Matthieu 28, 1-15 – L’éclair –

21 avril 2014

Après le sabbat, à l’heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l’autre Marie vinrent pour regarder le sépulcre. Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre ; l’ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus. Il avait l’aspect de l’éclair, et son vêtement était blanc comme neige. Les gardes, dans la crainte qu’ils éprouvèrent, se mirent à trembler et devinrent comme morts. L’ange prit la parole et dit aux femmes : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples : “Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez.” Voilà ce que j’avais à vous dire. » Vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. » Tandis qu’elles étaient en chemin, quelques-uns des gardes allèrent en ville annoncer aux grands prêtres tout ce qui s’était passé. Ceux-ci, après s’être réunis avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme en disant : « Voici ce que vous direz : “Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.” Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui. » Les soldats prirent l’argent et suivirent les instructions. Et cette explication s’est propagée chez les Juifs jusqu’à aujourd’hui.

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Lorsque la réalité dépasse notre espérance la plus folle, c’est à dire que ce que nous attendions inconsciemment depuis toujours arrive, nous sommes saisis en effet de crainte et de joie et une lumière d’éclair illumine notre vie. Nous nous précipitons alors pour partager cet « accomplissement » avec nos intimes, voulant témoigner de ce qui nous est arrivé avec une gratuité qui nous dépasse totalement. Cependant, parfois, il nous arrive de continuer à nous satisfaire du doute et de la dérision, ne pouvant pas voir ce qui s’offre à nous, reléguant nos rêves à un impossible, jusqu’à mettre en avant le principe de réalité où raison et argent prennent le dessus. Plutôt que de témoigner de ce que nous avons entendu au secret de notre cœur, nous expliquons les faits avec une rationalité et une logique qui nous excluent de nous-mêmes.

Jean-Marie Quéré