Archives de catégorie : À propos d’Évangile

Luc 3, 1-14

Dimanche 15 mai 2016

L’an quinze du gouvernement de Tibère césar, Ponce Pilate était gouverneur de la Judée, Hérode tétrarque de Galilée, Philippe son frère tétrarque du pays d’Iturée et de Trachonitide, et Lysanias tétrarque d’Abilène, sous le sacerdoce de Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée à Jean fils de Zacharie dans le désert. Il vint dans toute la région du Jourdain, proclamant un baptême de conversion en vue du pardon des péchés, comme il est écrit au livre des oracles du prophète Esaïe : « Une voix crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droit ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux seront redressés, les chemins rocailleux aplanis ; et tous verront le salut de Dieu. » Jean disait alors aux foules qui venaient se faire baptiser par lui : « Engeances de vipères, qui vous a montré le moyen d’échapper à la colère qui vient ? Produisez donc des fruits qui témoignent de votre conversion ; et n’allez pas dire en vous-mêmes : « Nous avons pour père Abraham. » Car je vous le dis, des pierres que voici Dieu peut susciter des enfants à Abraham. Déjà même, la hache est prête à attaquer la racine des arbres ; tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit va être coupé et jeté au feu. » Les foules demandaient à Jean : « Que faut-il donc faire ? » Il leur répondait : « Si quelqu’un a deux tuniques, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; si quelqu’un a de quoi manger, qu’il fasse de même. » Des collecteurs d’impôts aussi vinrent se faire baptiser et lui dirent :  » Maître, que nous faut-il faire ? » Il leur dit : « N’exigez rien de plus que ce qui vous a été fixé. » Des militaires lui demandaient : « Et nous, que nous faut-il faire ? » Il leur dit : «  »Ne faite ni violence ni tort à personne, et contentez-vous de votre solde. »

La déclinaison des titres des puissants qui gouvernent le monde et l’évocation de contrées lointaines et inconnues éveillent en nous une forme de poésie et de curiosité. Cependant cette énumération met en évidence la totale impuissance que donnent ces titres à ceux qui les portent face à la parole qui fut adressée à Jean. Ce n’est pas de ce monde là dont vient la parole et ce n’est pas à ce monde là qu’elle s’adresse. Mais à celui qui vit dans le désert, à l’écart du monde. Toute parole véritable s’adresse à ce qu’il y a de désert en nous. C’est peut-être la raison pour laquelle nous ne saurons pas de quelle parole il s’agit. C’est bien à chacun qu’elle s’adresse dans l’intimité et ne se reconnaît que de la mise en mouvement qu’elle produit. Jean sort du désert et les foules viennent à lui. Il ne mâche pas ses mots : Engeance de vipères, colère qui vient, la hache est prête à attaquer et tout arbre qui ne produit pas va être jeté au feu. Les foules semblent paniquées :  » Que nous faut-il donc faire ? » Jean répond. Mais d’un impossible à appliquer. Pourtant personne n’échappe à cette parole. Sauf ceux qui restent enfermés dans l’illusion de leur titre et de leur pouvoir.

Jean-Marie Quéré

Domingo 15 de mayo 2016

En el año quince del imperio de Tiberio César, siendo Poncio Pilato procurador de Judea, y Herodes tetrarca de Galilea; Filipo, su hermano, tetrarca de Iturea y de Traconítida, y Lisanias tetrarca de Abilene; en el pontificado de Anás y Caifás, fue dirigida la palabra de Dios a Juan, hijo de Zacarías, en el desierto.Y se fue por toda la región del Jordán proclamando un bautismo de conversión para perdón de los pecados, como está escrito en el libro de los oráculos del profeta Isaías: Voz del que clama en el desierto: Preparad el camino del Señor, enderezad sus sendas; todo barranco será rellenado, todo monte y colina será rebajado, lo tortuoso se hará recto y las asperezas serán caminos llanos. Y todos verán la salvación de Dios.Decía, pues, a la gente que acudía para ser bautizada por él: «Raza de víboras, ¿quién os ha enseñado a huir de la ira inminente? Dad, pues, frutos dignos de conversión, y no andéis diciendo en vuestro interior: « Tenemos por padre a Abraham »; porque os digo que puede Dios de estas piedras dar hijos a Abraham. Y ya está el hacha puesta a la raíz de los árboles; y todo árbol que no dé buen fruto será cortado y arrojado al fuego.» La gente le preguntaba: «Pues ¿qué debemos hacer?» Y él les respondía: «El que tenga dos túnicas, que las reparta con el que no tiene; el que tenga para comer, que haga lo mismo.» Vinieron también publicanos a bautizarse, y le dijeron: «Maestro, ¿qué debemos hacer?» El les dijo: «No exijáis más de lo que os está fijado.» Preguntáronle también unos soldados: «Y nosotros ¿qué debemos hacer?» El les dijo: «No hagáis extorsión a nadie, no hagáis denuncias falsas, y contentaos con vuestra soldada.»

La declinación de los títulos de los poderosos que gobiernan el mundo y la evocación de tierras lejanas y desconocidas, despiertan en nosotros algo de poesía y de curiosidad. Sin embargo, esta enumeración pone de manifiesto la impotencia total que estos títulos le otorgan a quienes los tienen, ante la palabra que fue dirigida a Juan. La palabra no viene de ese mundo ni se dirige a él sino a quien vive en el desierto, al margen del mundo. Toda palabra verdadera se dirige a lo que de desierto hay en nosotros mismos. Es esa tal vez la razón por la que no sabremos de qué palabra se trata. Se dirige a cada uno en la intimidad y no se reconoce sino en la puesta en movimiento que provoca. Juan sale del desierto y las multitudes acuden a él. No se anda por las ramas: Raza de víboras, ira inminente, el hacha puesta a la raíz y todo árbol que no dé buen fruto será arrojado al fuego. Las multitudes parecen presas de pánico: “¿Qué debemos hacer?” Juan responde. Pero con algo imposible de aplicar. Aún así, nadie escapa a esta palabra. Salvo los que permanecen encerrados en la ilusión de sus títulos y de su poder.

