Luc 3, 1-14

Dimanche 15 mai 2016

L’an quinze du gouvernement de Tibère césar, Ponce Pilate était gouverneur de la Judée, Hérode tétrarque de Galilée, Philippe son frère tétrarque du pays d’Iturée et de Trachonitide, et Lysanias tétrarque d’Abilène, sous le sacerdoce de Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée à Jean fils de Zacharie dans le désert. Il vint dans toute la région du Jourdain, proclamant un baptême de conversion en vue du pardon des péchés, comme il est écrit au livre des oracles du prophète Esaïe : « Une voix crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droit ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux seront redressés, les chemins rocailleux aplanis ; et tous verront le salut de Dieu. » Jean disait alors aux foules qui venaient se faire baptiser par lui : « Engeances de vipères, qui vous a montré le moyen d’échapper à la colère qui vient ? Produisez donc des fruits qui témoignent de votre conversion ; et n’allez pas dire en vous-mêmes : « Nous avons pour père Abraham. » Car je vous le dis, des pierres que voici Dieu peut susciter des enfants à Abraham. Déjà même, la hache est prête à attaquer la racine des arbres ; tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit va être coupé et jeté au feu. » Les foules demandaient à Jean : « Que faut-il donc faire ? » Il leur répondait : « Si quelqu’un a deux tuniques, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; si quelqu’un a de quoi manger, qu’il fasse de même. » Des collecteurs d’impôts aussi vinrent se faire baptiser et lui dirent :  » Maître, que nous faut-il faire ? » Il leur dit : « N’exigez rien de plus que ce qui vous a été fixé. » Des militaires lui demandaient : « Et nous, que nous faut-il faire ? » Il leur dit : «  »Ne faite ni violence ni tort à personne, et contentez-vous de votre solde. »

La déclinaison des titres des puissants qui gouvernent le monde et l’évocation de contrées lointaines et inconnues éveillent en nous une forme de poésie et de curiosité. Cependant cette énumération met en évidence la totale impuissance que donnent ces titres à ceux qui les portent face à la parole qui fut adressée à Jean. Ce n’est pas de ce monde là dont vient la parole et ce n’est pas à ce monde là qu’elle s’adresse. Mais à celui qui vit dans le désert, à l’écart du monde. Toute parole véritable s’adresse à ce qu’il y a de désert en nous. C’est peut-être la raison pour laquelle nous ne saurons pas de quelle parole il s’agit. C’est bien à chacun qu’elle s’adresse dans l’intimité et ne se reconnaît que de la mise en mouvement qu’elle produit. Jean sort du désert et les foules viennent à lui. Il ne mâche pas ses mots : Engeance de vipères, colère qui vient, la hache est prête à attaquer et tout arbre qui ne produit pas va être jeté au feu. Les foules semblent paniquées :  » Que nous faut-il donc faire ? » Jean répond. Mais d’un impossible à appliquer. Pourtant personne n’échappe à cette parole. Sauf ceux qui restent enfermés dans l’illusion de leur titre et de leur pouvoir.

Jean-Marie Quéré

Domingo 15 de mayo 2016

En el año quince del imperio de Tiberio César, siendo Poncio Pilato procurador de Judea, y Herodes tetrarca de Galilea; Filipo, su hermano, tetrarca de Iturea y de Traconítida, y Lisanias tetrarca de Abilene; en el pontificado de Anás y Caifás, fue dirigida la palabra de Dios a Juan, hijo de Zacarías, en el desierto.Y se fue por toda la región del Jordán proclamando un bautismo de conversión para perdón de los pecados, como está escrito en el libro de los oráculos del profeta Isaías: Voz del que clama en el desierto: Preparad el camino del Señor, enderezad sus sendas; todo barranco será rellenado, todo monte y colina será rebajado, lo tortuoso se hará recto y las asperezas serán caminos llanos. Y todos verán la salvación de Dios.Decía, pues, a la gente que acudía para ser bautizada por él: «Raza de víboras, ¿quién os ha enseñado a huir de la ira inminente? Dad, pues, frutos dignos de conversión, y no andéis diciendo en vuestro interior: « Tenemos por padre a Abraham »; porque os digo que puede Dios de estas piedras dar hijos a Abraham. Y ya está el hacha puesta a la raíz de los árboles; y todo árbol que no dé buen fruto será cortado y arrojado al fuego.» La gente le preguntaba: «Pues ¿qué debemos hacer?» Y él les respondía: «El que tenga dos túnicas, que las reparta con el que no tiene; el que tenga para comer, que haga lo mismo.» Vinieron también publicanos a bautizarse, y le dijeron: «Maestro, ¿qué debemos hacer?» El les dijo: «No exijáis más de lo que os está fijado.» Preguntáronle también unos soldados: «Y nosotros ¿qué debemos hacer?» El les dijo: «No hagáis extorsión a nadie, no hagáis denuncias falsas, y contentaos con vuestra soldada.»

La declinación de los títulos de los poderosos que gobiernan el mundo y la evocación de tierras lejanas y desconocidas, despiertan en nosotros algo de poesía y de curiosidad. Sin embargo, esta enumeración pone de manifiesto la impotencia total que estos títulos le otorgan a quienes los tienen, ante la palabra que fue dirigida a Juan. La palabra no viene de ese mundo ni se dirige a él sino a quien vive en el desierto, al margen del mundo. Toda palabra verdadera se dirige a lo que de desierto hay en nosotros mismos. Es esa tal vez la razón por la que no sabremos de qué palabra se trata. Se dirige a cada uno en la intimidad y no se reconoce sino en la puesta en movimiento que provoca. Juan sale del desierto y las multitudes acuden a él. No se anda por las ramas: Raza de víboras, ira inminente, el hacha puesta a la raíz y todo árbol que no dé buen fruto será arrojado al fuego. Las multitudes parecen presas de pánico: “¿Qué debemos hacer?” Juan responde. Pero con algo imposible de aplicar. Aún así, nadie escapa a esta palabra. Salvo los que permanecen encerrados en la ilusión de sus títulos y de su poder.