Archives mensuelles : décembre 2014

Matthieu 21, 23-27. La difficile question de l’autorité

Lundi 15 décembre 2014

En ce temps-là, Jésus était entré dans le Temple, et, pendant qu’il enseignait, les chefs des prêtres et les anciens du peuple l’abordèrent pour lui demander : « Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t’a donné cette autorité ? » Jésus leur répliqua : « A mon tour, je vais vous poser une seule question ; et si vous me répondez, je vous dirai, moi aussi, par quelle autorité je fais cela : Le baptême de Jean, d’où venait-il ? du ciel ou des hommes ? » Ils faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : « Si nous disons : ‘Du ciel’, il va nous dire : ‘Pourquoi donc n’avez-vous pas cru à sa parole ? ‘ Si nous disons : ‘Des hommes’, nous devons redouter la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. » Ils répondirent donc à Jésus : « Nous ne savons pas ! » Il leur dit à son tour : « Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais cela.

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Comprendre ce qu’est l’autorité ne peut se faire à partir d’un raisonnement suspicieux. Parce qu’il n’y a pas d’autorité sans identification à un autre, il nous faut revenir encore et encore sur la manière dont l’autorité s’est fondée en nous. À qui avons-nous obéi enfant ? Et comment celui ou celle à qui nous avons obéi assumait-il l’autorité qu’il exerçait ? Avec culpabilité ? Avec jouissance ? Avec détachement ? Ou avec tendresse et compassion ?

Jean-Marie Quéré

Matthieu 17, 10-13. Entendre autre chose que ce qui nous est dit

Samedi 13 décembre 2014

Descendant de la montagne, les disciples interrogèrent Jésus : « Pourquoi donc les scribes disent-ils que le prophète Élie doit venir d’abord ? » Jésus leur répondit : « Élie va venir pour remettre tout en place. Mais, je vous le déclare : Élie est déjà venu ; au lieu de le reconnaître, ils lui ont fait tout ce qu’ils ont voulu. Le Fils de l’homme, lui aussi, va souffrir par eux. » Alors les disciples comprirent qu’il leur parlait de Jean le Baptiste.

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La vérité est-elle si difficile à entendre que nous entendons toujours autre chose que ce qui nous est dit ?

Jean-Marie Quéré

Matthieu 11, 16-19. Le discours rationnel et le désir

Vendredi 12 décembre 2014

En ce temps-là, Jésus déclarait aux foules : « A qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins assis sur les places, qui en interpellent d’autres : « Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons entonné des chants de deuil, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine. »  Jean Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l’on dit : « C’est un possédé » ! Le Fils de l’homme est venu : il mange et il boit, et l’on dit : « C’est un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs. »  Mais la sagesse de Dieu se révèle juste à travers ce qu’elle fait. »

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Le discours rationnel des hommes ne dit rien du désir inconscient. Au contraire, il tente de l’annuler. Ce qui est juste semble alors nous échapper en ne dépendant pas de notre volonté à bien faire. La sagesse se trouve dans la prise en compte de l’altérité radicale qui nous constitue.

Jean-Marie Quéré

Matthieu 11, 11-15. Juste entendre

Jeudi 11 décembre 2014

En ce temps-là, Jésus déclarait aux foules :  » Amen, je vous le dis : Parmi les hommes, il n’en a pas existé de plus grand que Jean Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui. Depuis le temps de Jean Baptiste jusqu’à présent, le Royaume des cieux subit la violence, et des violents cherchent à s’en emparer. Tous les Prophètes, ainsi que la Loi, ont parlé jusqu’à Jean. Et, si vous voulez bien comprendre, le prophète Élie qui doit venir, c’est lui. Celui qui a des oreilles, qu’il entende !

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Jean-Baptiste passait pour fou alors que c’est la folie des hommes, jusque dans la violence la plus extrême, qui s’est abattue sur lui. Quant à la Loi, elle, elle parle. Si l’on veut  comprendre l’incompréhensible, en saisir l’origine, il nous faut remonter les générations, jusqu’à celle où mythe et réalité se confondent. Avoir des oreilles pour entendre sans vouloir tout saisir et tout comprendre suffit alors.

Jean-Marie Quéré

Matthieu 11, 28-30. Prendre la névrose sur soi

Mercredi 10 décembre 2014

En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

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C’est surprenant cette association joug et aisé, fardeau et léger. Nous faisons souvent de notre névrose un fardeau, quelque chose de lourd à porter tant elle nous condamne à la répétition et à la torture de l’âme. Souvent d’ailleurs de vouloir la faire disparaître la fait revenir de plus belle. Il ne s’agit pas tant de vouloir y échapper ou de s’en débarrasser que de découvrir qu’elle est le signe de quelque chose de plus profond en nous et qui est de l’ordre du désir. La guérison ne prend pas la place de la névrose, elle vient en plus et la rend plus légère.

Jean-Marie Quéré

Matthieu 18, 12-14. Se sentir perdu

Mardi 9 décembre

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :  » Que pensez-vous de ceci ? Si un homme possède cent brebis et que l’une d’entre elles s’égare, ne laissera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans la montagne pour partir à la recherche de la brebis égarée? Et, s’il parvient à la retrouver, amen, je vous le dis : il se réjouit pour elle plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. Ainsi, votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu.