Luc 2, 41-52

Dimanche 8 mai 2016

Ses parents allaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, comme ils y étaient montés suivant la coutume de la fête et qu’à la fin des jours de fête ils s’en retournaient, le jeune Jésus resta à Jérusalem sans que ses parents s’en aperçoivent. Pensant qu’il était avec leurs compagnons de route, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne l’ayant pas trouvé, ils retournèrent à Jérusalem en le cherchant. C’est au bout de trois jours qu’ils le retrouvèrent dans le temple, assis au milieu des maîtres, à les écouter et les interroger. tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur l’intelligence de ses réponses. En le voyant, ils furent frappés d’étonnement et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous ? Vois, ton père et moi, nous te cherchons tout angoissés. » Il leur dit : pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon père ? » Mais eux ne comprirent pas ce qu’il leur disait. Puis il descendit avec eux pour aller à Nazareth ; il leur était soumis ; et sa mère retenait tous ces événements dans son cœur. Jésus progressait en sagesse et en taille, en en faveur auprès de Dieu et auprès des hommes.

L’enfant a douze ans. Il entre dans l’adolescence et s’éloigne de ses parents qui le pensent à un endroit alors qu’il est ailleurs. Puis la crainte les étreint. Les parents cherchent l’enfant et lorsqu’ils le retrouvent, lui reprochent d’être la cause de leur propre angoisse. Nous pouvons tous là nous reconnaître. Mais pour celui qui sait entendre, l’enfant inscrit un écart dans la répétition névrotique. Ici l’enfant ne répond pas à partir de la culpabilité d’avoir fait souffrir ses parents. « Ne saviez-vous pas ? » Il les renvoie à eux-mêmes et à ce qu’ils ne voulaient pas voir de ce qu’ils savaient déjà. « Qu’il me faut être chez mon père » : Se confirme ce qu’avançait Siméon. L’enfant n’inscrit pas un signe, il est lui-même le signe d’une filiation tout Autre qui en appelle sans cesse à l’altérité radicale. Est-ce cela que sa mère entend sans comprendre ce qui se passe tout en le gardant dans son cœur ? Ses parents ont l’intelligence de ne pas s’opposer à leur fils en tentant de le raisonner. Ni de se servir de leur incompréhension pour nourrir une amertume qui pourrait devenir vindicative face à cet enfant qui signe de sa parole qui il est et dont l’intelligence les dépasse.

Jean-Marie Quéré

Domingo 8 de mayo

Sus padres iban todos los años a Jerusalén a la fiesta de la Pascua. Cuando tuvo doce años, subieron ellos como de costumbre a la fiesta y, al volverse, pasados los días, el niño Jesús se quedó en Jerusalén, sin saberlo sus padres. Pero creyendo que estaría en la caravana, hicieron un día de camino, y le buscaban entre los parientes y conocidos; pero al no encontrarle, se volvieron a Jerusalén en su busca. Y sucedió que, al cabo de tres días, le encontraron en el Templo sentado en medio de los maestros, escuchándoles y preguntándoles; todos los que le oían, estaban estupefactos por su inteligencia y sus respuestas. Cuando le vieron, quedaron sorprendidos, y su madre le dijo: «Hijo, ¿por qué nos has hecho esto? Mira, tu padre y yo, angustiados, te andábamos buscando.» El les dijo: «Y ¿por qué me buscabais? ¿No sabíais que yo debía estar en la casa de mi Padre?» Pero ellos no comprendieron la respuesta que les dio. Bajó con ellos y vino a Nazaret, y vivía sujeto a ellos. Su madre conservaba cuidadosamente todas las cosas en su corazón. Jesús progresaba en sabiduría, en estatura y en gracia ante Dios y ante los hombres.

El niño tiene doce años. Entra en la adolescencia y se separa de sus padres que piensan que está en un lugar cuando en realidad está en otra parte. Entonces les estremece el miedo. Los padres buscan al niño y cuando lo encuentran le reprochan ser la causa de su propia angustia. Ahí podemos reconocernos todos. Pero para aquel que sabe escuchar, el niño inscribe una brecha en la repetición neurótica. Aquí el niño no responde a partir de la culpabilidad de haber hecho sufrir a sus padres. “¿No sabíais …?”. Les remite ellos mismos y a lo que no quieren ver de lo que ya saben, “que yo debía estar en la casa de mi Padre”: se confirma lo que anunciaba Simeón. El niño no inscribe un signo sino que es él mismo el signo de una filiación totalmente Otra que apela sin cesar a una radical alteridad. ¿Es esto lo que su madre escucha, sin comprender lo que pasa, y conserva en su corazón? Sus padres tienen la inteligencia de no oponerse a su hijo intentando hacerle razonar. Y de no servirse de su incomprensión para alimentar una amargura que podría transformarse en vengativa ante un niño que signa con su palabra quién es y cuya inteligencia les supera.

