Archives mensuelles : septembre 2014

Modification de dates janvier 2015

Jeudi 18 septembre 2014
 La séance du mois de janvier est avancée au 10 janvier 2015. Les dates pour l’année 2014-2015 seront donc les suivantes :

les samedi suivants de 10h30 à 12h  :

2014 : 20/09 – 11/10 – 22/11 – 13/12

2015 : 10/01 – 28/02 – 28-03 – 11/04 – 13/06

Ce séminaire se déroule dans le cadre de l’association Entr’Aids.  Pour tout renseignement,, vous pouvez appeler Carole Luccioni au 04 72 56 03 09. Il est demandé aux participants d’adhérer à l’association.

 

Luc 7, 36-50. Le dévouement et l’attachement

Jeudi 18 septembre 2014

Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table. Survint une femme de la ville, une pécheresse. Elle avait appris que Jésus mangeait chez le pharisien, et elle apportait un vase précieux plein de parfum. Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, à ses pieds, et ses larmes mouillaient les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et y versait le parfum. En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse. » Jésus prit la parole : « Simon, j’ai quelque chose à te dire. – Parle, Maître. » Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d’argent, l’autre cinquante. Comme ni l’un ni l’autre ne pouvait rembourser, il remit à tous deux leur dette. Lequel des deux l’aimera davantage ? » Simon répondit : « C’est celui à qui il a remis davantage, il me semble. – Tu as raison », lui dit Jésus. Il se tourna vers la femme, en disant à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré chez toi, et tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas embrassé ; elle, depuis son entrée, elle n’a pas cessé d’embrasser mes pieds. Tu ne m’as pas versé de parfum sur la tête ; elle, elle m’a versé un parfum précieux sur les pieds. Je te le dis : si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, c’est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. » Puis il s’adressa à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. » Les invités se dirent : « Qui est cet homme, qui va jusqu’à pardonner les péchés ? » Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »

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L’homme croit bien faire. Il accueille Jésus avec toute sa bonne volonté. La femme ne l’accueille pas. Elle est toute entière à la dévotion qu’il lui inspire. N’est -il pas quelque chose de similaire dans notre accueil de l’inconscient ? La bonne volonté ne permet pas vraiment de l’approcher même si nous faisons tout pour. Cette bonne volonté empêche toute dévotion à son égard. Dévotion non pas pas au sens de manifestation ostentatoire mais de dévouement et d’attachement.

Jean-Marie Quéré

Luc 7, 31-35. L’enfance mène la danse

Mercredi 17 septembre 2014

Jésus disait à la foule :  » A qui donc vais-je comparer les hommes de cette génération? A qui ressemblent-ils? Ils ressemblent à des gamins assis sur la place, qui s’interpellent entre eux : ‘Nous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons entonné des chants de deuil, et vous n’avez pas pleuré. ‘ Jean Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas de pain, il ne boit pas de vin, et vous dites : ‘C’est un possédé ! ‘ Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et vous dites : ‘C’est un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs. ‘ Mais la sagesse de Dieu se révèle juste auprès de tous ses enfants. »  

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L’enfant a avec la joie et la tristesse un rapport simple. Il y a cependant une part en nous qui n’arrive pas à rester proche de notre propre enfance. Être Fils de l’homme, c’est dire la part de l’enfance. Ainsi l’enfance mène la danse.

Jean-Marie Quéré

Luc 7, 11-17. Le fils rendu à sa mère

Mardi 16 septembre 2014

Jésus se rendait dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu’une grande foule. Il arriva près de la porte de la ville au moment où l’on transportait un mort pour l’enterrer ; c’était un fils unique, et sa mère était veuve. Une foule considérable accompagnait cette femme. En la voyant, le Seigneur fut saisi de pitié pour elle, et lui dit : « Ne pleure pas. » Il s’avança et toucha la civière ; les porteurs s’arrêtèrent, et Jésus dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi.» Alors le mort se redressa, s’assit et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère. La crainte s’empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu : « Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. » Et cette parole se répandit dans toute la Judée et dans les pays voisins.

