Matthieu 1, 18-25 – L’ange à Joseph –

18 décembre 2013

Telle fut la genèse de Jésus Christ. Marie, sa mère, était fiancée à Joseph : or, avant qu’ils eussent mené vie commune, elle se trouva enceinte par le fait de l’Esprit Saint.
Joseph, son mari, qui était un homme juste et ne voulait pas la désigner en public, résolut de la renvoyer discrètement. Alors qu’il avait formé ce dessein, voici que l’Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ta femme : car ce qui a été engendré en elle vient, certes, de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus : car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Or tout ceci advint pour que s’accomplît cet oracle prophétique du Seigneur : Voici que la vierge concevra et enfantera un fils, et on l’appellera du nom d’Emmanuel, ce qui se traduit : « Dieu avec nous. » Une fois réveillé, Joseph fit comme l’Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui sa femme ; et il ne la connut pas jusqu’au jour où elle enfanta un fils, et il l’appela du nom de Jésus.


Le projet de Matthieu en nous racontant cet épisode n’est pas de nous expliquer comment Joseph surmonte sa déception à la vue de la grossesse de Marie mais de nous montrer comment il reçoit l’enfant dans sa maison. Comment on passe du « en secret » à l’acte public de prendre sa femme chez soi. En reprenant le mot « genèse » qui se trouvait déjà à l’ouverture de la table des fils d’Abraham, fils de David, Matthieu nous renvoie encore à un plus lointain. À la parole qui est au commencement et qui crée le monde. C’est en entendant la parole dans la nuit d’un songe et s’y conformant  que Joseph permet à l’œuvre de l’Esprit-Saint de s’inscrire pleinement dans la chair de l’humanité. Le Seigneur veut en appeler aux hommes, sa seigneurie n’en est pas compromise. Voilà qui ouvre des horizons pour notre propre écoute.

Frère Bruno Demoures, Abbaye de Tamié


« Une fois réveillé, Joseph fit comme l’Ange du Seigneur lui avait prescrit ». Il nous faut donc nous réveiller pour obéir à une parole que nous avons entendu dans notre sommeil, donc dans notre inconscient. Plutôt que de rester accroché de manière névrotique à ce qui se fomente en secret en nous et qui nous apparaît souvent comme ce que nous devons faire. Une parole qui nous déloge alors de notre névrose plutôt que de nous y confirmer. Oui voilà bien de nouveaux horizons pour notre écoute.

Jean-Marie Quéré


ça c’est vraiment intéressant !
Ce qui m’ouvre encore d’autres horizons quand je repense à l’importance du thème de l’éveil (nepsis en grec) dans certains courants de la spiritualité orientale.
Quelque chose qui m’a toujours laissé très interrogateur parce que je le comprends spontanément comme un volontarisme un peu raide.
Mais c’est un pur préjugé. Une chose à réfléchir.

Frère Bruno Demoures, Abbaye de Tamié