Luc 2, 22-40

Dimanche 1 mai 2016

Puis quand vint le jour où, suivant la loi de Moïse, ils devaient être purifiés, ils l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur -ainsi qu’il est écrit dans la loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur -et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la loi du Seigneur, un couple de tourterelles et deux petits pigeons. Or, il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux, il attendait la consolation d’Israël et l’Esprit Saint était sur lui. Il lui avait été révélé par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. Il vint alors au temple poussé par l’Esprit ; et quand les parents de l’enfant Jésus l’amenèrent pour faire ce que la Loi prescrivait à son sujet, il le prit dans ses bras et il bénit Dieu en ces termes : « Maintenant, Maître, c’est en paix, comme tu l’as dit, que tu renvoies ton serviteur. Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé face à tous les peuples : lumière pour la révélation aux païens et gloire d’Israël ton peuple. » Le père et la mère de l’enfant étaient étonnés de ce qu’on disait de lui. Syméon les bénit et dit à Marie sa mère : « Il est là pour la chute et le relèvement de beaucoup en Israël et pour être un signe contesté -et toi-même, un glaive te transpercera l’âme ; ainsi seront dévoilés les débats de bien des cœurs. » Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était fort avancée en âge ; après avoir vécu sept ans avec son mari, elle était restée veuve et avait atteint l’âge de quatre-vingt quatre ans. Elle ne s’écartait pas du temple, participant au culte nuit et jour par des jeûnes et des prières. Survenant au même moment, elle se mit à célébrer Dieu et à parler de l’enfant à tous ceux qui attendaient la libération de Jérusalem. Lorsqu’ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. Quant à l’enfant, il grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la faveur de Dieu était sur lui.

Les parents s’étonnent de ce qu’un vieil homme dit de leur enfant. D’autant plus qu’il leur est annoncé qu’il sera contesté, non pas dans l’éducation qu’il aura reçu ou dans ses choix d’homme, mais comme signe. Signe qui révélera, plutôt que les conflits entre les hommes, ceux de leur cœur. Non seulement les âmes seront éprouvées de le rencontrer mais il y aura un avant et un après lui. Et ce n’est pas l’enfant lui-même que la femme âgée célèbre en le rencontrant mais Dieu. Nous avons sans cesse à découvrir que ce n’est pas l’éducation que nous donnons à nos enfants qui révélera la part de mystère dont tout enfant est le signe malgré lui, mais l’attention que nous porterons à cette part. Ce n’est qu’ainsi que l’enfant peut être rempli de sagesse et nous rendre à l’altérité radicale qui  nous habite. Mais comme nous sommes toujours dans l’attente que nos enfants viennent nous rassurer narcissiquement, cela ne se fera pas sans transpercer notre âme.

Jean-Marie Quéré

Domingo 1 de mayo 2016

Cuando se cumplieron los días de la purificación de ellos, según la Ley de Moisés, llevaron a Jesús a Jerusalén para presentarle al Señor, como está escrito en la Ley del Señor: Todo varón primogénito será consagrado al Señor y para ofrecer en sacrificio un par de tórtolas o dos pichones, conforme a lo que se dice en la Ley del Señor. Y he aquí que había en Jerusalén un hombre llamado Simeón; este hombre era justo y piadoso, y esperaba la consolación de Israel; y estaba en él el Espíritu Santo. Le había sido revelado por el Espíritu Santo que no vería la muerte antes de haber visto al Cristo del Señor. Movido por el Espíritu, vino al Templo; y cuando los padres introdujeron al niño Jesús, para cumplir lo que la Ley prescribía sobre él, le tomó en brazos y bendijo a Dios diciendo: «Ahora, Señor, puedes, según tu palabra, dejar que tu siervo se vaya en paz; porque han visto mis ojos tu salvación, la que has preparado a la vista de todos los pueblos, luz para iluminar a los gentiles y gloria de tu pueblo Israel.» Su padre y su madre estaban admirados de lo que se decía de él. Simeón les bendijo y dijo a María, su madre: «Este está puesto para caída y elevación de muchos en Israel, y para ser señal de contradicción – ¡y a ti misma una espada te atravesará el alma! – a fin de que queden al descubierto las intenciones de muchos corazones.» Había también una profetisa, Ana, hija de Fanuel, de la tribu de Aser, de edad avanzada; después de casarse había vivido siete años con su marido, y permaneció viuda hasta los ochenta y cuatro años; no se apartaba del Templo, sirviendo a Dios noche y día en ayunos y oraciones. Como se presentase en aquella misma hora, alababa a Dios y hablaba del niño a todos los que esperaban la redención de Jerusalén. Así que cumplieron todas las cosas según la Ley del Señor, volvieron a Galilea, a su ciudad de Nazaret. El niño crecía y se fortalecía, llenándose de sabiduría; y la gracia de Dios estaba sobre él.

Los padres se asombran de lo que un anciano dice de su hijo. Además se les anuncia que éste conocerá la contradicción, no en la educación que habrá recibido o en sus elecciones de hombre, sino como señal. Señal que revelará, no tanto los conflictos entre los hombres cuanto los de sus corazones. No sólo las almas que se encuentren con él conocerán la prueba, sino que habrá un antes y un después de él. Y la mujer mayor celebra, no al niño en sí al encontrarse con él, sino a Dios. Tenemos que descubrir sin cesar que no es la educación que damos a nuestros hijos lo que revelará la parte de misterio de la que todo niño es señal aún sin quererlo, sino la atención que le prestamos a esa parte. Solo así el niño se puede llenar de sabiduría y devolvernos a la alteridad radical que nos habita. Pero como siempre estamos a la espera de que nuestros hijos nos tranquilicen de manera narcisista, esto no sucede sin que se nos atraviese el alma.