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« Le mort se redressa et se mit à parler ». Il ne se précipite pas dans les bras de sa mère pour la retrouver et la consoler de sa peine. Il se met à parler. Et ce n’est qu’après avoir parlé qu’il est rendu à sa mère. Était-il mort de ne pas parler ?

Jean-Marie Quéré

Jean 19, 25-27. La relation mère fils doit être instituée

Lundi 15 septembre 2014

Près de la croix de Jésus se tenait sa mère, avec la sœur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : «Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.

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Ce texte magnifie la relation mère fils. Il n’est pas possible de vivre sans mère. L’amour n’est pas une dimension abstraite, désincarnée. Il trouve ses racines dans la relation qui s’instaure entre l’enfant et la mère. Cependant, contrairement à l’idée reçue, l’amour d’une mère n’est pas instinctif ou naturel. il est nécessaire, autant pour la mère que pour le fils, qu’il soit institué, parlé par un autre qui les présente l’un à l’autre. Sans cela, il n’y a pas de naissance véritable, l’amour ne trouve pas à s’incarner et reste imaginaire. Chacun espérant l’amour idéal où il ne serait pas nécessaire de se parler pour se comprendre. Ce n’est alors pas la parole qui le fonde mais la sensation d’être un appendice de la mère, de lui appartenir.

Jean-Marie Quéré

Luc 6, 43-49. La saveur de l’existence

Samedi 13 septembre 2014

Jésus disait à ses disciples :  » Jamais un bon arbre ne donne de mauvais fruits ; jamais non plus un arbre mauvais ne donne de bons fruits. Chaque arbre se reconnaît à son fruit : on ne cueille pas des figues sur des épines ; on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces. L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur.Et pourquoi m’appelez-vous en disant : ‘Seigneur ! Seigneur ! ‘ et ne faites-vous pas ce que je dis ? Tout homme qui vient à moi, qui écoute mes paroles et qui les met en pratique, je vais vous montrer à qui il ressemble. Il ressemble à un homme qui bâtit une maison. Il a creusé très profond, et il a posé les fondations sur le roc. Quand est venue l’inondation, le torrent s’est précipité sur cette maison, mais il n’a pas pu l’ébranler parce qu’elle était bien bâtie.Mais celui qui a écouté sans mettre en pratique ressemble à l’homme qui a bâti sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s’est précipité sur elle, et aussitôt elle s’est effondrée ; la destruction de cette maison a été complète. »

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Tout comme le cœur qui ne pourrait être réduit à sa dimension organique, la bouche ne pourrait être réduite à un organe qui avale ou qui énonce un discours. Cette manière de considérer le corps, en donnant à sa dimension symbolique autant d’importance qu’à sa fonction organique, est un des fondements de l’écoute psychanalytique. Le désir s’entend à travers ces deux dimensions organique et symbolique, du corps. La bouche et le cœur sont dans un lien étroit. Ainsi dès la tétée du nouveau-né, la relation qui s’instaure entre sa bouche  et le sein est à entendre comme ce qui énonce un désir qui ne trouve de mots pour se dire que d’être parlé par la mère. « Tu as faim, tu as envie de téter, tu as envie de mordre ». Entendre ce lien, entre ce qui s’énonce et l’inconnu du désir, est l’essentiel de toute écoute. Sans cela, l’enfant est abandonné à lui-même et la cure analytique s’enferme dans l’objectivation du discours. Elle passe alors à côté de l’essentiel du désir qui donne à chacun la saveur de son existence.

Jean-Marie Quéré

Luc 6, 39-42 – Ce qui nous rend aveugle

Vendredi 12 septembre 2014

Jésus s’adressait à ses disciples en paraboles :  » Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous deux dans un trou ? Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; mais celui qui est bien formé sera comme son maître. Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? Comment peux-tu dire à ton frère : ‘Frère, laisse-moi retirer la paille qui est dans ton œil’, alors que tu ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Esprit faux ! enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour retirer la paille qui est dans l’œil de ton frère. « 

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« Le disciple n’est pas au dessus du maître, mais le disciple bien formé sera comme le maître ». Qu’est-ce qu’être bien formé ? N’est-ce pas découvrir que nous sommes aveuglés. Nous retrouvons là un des effets de l’analyse qui nous « guérit »  de la projection sur les autres de ce que nous ne voyons pas en nous.

