de haber hecho sufrir a sus padres. “¿No sabíais …?”. Les remite ellos mismos y a lo que no quieren ver de lo que ya saben, “que yo debía estar en la casa de mi Padre”: se confirma lo que anunciaba Simeón. El niño no inscribe un signo sino que es él mismo el signo de una filiación totalmente Otra que apela sin cesar a una radical alteridad. ¿Es esto lo que su madre escucha, sin comprender lo que pasa, y conserva en su corazón? Sus padres tienen la inteligencia de no oponerse a su hijo intentando hacerle razonar. Y de no servirse de su incomprensión para alimentar una amargura que podría transformarse en vengativa ante un niño que signa con su palabra quién es y cuya inteligencia les supera.