Luc 2, 1-21

Dimanche 10 avril 2016

Or, en ce temps-là, parut un décret de César Auguste pour faire recenser le monde entier. Ce premier recensement eut lieu à l’époque où Quirinius était gouverneur de Syrie. Tous allaient se faire recenser, chacun dans sa propre ville ; Joseph aussi monta de la ville de Nazareth en Galilée à la ville de David qui s’appelle Bethléem en Judée, parce qu’il était de la famille et de la descendance de David, pour se faire recenser avec Marie son épouse, qui était enceinte. Or, pendant qu’ils étaient là, le jour où elle devait accoucher arriva ; elle accoucha de son fils premier-né, l’emmaillota et le le déposa dans une mangeoire, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la salle d’hôtes. Il y avait dans le même pays des bergers qui vivaient aux champs et montaient la garde pendant la nuit auprès de leur troupeau. Un ange du Seigneur se présenta devant eux, la gloire du Seigneur les enveloppa de lumière et ils furent saisis d’une grande crainte. L’ange leur dit: « Soyez sans crainte, car voici, je viens vous annoncer une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur qui est le Christ Seigneur ; et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Tout à coup il y  eut avec l’ange l’armée céleste en masse qui chantait les louanges de Dieu et disait : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix pour ses bien-aimés. » Or, quand les anges les eurent quittés pour le ciel, les bergers se dirent entre eux : « Allons donc jusqu’à Bethléem et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. » Ils y allèrent en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après avoir vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui les entendirent furent étonnés de ce que leur disaient les bergers. Quant à Marie, elle retenait tous ces événements en en cherchant le sens. Puis les bergers s’en retournèrent, chantant la gloire et les louanges de Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, en accord avec ce qui leur avait été annoncé. Huit jours plus tard, quand vint le moment de circoncire l’enfant, on l’appela du nom de Jésus, comme l’ange l’avait annoncé.

 

Quelle drôle d’idée de partir sur les routes alors que sa femme est sur le point d’accoucher. Joseph semble inconséquent. Sauf à entendre que le désir inconscient, symbolisé ici par l’enfant à naître, mobilise un déplacement. Déjà, alors qu’il n’est pas encore né, l’enfant déplace ses parents. Ce déplacement les conduit d’abord vers eux-mêmes et leur propre histoire. La recension en appelle à rejoindre nos origines humaines pour nous y inscrire.

Jésus est ici donné comme le symbole du premier-né. Il naît entre une réalité visible, toujours imaginaire – en effet comment est-il possible de recenser le monde entier ! – et la réalité invisible, le réel, qui s’adresse aux bergers, hommes sans maison, vivant au dehors des préoccupations du monde, ayant comme seule attache la lumière des étoiles. Mais c’est pourtant une autre lumière qui les enveloppe. Celle de la parole invisible qui parlent à leur cœur plus qu’à leur raison. Par cette parole eux aussi sont mis en mouvement. Ils partent en hâte, pressés d’aller à la rencontre de ce vers quoi ils sont appelés.

Dans toutes ces mises en mouvement, seule Marie cherche le sens de ce qui se passe. Autrement dit, depuis l’annonce qui lui a été faite, elle semble ne rien comprendre. Marie est dans une retenue. Par cette incompréhension et cette retenue, déjà s’inscrit un écart entre ce qu’elle vit intérieurement et la réalité de son enfant nouveau-né. Né d’elle, il ne lui appartient plus. Il est déjà enfant du monde visible et du monde invisible. Sa présence témoigne de l’évidence de l’altérité radicale comme fondatrice de toute existence.

Jean-Marie Quéré

Luc 1, 67-80

Dimanche 3 avril 2016

Zacharie, son père, fut rempli d’Esprit saint et il prophétisa en ces termes :

Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, parce qu’il a visité son peuple, accompli sa libération, et  nous a suscité une force de salut dans la famille de David, son serviteur. C’est ce qu’il avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes d’autrefois : un salut qui nous libère de nos ennemis et des mains de tous ceux qui nous haïssent. Il a montré sa bonté envers nos pères et s’est rappelé son alliance sainte, le serment qu’il a fait à Abraham, notre père ; il nous accorderait après nous avoir arrachés aux mains des ennemis, de lui rendre sans crainte notre un culte dans la piété et la justice, sous son regard, tout au long de nos jours. Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut ; car tu marcheras par devant sous le regard du Seigneur pour préparer ses routes, pour donner à son peuple la connaissance du salut par le pardon de ses péchés. C’est l’effet de la bonté profonde de notre Dieu : grâce à elle nous a visités l’astre venu d’en haut. Il est apparu à ceux qui se trouvent dans les ténèbres et l’ombre de la mort, afin de guider nos pas sur le chemin de la paix.

Quant à l’enfant, il grandissait et son esprit se fortifiait ; et il fut dans les déserts jusqu’au jour de sa manifestation à Israël.

 

Il est beaucoup question de pères dans ce texte. Nous est rappelé que Zacharie est le père de Jean. Pourtant, au regard des lignes précédentes, il aurait été étonnant que nous ne nous en souvenions pas. C’est ce père qui, après avoir été réduit au silence, se met à parler en prophète. La parole véritable passe par le silence. Ce dont il parle, tout en étant un témoignage de sa propre vie, indique en effet une parole qui trouve sa source dans un désir tout Autre.  Il en appelle aux prophètes d’autrefois. Il s’inscrit ainsi dans une généalogie qui, à travers sa propre généalogie humaine, en indique une toute Autre également. Il peut ainsi dire de l’enfant qu’il sera prophète à son tour. Étonnamment, il en appelle à la compassion envers nos pères et à l’alliance et l’ombre sacrée avec Abraham, notre père. Il n’y a plus de différence entre la paternité de Zacharie, celles de nos pères et celle d’Abraham. Il n’y a pas d’un côté la généalogie humaine et de l’autre la généalogie divine. Il n’y a qu’une seule généalogie : à la fois visible, celle de Zacharie père, et invisible, celle de nos pères et celle d’Abraham. Être père ne consistant pas à se considérer, à s’identifier, comme l’origine de son fils mais à témoigner que nous sommes habités d’une fonction plus que d’un rôle. La fonction paternelle est ce par quoi chacun découvre qu’il est référé, à travers sa propre généalogie, à un désir qui ne pourrait être réduit à soi-même.  Ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons être délivrés de nos ennemis. Ceux, tout intérieurs, qui nous tiennent à l’ombre de la pulsion de mort. Zacharie nous annonce qu’un désir plus grand, semblable au soleil qui ne cesse de se lever pour offrir sa lumière et qu’on ne pourra pourtant jamais atteindre, nous fera sortir de l’ombre de ce qui en nous se tient dans les ténèbres.

