Jean 6, 44-51- L’Autre du désir –

8 mai 2014

Dans la synagogue de Capharnaüm, Jésus disait : « Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi. Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père. Amen, amen, je vous le dis : il a la vie éternelle, celui qui croit. Moi, je suis le pain de la vie. Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ; mais le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas. Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »

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Nous sommes invités ici à concevoir que le désir qui parfois nous taraude, parfois nous emporte au delà de ce que nous pensions être, en appelle à un Autre du désir. Cet Autre du désir, le Père appelé en psychanalyse Fonction Paternelle, est la source intarissable de notre désir humain. À cet Autre du désir, il n’y a pas de finitude. Ainsi nous pouvons percevoir que, si nos besoins trouvent un apaisement dans leur satisfaction, notre désir est apaisé que d’être entretenu. Tout comme le pain partagé et le vin bu entre amis ouvrent à une autre dimension que l’unique satisfaction du besoin et renouvellent le manque que nous avons les uns des autres. Ainsi le manque n’est plus sensation que nous devons combler à tout prix ou angoisse qu’il nous faut apaiser envers et contre tout,  mais porte ouverte à cet Autre du désir. Que la vie du monde ne soit plus indexée par cet Autre du désir et toute fin, plutôt que promesse de se retrouver, devient césure irréparable.

Jean-Marie Quéré