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Lorsque nous nous sentons perdus ou que tout semble perdu, il n’y a en réalité qu’une partie infime en nous qui s’est égarée. C’est pourtant cette partie infime, égarée, qui appelle à prendre en compte que nous sommes guidés par un désir plus profond, inconscient. Lorsque le sens en apparaît, nous ressentons une joie, sans cesse renouvelée, de nous retrouver à nous-même.

Jean-Marie Quéré

Matthieu 9, 35-38.10, 1.6-8. Le désir et son absence.

Samedi 6 décembre 2014

En ce temps là, Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’Évangile du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité. Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, et les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité. Ses douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : «Allez vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le Royaume des cieux est tout proche.  Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »

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« Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement ». Il y a une nuance avec la manière dont c’est le plus souvent entendu et retranscrit : ce que nous avons reçu gratuitement donnons le gratuitement qui sous-entend que nous aurions reçu une particularité qu’il nous faudrait faire profiter les autres. Ce qui laisse entendre que tout le reste pourrait être libre de commerce et d’échanges spéculatifs. Non. Nous avons reçu gratuitement la vie même, faite de désir et de son corollaire : la compassion face à ce qui en nous s’absente du désir justement. C’est cette double dimension, de désir et de son absence, que nous avons à donner.

Jean-Marie Quéré

Matthieu 9, 27-31. Sortir de notre cécité

Vendredi 5 décembre 2014

En ce temps là, Jésus était en route ; deux aveugles le suivirent, en criant : « Prends pitié de nous, fils de David ! » Quand il fut entré dans la maison, les aveugles s’approchèrent de lui, et Jésus leur dit : « Croyez-vous que je peux faire cela ? » Ils lui répondirent : « Oui, Seigneur. » Alors il leur toucha les yeux, en disant : « Que tout se fasse pour vous selon votre foi ! » Leurs yeux s’ouvrirent, et Jésus leur dit avec fermeté : « Attention ! que personne ne le sache ! » Mais, une fois sortis, ils parlèrent de lui dans toute la région.

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Il y a donc une intimité suprême entre désir et parole. « Que tout se passe pour vous selon votre foi ! »  indiquerait qu’il s’agit de croire en la parole comme acte du désir. N’est-ce pas par cette injonction que nous sommes le plus convoqués à sortir de notre cécité et à devenir humain. Il y a cependant une manière de parler, « que personne ne le sache », relative au savoir, qui va à l’encontre du désir.

Jean-Marie Quéré

Matthieu 7, 21.24-27. Le rocher face à la vague

Jeudi 4 décembre 2014

En ce temps là, Jésus disait à ses disciples : « Ce n’est pas en me disant ‘Seigneur, Seigneur !’, qu’on entrera dans le Royaume des cieux ; mais en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux. Ainsi, celui qui entend les paroles que je vous dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc. Et celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. »

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Plus nous méditons ces textes, plus ils m’apparaissent magnifiques. Notre corps, dans la mort,  est bien appelé à disparaître, emporté par les vents et l’eau. Quelle iniquité de croire que notre corps pourrait être sauvé. C’est au contraire par ce qui nous altère que nous découvrons ce qu’il y a de véritablement solide en nous.

Jean-Marie Quéré

Matthieu 15, 29-37. Le désir n’est pas éthéré

Mercredi 3 décembre 2014

En ce temps là, Jésus arriva près de la mer de Galilée. Il gravit la montagne et là, il s’assit. De grandes foules s’approchèrent de lui, avec des boiteux, des aveugles, des estropiés, des muets, et beaucoup d’autres encore ; on les déposa à ses pieds et il les guérit. Alors la foule était dans l’admiration en voyant des muets qui parlaient, des estropiés rétablis, des boiteux qui marchaient, des aveugles qui voyaient ; et ils rendirent gloire au Dieu d’Israël. Jésus appela ses disciples et leur dit : « Je suis saisi de compassion pour cette foule : car depuis trois jours déjà, ils restent auprès de moi et n’ont rien à manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun ; ils pourraient défaillir en chemin. » Les disciples lui disent : « Où trouverons-nous dans un désert assez de pain pour rassasier une telle foule ? » Jésus leur demanda : « Combien de pains avez-vous ? » Ils dirent : « Sept, et quelques petits poissons. » Alors il ordonna à la foule de s’asseoir par terre. Il prit les sept pains et les poissons; rendant grâce il les rompit, il les donnait aux disciples, et les disciples aux foules. Tous mangèrent et furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait sept corbeilles pleines.

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Le désir en l’homme, si noble soit-il, n’est pas éthéré et ne se satisfait pas des effets de guérison qu’il produit. Il est aussi ce qui reste attentif à ce que nos besoins soient satisfaits. S’il est altérité en l’homme, il n’en est pas moins ce qui le constitue. Il n’est pas désincarné et nécessite pour se découvrir que l’homme se nourrisse.

Jean-Marie Quéré