Cette fonction paternelle n’empêche pas Jean de demeurer dans les déserts de la solitude, et donc aussi du silence. Bien au contraire c’est là la condition de sa force. Jusqu’à ce qu’il soit appelé à se présenter devant l’ensemble de ses frères.

Jean-Marie Quéré

Luc 1, 57-66

Dimanche 20 mars 2016

Le temps où Élisabeth devait accoucher arriva, et elle mit au monde un fils. Ses voisins et les gens de sa parenté apprirent que le Seigneur avait fait preuve envers elle d’une grande compassion, et ils se réjouirent avec elle. Le huitième jour, ils vinrent circoncire l’enfant, et ils allaient lui donner le nom de son père, Zacharie. Mais sa mère dit : non, il sera appelé Jean. Ils lui dirent : Il n’y a dans ta parenté personne qui porte ce nom. Et ils faisaient des dignes à son père pour savoir comment il voulait l’appeler. Zacharie demanda une tablette et il écrivit : Son nom est Jean. Et tous s’étonnèrent. A l’instant même sa bouche s’ouvrit et la langue de délia ; il se mit à parler et à bénir Dieu. Tous les habitants des alentours furent saisis de crainte et, dans toute la région montagneuse de la Judée, on discutait de tous ces événements. Tous ceux qui en entendaient parler se mirent à réfléchir. Ils se demandaient : Que sera donc cet enfant ? Car la main du Seigneur était avec lui.

 

Le choix du prénom d’un enfant est de toute importance. Il inscrit l’enfant dans l’ordre symbolique. C’est à dire qu’il permet à l’enfant de ne pas s’identifier exclusivement à la projection narcissique de ses parents. Être appelé par son propre nom permet en effet à l’enfant de répondre d’une entité en lui qui ne cessera de prendre forme tout au long de sa vie, celle du sujet de l’inconscient. La détermination, plus que la volonté, d’Élisabeth à appeler son fils Jean rencontre une opposition de son entourage. Quant à Zacharie, il ne suit pas sa femme en parlant comme elle et en se soumettant à choisir le même prénom. La détermination d’Élisabeth le confirme dans une fidélité toute autre. La fidélité au songe qu’il a eu, à l’ange de Dieu. C’est ce qui appelle à réfléchir : nous ne savons jamais par avance ce que deviendra un enfant. Ce qui est certain c’est que, par la détermination de l’une et la foi de l’autre, l’enfant est référé à une dimension toute Autre que celle de sa mère et de son père.

Jean-Marie Quéré

Luc 1, 24-56

Dimanche 13 mars 2016

Luc 1, 24-56

Quelque temps après, sa femme, Élisabeth, fut enceinte. Elle se cacha pendant cinq mois ; elle disait : Voilà ce que le Seigneur a fait pour moi au temps où il a décidé de retirer ma honte parmi les humains. Au sixième mois, l’ange fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée du nom de Nazareth, chez une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David ; le nom de la vierge était Marie. Il entra chez elle et dit : Réjouis-toi, toi qui est comblée par la grâce ; le Seigneur est avec toi. Très troublée par cette parole, elle se demandait ce que pouvait bien signifier une telle salutation. L’ange lui dit : N’aie pas peur, Marie ; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. tu vas être enceinte ; tu mettras au monde un fils et tu l’appelleras du nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé fils du très haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il régnera pour toujours sur la maison de Jacob ; son règne n’aura pas de fin. Marie dit à l’ange : Comment cela se produira t-il, puisque je n’ai pas de relation avec un homme ? L’ange lui répondit : L’esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du très-Haut te couvrira de son ombre. c’est pourquoi l’enfant qu naîtra sera saint ;il sera appelé fils de Dieu. Élisabeth, ta parente, a elle aussi conçu une fils, dans sa vieillesse ; celle qu’on appelait la femme stérile est dans son sixième mois. Car rien n’est impossible de la part de Dieu. Marie dit : je suis l’esclave du Seigneur ; qu’il m’advienne selon ta parole. Et l’ange s’éloigna d’elle. En ce jours-là, Marie partit en hâte vers la région montagneuse et se rendit dans une ville de Juda. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Dès qu’Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit dans son ventre. Élisabeth fut remplie d’Esprit saint et cria : Bénie sois-tu entre les femmes et béni soit le fruit de ton ventre ! Comment m’est-il accordée que la mère de mon Seigneur vienne me voir ? Car dès que ta salutation a retenti à mes oreilles,l’enfant a tressailli d’allégresse dans mon ventre. heureuse celle qui a cru, car ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s’accomplira. Et Marie dit : Je magnifie le Seigneur, je suis transportée d’allégresse en Dieu, mon Sauveur, parce qu’il a porté les regards sur l’abaissement de son esclave. Désormais en effet, chaque génération me dira heureuse, parce que le Puissant a fait pour moi de grandes choses. Son nom est sacré, et sa compassion s’étend de génération en génération sur ceux qui le craignent. Il a déployé le pouvoir de son bras ; il a dispersé ceux qui avaient des pensées orgueilleuses, il a fait descendre les puissants de leurs trônes, élevé les humbles, rassasié de biens les affamés, renvoyé les riches mes mains vides. Il a secouru Israël son serviteur, et il s’est souvenu de sa compassion –comme il l’avait dit à nos pères, envers Abraham et sa descendance, pour toujours. Maris demeura avec Élisabeth environ trois mois. puis elle retourna chez elle.