Jean-Marie Quéré

Luc 6, 27-38 – « La dérision ou la joie »

Jeudi 11 septembre 2014

Jésus déclarait à la foule : « Je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. A celui qui te frappe sur une joue, présente l’autre. A celui qui te prend ton manteau, laisse prendre aussi ta tunique. Donne à quiconque te demande, et ne réclame pas à celui qui te vole. Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs en font autant. Si vous prêtez quand vous êtes sûrs qu’on vous rendra, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs prêtent aux pécheurs pour qu’on leur rende l’équivalent. Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Dieu très-haut, car il est bon, lui, pour les ingrats et les méchants. Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés. Donnez, et vous recevrez : une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans votre tablier ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. »

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La dimension symbolique de ce propos est magnifique. Le dénuement auquel nous invite toute rencontre authentique avec soi-même dans la rencontre avec l’autre trouve ici une expression d’une force poétique qui nous laisse sans voix. Pour preuve en est que la seule résistance qu’elle fait se lever est la dérision (1).

1 : La dérision ou la joie, Denis Vasse, Seuil.

Jean-Marie Quéré

Luc 6, 20-26 – La fraternité dans le manque à être

Mercredi 10 septembre 2014

Jésus s’était arrêté dans la plaine, et la foule l’entourait. Regardant alors ses disciples, Jésus dit :  » Heureux, vous les pauvres : le royaume de Dieu est à vous! Heureux, vous qui avez faim maintenant : vous serez rassasiés ! Heureux, vous qui pleurez maintenant : vous rirez ! Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous repoussent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l’homme. Ce jour-là, soyez heureux et sautez de joie, car votre récompense est grande dans le ciel : c’est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes. Mais malheureux, vous les riches : vous avez votre consolation ! Malheureux, vous qui êtes repus maintenant : vous aurez faim ! Malheureux, vous qui riez maintenant : vous serez dans le deuil et vous pleurerez ! Malheureux êtes-vous quand tous les hommes disent du bien de vous : c’est ainsi que leurs pères traitaient les faux prophètes. « 

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Ces lignes qui ont traversé les siècles et qui ont si souvent été tournées en dérision évoquent surtout la question du manque. Nous cherchons toujours à combler le manque à être de notre existence par un avoir et une quelconque richesse. Se réclamer du Fils de l’homme permettrait alors de se reconnaître comme fils d’homme soi-même ; c’est à dire dans une fraternité humaine quant à ce manque à être.

Jean-Marie Quéré

Luc 6,12-19 – La solitude choisie

Mardi 9 septembre 2014

En ces jours-là, Jésus s’en alla dans la montagne pour prier, et il passa la nuit à prier Dieu. Le jour venu, il appela ses disciples, en choisit douze, et leur donna le nom d’Apôtres : Simon, auquel il donna le nom de Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Simon appelé le Zélote, Jude fils de Jacques, et Judas Iscariote, celui qui fut le traître. Jésus descendit de la montagne avec les douze Apôtres et s’arrêta dans la plaine. Il y avait là un grand nombre de ses disciples, et une foule de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon, qui étaient venus l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux qui étaient tourmentés par des esprits mauvais en étaient délivrés. Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous.

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Pourquoi cet homme d’exception, qui ne se réclame pas lui-même de son autorité, se retire t-il dans la montagne et y passe la nuit pour prier Dieu avant de choisir ses compagnons ? Rien ne nous est dit du contenu de sa prière. Sans doute n’aurait-il pu choisir ses compagnons sans ce temps de solitude. Se pose alors la question du rapport que nous entretenons entre solitude et relation aux autres. Alors que nous subissons souvent la solitude, il nous est dit ici que non seulement elle peut être choisie mais également qu’elle n’est jamais isolement.

Jean-Marie Quéré