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Matthieu 5, 27-32 – Corps intègre –

Vendredi 13 juin 2014

Comme les disciples étaient rassemblés autour de Jésus sur la montagne, il leur disait : « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur. Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne. Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier qui s’en aille dans la géhenne. Il a été dit également : Si quelqu’un renvoie sa femme, qu’il lui donne un acte de répudiation. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d’union illégitime, la pousse à l’adultère ; et si quelqu’un épouse une femme renvoyée, il est adultère. « 

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Il est bien difficile, à lire ce texte, à ne pas se laisser prendre soit par la culpabilité soit par un rigorisme valeureux. Ce qui, et la clinique nous l’apprend tous les jours, va immanquablement de pair. La culpabilité étant entendue comme ce qui nous coupe de la pensée.  Il y est, à l’analyser comme nous pourrions analyser le discours d’un rêve, question de cœur et de corps morcelé. L’adultère y est présenté en premier lieu comme une question qui se pose dans le cœur. Donc d’abord face à soi tout en étant engagé dans une relation subjective. Le corps morcelé est celui, tout comme celui du nouveau-né, qui n’a pas encore trouvé son intégrité. Ses gestes sont désordonnés et ses membres sont dissociés les uns des autres. Il lui faudra la maturation physiologique, à la condition qu’elle soit soutenue par ce que ses parents vont lui dire, –« ça y est tu as trouvé ton pouce » , « tu joues avec tes pieds » , pour que son corps devienne sien, non dissocié de lui. Ce n’est qu’à partir de cette intégrité, physiologique et psychique, qu’il sera prêt à entrer lui-même dans le langage et de perdre l’illusion, à avoir un corps entier,  de ne se laisser guider que par ses sensations.

Jean-Marie Quéré