Nous nous retrouvons là, à mon sens, face à un des plus beaux textes non seulement du nouveau testament, mais également de tout ce qui a pu être écrit dans l’histoire vers l’humanisation. À savoir le dégagement de la conception de l’enfant du rapport sexuel, biologique. Ainsi se différencie la conception de la procréation. Vouloir être enceinte, ou ne pas le vouloir, ne suffit pas, ou n’évite pas, d’être enceinte. Le tragique de la femme stérile qui veut un enfant, comme celui de la femme violée qui se retrouve à porter un enfant qu’elle ne veut pas, nous le rappelle sans détour. Nous découvrons ici que la conception s’origine dans un mouvement intime de la femme vierge vers la femme stérile. Être conçu, autrement dit être Fils dans un devenir humain sans cesse renouvelé, n’est possible que si la femme est accompagnée dans ce mouvement. Ce n’est pas d’être féconde qui permet à la femme de concevoir un enfant, même si elle peut être procréatrice, mais bien celle qui, psychiquement, est vierge et stérile. Le sixième mois, pour l’observateur attentif, autrement dit le père, souvent élevé au silence ou convoqué à sa plus grande impuissance, est une étape majeure de toute grossesse. La femme prend conscience, de manière nouvelle, qu’elle est véritablement enceinte et qu’elle porte un enfant. Nous est indiqué ici que cette prise de conscience est initiée par l’enfant qui vient à la rencontre de sa mère. Elle peut ainsi alors rendre grâce au ciel non seulement de l’enfant qu’elle porte, mais aussi, surtout, de la femme qu’elle est. La femme ne pourrait se contenter de porter un objet de satisfaction qui lui serait dû ou encore que telle devait être sa destinée. Elle se laisse surprendre par une parole qui lui est adressée au plus intime d’elle-même, elle en prend conscience dirait-on dans un autre langage, et s’en étonne. Prise de conscience et étonnement ne nous transforment que d’aller de pair. Ainsi la femme sort de la honte, c’est à dire de l’attachement à se prendre pour l’origine de la vie qui bat en elle.

 

Jean-Marie Quéré

Días después, concibió su mujer Isabel; y se mantuvo oculta durante cinco meses diciendo: «Esto es lo que ha hecho por mí el Señor en los días en que se dignó quitar mi oprobio entre los hombres.» Al sexto mes fue enviado por Dios el ángel Gabriel a una ciudad de Galilea, llamada Nazaret, a una virgen desposada con un hombre llamado José, de la casa de David; el nombre de la virgen era María. Y entrando, le dijo: «Alégrate, llena de gracia, el Señor está contigo.» Ella se conturbó por estas palabras, y discurría qué significaría aquel saludo. El ángel le dijo: «No temas, María, porque has hallado gracia delante de Dios; vas a concebir en el seno y vas a dar a luz un hijo, a quien pondrás por nombre Jesús. El será grande y será llamado Hijo del Altísimo, y el Señor Dios le dará el trono de David, su padre; reinará sobre la casa de Jacob por los siglos y su reino no tendrá fin.» María respondió al ángel: « ¿Cómo será esto, puesto que no conozco varón?» El ángel le respondió: «El Espíritu Santo vendrá sobre ti y el poder del Altísimo te cubrirá con su sombra; por eso el que ha de nacer será santo y será llamado Hijo de Dios. Mira, también Isabel, tu pariente, ha concebido un hijo en su vejez, y este es ya el sexto mes de aquella que llamaban estéril, porque ninguna cosa es imposible para Dios.» Dijo María: «He aquí la esclava del Señor; hágase en mí según tu palabra.» Y el ángel dejándola se fue. En aquellos días, se levantó María y se fue con prontitud a la región montañosa, a una ciudad de Judá; entró en casa de Zacarías y saludó a Isabel. Y sucedió que, en cuanto oyó Isabel el saludo de María, saltó de gozo el niño en su seno, e Isabel quedó llena de Espíritu Santo; y exclamando con gran voz, dijo: «Bendita tú entre las mujeres y bendito el fruto de tu seno; y ¿de dónde a mí que la madre de mi Señor venga a mí? Porque, apenas llegó a mis oídos la voz de tu saludo, saltó de gozo el niño en mi seno. ¡Feliz la que ha creído que se cumplirían las cosas que le fueron dichas de parte del Señor!» Y dijo María: «Engrandece mi alma al Señor y mi espíritu se alegra en Dios mi salvador porque ha puesto los ojos en la humildad de su esclava, por eso desde ahora todas las generaciones me llamarán bienaventurada, porque ha hecho en mi favor maravillas el Poderoso, Santo es su nombre y su misericordia alcanza de generación en generación a los que le temen. Desplegó la fuerza de su brazo, dispersó a los que son soberbios en su propio corazón. Derribó a los potentados de sus tronos y exaltó a los humildes. A los hambrientos colmó de bienes y despidió a los ricos sin nada. Acogió a Israel, su siervo, acordándose de la misericordia como había anunciado a nuestros padres – en favor de Abraham y de su linaje por los siglos.» María permaneció con ella unos tres meses, y se volvió a su casa.

