Archives de l’auteur : Jean-Marie Quéré

Luc 1, 18-23

Dimanche 6 mars 2016

Luc 1, 18-23

Zacharie dit à l’ange : À quoi le saurai-je ? Car, moi, je suis vieux et ma femme est avancée en âge. L’ange lui répondit : je suis Gabriel, celui qui se tient devant Dieu ; j’ai été envoyé pour te parler et t’annoncer cette bonne nouvelle. Eh bien tu seras muet, tu ne pourras plus parler jusqu’au jour où cela se produira, parce que tu n’as pas cru en mes paroles, qui s’accompliront en leur temps. Cependant le peuple attendait Zacharie et s’étonnait qu’il s’attarde dans le sanctuaire. À sa sortie, il ne put leur parler, et ils comprirent qu’il avait eu une vision dans le sanctuaire ; il se mit à leur faire des signes et demeurait muet. Lorsque ses jours furent achevés, il rentra chez lui.

« À quoi le saurais-je ? ». Nous ne mesurons pas à quel point poser cette question fait entrer dans une adversité et un échange de questions-réponses stérile, alors que la fécondité se trouve ailleurs.  Poser cette question, jusqu’à parfois s’y arque bouter, annule la rencontre et la parole échangée. Pourtant l’annonce « Tu auras joie et allégresse »  est faite.  Le doute nous fixe dans notre névrose, nous empêchant d’entendre, alors que la joie nous en déplace. Dans le doute, nous agissons avec prudence, guidés par la peur. Zacharie en prenant appui sur le doute, empêche son cœur de s’ouvrir à la joie promise, aussi inattendue soit-elle.  Mais Gabriel, le messager de la vie, ne l’abandonne ni au doute, ni à la peur. Il élève Zacharie au silence.

Jean-Marie Quéré

Lucas 1, 18-23

Zacarías dijo al ángel: « ¿En qué lo conoceré? Porque yo soy viejo y mi mujer avanzada en edad.» El ángel le respondió: «Yo soy Gabriel, el que está delante de Dios, y he sido enviado para hablarte y anunciarte esta buena nueva. Mira, te vas a quedar mudo y no podrás hablar hasta el día en que sucedan estas cosas, porque no diste crédito a mis palabras, las cuales se cumplirán a su tiempo.» El pueblo estaba esperando a Zacarías y se extrañaban de su demora en el Santuario. Cuando salió, no podía hablarles, y comprendieron que había tenido una visión en el Santuario; les hablaba por señas, y permaneció mudo. Y sucedió que cuando se cumplieron los días de su servicio, se fue a su casa.

¿En qué lo conoceré? No nos solemos hacer idea de hasta qué punto hacer esta pregunta conduce a entrar en la adversidad y en el intercambio estéril de preguntas-respuestas, cuando en realidad la fecundidad se encuentra en otro lugar. Hacer esa pregunta, hasta el punto a veces de parapetarse en ella, anula el encuentro y la palabra intercambiada. Aun así, el anuncio se hace: “será para ti gozo y alegría”. La duda nos instala en nuestra neurosis, impidiéndonos escuchar, mientras que la alegría nos desplaza. En la duda actuamos con prudencia, guiados por el miedo. Zacarías, apoyándose en la duda, impide a su corazón que se abra a la alegría prometida, por muy inesperada que sea. Pero Gabriel, el mensajero de la vida, no lo abandona ni a la duda ni al miedo. Eleva a Zacarías al silencio.

Luc 1, 5-17

Dimanche 14 février 2016

Luc 1, 5-17

Aux jours d’Hérode, roi de Judée, il y eut un prêtre nommé Zacharie, de la classe d’Abiya ; sa femme était une descendante d’Aaron, et son nom était Élisabeth. Tous deux était justes devant Dieu et suivaient d’une manière irréprochable tous les commandements et les ordonnances du Seigneur. Mais ils n’avaient pas d’enfant, parce qu’Élisabeth était stérile, et ils étaient l’un et l’autre avancés en âge. Or, dans l’exercice de ses fonctions devant Dieu, selon le tour de sa classe, il fut désigné par le sort, suivant la coutume du sacerdoce, pour entrer dans le sanctuaire du Seigneur et y offrir l’encens. Toute la multitude du peuple était en dehors en prière à l’heure de l’encens. Alors l’ange du Seigneur lui apparut, debout à droite de l’autel de l’encens. Zacharie fut troublé en le voyant ; la peur s’empara de lui. mais l’ange lui dit : N’aie pas peur, Zacharie ; car ta prière a été exaucée. ta femme, Élisabeth, te donnera un fils, et tu l’appelleras du nom de Jean. il sera pour toi un sujet de joie et d’allégresse, et beaucoup se réjouiront de sa naissance. Car il sera grand devant le Seigneur, il ne boira ni vin ni boisson alcoolisée, il sera rempli d’Esprit saint depuis le ventre de sa mère et il ramènera beaucoup d’Israélites au Seigneur, leur Dieu. Il ira devant lui avec l’esprit et la puissance d’Élie, afin de ramener le cœur des pères vers les enfants et les rebelles à l’intelligence des justes, et de former pour le Seigneur un peuple de préparés.