Nos encontramos, a mi juicio, ante uno de los textos más bellos no sólo del nuevo testamento sino de todo lo que se ha podido escribir en la historia hacia la humanización. Esto es, la desvinculación de la concepción del niño de la relación sexual biológica. Así se diferencian concepción y procreación. Querer estar embarazada o no quererlo, no es suficiente o no evita el estarlo. Lo trágico de la mujer estéril que quiere un hijo, como lo trágico de la mujer violada que tiene un hijo que no quiere, nos lo recuerda sin rodeos. Aquí descubrimos que la concepción se origina en un movimiento íntimo de la mujer virgen hacia la mujer estéril. Ser concebido, es decir ser Hijo en un devenir humano renovado sin cesar, sólo es posible si la mujer es acompañada en este movimiento. Aunque sí pueda procrear, lo que le permite a la mujer concebir un hijo no es ser fecunda sino ser psíquicamente virgen y estéril. El sexto mes, para un observador atento, es decir el padre que a menudo queda reducido al silencio o a su más alta impotencia, es una etapa crucial en cualquier embarazo. La mujer toma conciencia, de una manera nueva, de que lleva en sí un hijo. Aquí se nos indica que esa toma de conciencia es el niño el que la inicia, yendo al encuentro de su madre. Entonces ella puede dar gracias al cielo no sólo por el hijo que lleva en sí, sino también y sobre todo, por la mujer que ella es. La mujer no podría contentarse de llevar en sí un objeto de satisfacción que le sería debido o de que ese sea su destino. La mujer se deja sorprender por una palabra que le habla en lo más íntimo de ella misma, toma conciencia diríamos en otra manera y se asombra. Toma de conciencia y asombro sólo nos transforman si van de la mano. Así la mujer sale del oprobio, es decir de la inclinación a creerse el origen de la vida que late en ella.

Luc 1, 18-23

Dimanche 6 mars 2016

Luc 1, 18-23

Zacharie dit à l’ange : À quoi le saurai-je ? Car, moi, je suis vieux et ma femme est avancée en âge. L’ange lui répondit : je suis Gabriel, celui qui se tient devant Dieu ; j’ai été envoyé pour te parler et t’annoncer cette bonne nouvelle. Eh bien tu seras muet, tu ne pourras plus parler jusqu’au jour où cela se produira, parce que tu n’as pas cru en mes paroles, qui s’accompliront en leur temps. Cependant le peuple attendait Zacharie et s’étonnait qu’il s’attarde dans le sanctuaire. À sa sortie, il ne put leur parler, et ils comprirent qu’il avait eu une vision dans le sanctuaire ; il se mit à leur faire des signes et demeurait muet. Lorsque ses jours furent achevés, il rentra chez lui.

« À quoi le saurais-je ? ». Nous ne mesurons pas à quel point poser cette question fait entrer dans une adversité et un échange de questions-réponses stérile, alors que la fécondité se trouve ailleurs.  Poser cette question, jusqu’à parfois s’y arque bouter, annule la rencontre et la parole échangée. Pourtant l’annonce « Tu auras joie et allégresse »  est faite.  Le doute nous fixe dans notre névrose, nous empêchant d’entendre, alors que la joie nous en déplace. Dans le doute, nous agissons avec prudence, guidés par la peur. Zacharie en prenant appui sur le doute, empêche son cœur de s’ouvrir à la joie promise, aussi inattendue soit-elle.  Mais Gabriel, le messager de la vie, ne l’abandonne ni au doute, ni à la peur. Il élève Zacharie au silence.

Jean-Marie Quéré

Lucas 1, 18-23

Zacarías dijo al ángel: « ¿En qué lo conoceré? Porque yo soy viejo y mi mujer avanzada en edad.» El ángel le respondió: «Yo soy Gabriel, el que está delante de Dios, y he sido enviado para hablarte y anunciarte esta buena nueva. Mira, te vas a quedar mudo y no podrás hablar hasta el día en que sucedan estas cosas, porque no diste crédito a mis palabras, las cuales se cumplirán a su tiempo.» El pueblo estaba esperando a Zacarías y se extrañaban de su demora en el Santuario. Cuando salió, no podía hablarles, y comprendieron que había tenido una visión en el Santuario; les hablaba por señas, y permaneció mudo. Y sucedió que cuando se cumplieron los días de su servicio, se fue a su casa.

¿En qué lo conoceré? No nos solemos hacer idea de hasta qué punto hacer esta pregunta conduce a entrar en la adversidad y en el intercambio estéril de preguntas-respuestas, cuando en realidad la fecundidad se encuentra en otro lugar. Hacer esa pregunta, hasta el punto a veces de parapetarse en ella, anula el encuentro y la palabra intercambiada. Aun así, el anuncio se hace: “será para ti gozo y alegría”. La duda nos instala en nuestra neurosis, impidiéndonos escuchar, mientras que la alegría nos desplaza. En la duda actuamos con prudencia, guiados por el miedo. Zacarías, apoyándose en la duda, impide a su corazón que se abra a la alegría prometida, por muy inesperada que sea. Pero Gabriel, el mensajero de la vida, no lo abandona ni a la duda ni al miedo. Eleva a Zacarías al silencio.

Luc 1, 5-17

Dimanche 14 février 2016

Luc 1, 5-17

Aux jours d’Hérode, roi de Judée, il y eut un prêtre nommé Zacharie, de la classe d’Abiya ; sa femme était une descendante d’Aaron, et son nom était Élisabeth. Tous deux était justes devant Dieu et suivaient d’une manière irréprochable tous les commandements et les ordonnances du Seigneur. Mais ils n’avaient pas d’enfant, parce qu’Élisabeth était stérile, et ils étaient l’un et l’autre avancés en âge. Or, dans l’exercice de ses fonctions devant Dieu, selon le tour de sa classe, il fut désigné par le sort, suivant la coutume du sacerdoce, pour entrer dans le sanctuaire du Seigneur et y offrir l’encens. Toute la multitude du peuple était en dehors en prière à l’heure de l’encens. Alors l’ange du Seigneur lui apparut, debout à droite de l’autel de l’encens. Zacharie fut troublé en le voyant ; la peur s’empara de lui. mais l’ange lui dit : N’aie pas peur, Zacharie ; car ta prière a été exaucée. ta femme, Élisabeth, te donnera un fils, et tu l’appelleras du nom de Jean. il sera pour toi un sujet de joie et d’allégresse, et beaucoup se réjouiront de sa naissance. Car il sera grand devant le Seigneur, il ne boira ni vin ni boisson alcoolisée, il sera rempli d’Esprit saint depuis le ventre de sa mère et il ramènera beaucoup d’Israélites au Seigneur, leur Dieu. Il ira devant lui avec l’esprit et la puissance d’Élie, afin de ramener le cœur des pères vers les enfants et les rebelles à l’intelligence des justes, et de former pour le Seigneur un peuple de préparés.