 

Tout rite, quel qu’il soit, même suivi de manière irréprochable, ne protège pas de la peur. Est-ce de cette peur que les cœurs des pères et des rebelles seront soulagés pour être ramenés à leurs enfants et à l’intelligence des justes ! La peur nous éloigne de l’autre, éloigne les pères de leurs enfants, les rebelles de ce qui est juste. L’annonce est faite : l’altérité vient au devant de nous au moment où ne nous y attendons pas, avec une force qui n’a rien à voir avec notre volonté mais qui s’inscrit dans la génération des sages. Comme Zacharie, nous suivons les rites et les règles mais nous avons oublié la sagesse d’être surpris, déstabilisés. Ce n’est qu’à être déstabilisés pourtant que nous pouvons découvrir que l’invisible nous parle.

Jean-Marie Quéré

Domingo 14 de febrero 2016

Lucas 1, 5-17

Hubo en los días de Herodes, rey de Judea, un sacerdote, llamado Zacarías, del grupo de Abías, casado con una mujer descendiente de Aarón, que se llamaba Isabel; los dos eran justos ante Dios, y caminaban sin tacha en todos los mandamientos y preceptos del Señor. No tenían hijos, porque Isabel era estéril, y los dos de avanzada edad. Sucedió que, mientras oficiaba delante de Dios, en el turno de su grupo, le tocó en suerte, según el uso del servicio sacerdotal, entrar en el Santuario del Señor para quemar el incienso. Toda la multitud del pueblo estaba fuera en oración, a la hora del incienso. Se le apareció el Ángel del Señor, de pie, a la derecha del altar del incienso. Al verle Zacarías, se turbó, y el temor se apoderó de él. El ángel le dijo: “No temas, Zacarías, porque tu petición ha sido escuchada; Isabel, tu mujer, te dará a luz un hijo, a quien pondrás por nombre Juan; será para ti gozo y alegría, y muchos se gozarán en su nacimiento, porque será grande ante el Señor; no beberá vino ni licor; estará lleno de Espíritu Santo ya desde el seno de su madre, y a muchos de los hijos de Israel, les convertirá al Señor su Dios, e irá delante de él con el espíritu y el poder de Elías, para hacer volver los corazones de los padres a los hijos,  y a los rebeldes a la prudencia de los justos, para preparar al Señor un pueblo bien dispuesto”

Ningún rito, sea cual sea, incluso seguido de manera irreprochable, protege del miedo. Tal vez sea este el miedo del que los padres y los rebeldes serán aliviados para ser conducidos a sus hijos y a la inteligencia de los justos! El miedo  nos aleja del otro, aleja a los padres de sus hijos, a los rebeldes de lo que es justo. El anuncio se realiza: la alteridad viene a nuestro encuentro en el momento en el que no nos lo esperamos, con una fuerza que nada tiene que ver con nuestra voluntad pero que se inscribe en la generación de sabios. Como Zacarías, seguimos los ritos y las reglas pero hemos olvidado la sabiduría de dejarnos sorprender, desestabilizar. Sin embargo, sólo siendo desestabilizados podemos descubrir que lo invisible nos habla.

Luc 1, 1-4

Dimanche 7 février 2016

Luc 1, 1-4

Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des faits qui se sont accomplis parmi nous, tels que nous les ont transmis ceux qui, dès le commencement, en ont été les témoins oculaires et sont devenus serviteurs de la Parole, il m’a semblé bon, à moi aussi, après m’être informé exactement de tout depuis les origines, de te l’exposer par écrit d’une manière suivie, très excellent Théophile, afin que tu connaisses la certitude des enseignements que tu as reçus.

C’est parce que beaucoup  de témoins ont déjà entrepris de servir la Parole que Luc s’y met également. Alors que nous pourrions penser l’inverse : pourquoi redire ce qui a déjà été dit, ou réécrire ce qui l’a déjà été ? Revenir au commencement de la Parole et tenter d’en comprendre l’origine, c’est s’y mettre aussi soi-même, à parler et à écrire. En s’adressant à l’autre bien sûr mais également à ce qui en nous cherche un point de certitude. Ce n’est donc plus uniquement l’objet de ce qui est enseigné que nous avons à prendre en compte, mais les effets de cet enseignement en nous et auxquels nous avons sans cesse à revenir.

Jean-Marie Quéré

Domingo 7 de febrero 2016

Lucas 1,1-4

Puesto que muchos han intentado narrar ordenadamente las cosas que se han verificado entre nosotros, tal como nos las han transmitido los que desde el principio fueron testigos oculares y servidores de la Palabra, he decidido yo también, después de haber investigado diligentemente todo desde los orígenes, escribírtelo por su orden, ilustre Teófilo, para que conozcas la solidez de las enseñanzas que has recibido.