 

Tout rite, quel qu’il soit, même suivi de manière irréprochable, ne protège pas de la peur. Est-ce de cette peur que les cœurs des pères et des rebelles seront soulagés pour être ramenés à leurs enfants et à l’intelligence des justes ! La peur nous éloigne de l’autre, éloigne les pères de leurs enfants, les rebelles de ce qui est juste. L’annonce est faite : l’altérité vient au devant de nous au moment où ne nous y attendons pas, avec une force qui n’a rien à voir avec notre volonté mais qui s’inscrit dans la génération des sages. Comme Zacharie, nous suivons les rites et les règles mais nous avons oublié la sagesse d’être surpris, déstabilisés. Ce n’est qu’à être déstabilisés pourtant que nous pouvons découvrir que l’invisible nous parle.

Jean-Marie Quéré

Domingo 14 de febrero 2016

Lucas 1, 5-17

Hubo en los días de Herodes, rey de Judea, un sacerdote, llamado Zacarías, del grupo de Abías, casado con una mujer descendiente de Aarón, que se llamaba Isabel; los dos eran justos ante Dios, y caminaban sin tacha en todos los mandamientos y preceptos del Señor. No tenían hijos, porque Isabel era estéril, y los dos de avanzada edad. Sucedió que, mientras oficiaba delante de Dios, en el turno de su grupo, le tocó en suerte, según el uso del servicio sacerdotal, entrar en el Santuario del Señor para quemar el incienso. Toda la multitud del pueblo estaba fuera en oración, a la hora del incienso. Se le apareció el Ángel del Señor, de pie, a la derecha del altar del incienso. Al verle Zacarías, se turbó, y el temor se apoderó de él. El ángel le dijo: “No temas, Zacarías, porque tu petición ha sido escuchada; Isabel, tu mujer, te dará a luz un hijo, a quien pondrás por nombre Juan; será para ti gozo y alegría, y muchos se gozarán en su nacimiento, porque será grande ante el Señor; no beberá vino ni licor; estará lleno de Espíritu Santo ya desde el seno de su madre, y a muchos de los hijos de Israel, les convertirá al Señor su Dios, e irá delante de él con el espíritu y el poder de Elías, para hacer volver los corazones de los padres a los hijos,  y a los rebeldes a la prudencia de los justos, para preparar al Señor un pueblo bien dispuesto”

Ningún rito, sea cual sea, incluso seguido de manera irreprochable, protege del miedo. Tal vez sea este el miedo del que los padres y los rebeldes serán aliviados para ser conducidos a sus hijos y a la inteligencia de los justos! El miedo  nos aleja del otro, aleja a los padres de sus hijos, a los rebeldes de lo que es justo. El anuncio se realiza: la alteridad viene a nuestro encuentro en el momento en el que no nos lo esperamos, con una fuerza que nada tiene que ver con nuestra voluntad pero que se inscribe en la generación de sabios. Como Zacarías, seguimos los ritos y las reglas pero hemos olvidado la sabiduría de dejarnos sorprender, desestabilizar. Sin embargo, sólo siendo desestabilizados podemos descubrir que lo invisible nos habla.

Luc 1, 1-4

Dimanche 7 février 2016

Luc 1, 1-4

Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des faits qui se sont accomplis parmi nous, tels que nous les ont transmis ceux qui, dès le commencement, en ont été les témoins oculaires et sont devenus serviteurs de la Parole, il m’a semblé bon, à moi aussi, après m’être informé exactement de tout depuis les origines, de te l’exposer par écrit d’une manière suivie, très excellent Théophile, afin que tu connaisses la certitude des enseignements que tu as reçus.

C’est parce que beaucoup  de témoins ont déjà entrepris de servir la Parole que Luc s’y met également. Alors que nous pourrions penser l’inverse : pourquoi redire ce qui a déjà été dit, ou réécrire ce qui l’a déjà été ? Revenir au commencement de la Parole et tenter d’en comprendre l’origine, c’est s’y mettre aussi soi-même, à parler et à écrire. En s’adressant à l’autre bien sûr mais également à ce qui en nous cherche un point de certitude. Ce n’est donc plus uniquement l’objet de ce qui est enseigné que nous avons à prendre en compte, mais les effets de cet enseignement en nous et auxquels nous avons sans cesse à revenir.

Jean-Marie Quéré

Domingo 7 de febrero 2016

Lucas 1,1-4

Puesto que muchos han intentado narrar ordenadamente las cosas que se han verificado entre nosotros, tal como nos las han transmitido los que desde el principio fueron testigos oculares y servidores de la Palabra, he decidido yo también, después de haber investigado diligentemente todo desde los orígenes, escribírtelo por su orden, ilustre Teófilo, para que conozcas la solidez de las enseñanzas que has recibido.

Lucas emprende también el servicio de la Palabra porque muchos testigos lo han hecho ya. Podríamos pensar lo contrario: ¿Para qué repetir lo que ya se ha dicho o escribir lo que ya se ha escrito? Volver a la Palabra e intentar comprender su origen es ponerse uno mismo a hablar y a escribir. Dirigiéndonos a otro por supuesto, pero también a aquello que en nosotros busca un punto de certeza. No tenemos que tener en cuenta únicamente pues el objeto de lo que se enseña sino los efectos de esa enseñanza en nosotros. A esto es a lo que debemos volver sin cesar.