Lucas emprende también el servicio de la Palabra porque muchos testigos lo han hecho ya. Podríamos pensar lo contrario: ¿Para qué repetir lo que ya se ha dicho o escribir lo que ya se ha escrito? Volver a la Palabra e intentar comprender su origen es ponerse uno mismo a hablar y a escribir. Dirigiéndonos a otro por supuesto, pero también a aquello que en nosotros busca un punto de certeza. No tenemos que tener en cuenta únicamente pues el objeto de lo que se enseña sino los efectos de esa enseñanza en nosotros. A esto es a lo que debemos volver sin cesar.

Reprise des commentaires d’évangile

Samedi 30 janvier 2016

Chers lecteurs,

vous êtes un certain nombre à m’avoir sollicité pour savoir où en était mon projet de poursuivre les commentaires d’évangile que j’avais annoncé le 5 juillet dernier. J’avais alors écrit :

Comme j’ai pu l’expliquer dans le préambule à la lecture du Nouveau Testament, nombre de psychanalystes se sont attachés à lire l’Ancien Testament dont l’importance anthropologique, à travers sa dimension mythique, n’est plus à démontrer. Personnellement, mon attention se porte essentiellement sur le Nouveau Testament. Le Nouveau testament parle du Fils de l’homme et de la résurrection. Ce n’est pas, à mon sens, pour en nourrir une vénération, trop souvent complice de notre aveuglement névrotique, mais pour nous aider à découvrir les résistances qui touchent au plus près notre condition d’humain dans son rapport au désir inconscient. Toute l’originalité du Nouveau Testament se trouvant dans le fait qu’il initie ce mouvement de découverte non pas d’un point de vue d’un savoir extérieur, mais à partir du langage et de la parole en tant qu’ils nous habitent et nous structurent. Je pense donc maintenir une lecture de ce livre. Il semble que la lecture d’un évangile entier, du début à la fin, soit propice à ce travail à la fois personnel et partagé. Cette lecture permettrait en outre de suivre une histoire, celle du Fils de l’homme, de sa naissance à sa mort, en nous invitant à approcher de manière toujours nouvelle notre propre histoire et à découvrir, à travers les différents personnages, les différentes facettes de notre vie intérieure. Le rythme quotidien sera sans doute abandonné au profit d’un rythme hebdomadaire.

Je vais donc m’y remettre. L’Évangile de Luc est le plus approprié. je le connais bien pour l’avoir lu dans un groupe de lecture que nous animons mon épouse et moi. Je le lirai donc du début à la fin, au fil des semaines. J’espère pouvoir me tenir à un commentaire hebdomadaire qui devrait vous parvenir le dimanche. À partir de…bientôt ! Les temps d’arrêts -vacances notamment, ne poseront pas de difficulté puisque je reprendrai là où je me serai arrêté.

Si vous ne souhaitez plus être abonné à ces publications, n’hésitez pas à m’en informer par retour de courriel.

Bien à vous,

Jean-Marie Quéré

Queridos lectores:

Algunos de vosotros me habéis contactado para saber cómo iba mi proyecto de seguir con los comentarios de evangelio que anuncié el pasado 5 de julio. Entonces escribí:

Como pude explicar en el preámbulo a la lectura del Nuevo Testamento, muchos psicoanalistas se han dedicado a leer el Antiguo Testamento cuya importancia antropológica, a través de su dimensión mítica, ha quedado ya bien demostrada. Personalmente, mi interés se centra esencialmente en el Nuevo Testamento. El Nuevo Testamento habla del Hijo del hombre y de la resurrección. No se trata, desde mi punto de vista, de alimentar una veneración a menudo cómplice de nuestra ceguera neurótica, sino de una ayuda para descubrir las resistencias que tocan de muy cerca nuestra condición humana en su relación con el deseo inconsciente. La originalidad del Nuevo Testamento reside en que éste inicia el movimiento de descubrimiento a partir de la palabra en tanto en cuanto nos habita y nos estructura y no a partir de un punto de vista exterior. Pienso pues mantener una lectura de este libro. Parece que la lectura de un evangelio entero, desde el principio hasta el final, puede ser propicia a este trabajo personal a la vez que compartido. Esta lectura permite también seguir una historia, la del Hijo del hombre, desde su nacimiento hasta su muerte, invitándonos a acercarnos de manera siempre nueva a nuestra propia historia y a reconocer, a través de los diferentes personajes, las diferentes facetas de nuestra vida interior. El ritmo cotidiano dejará seguramente paso a un ritmo semanal.

Voy pues a retomar el trabajo. El Evangelio de Lucas es el más apropiado. Lo conozco por haberlo leído en un grupo de lectura que animamos mi esposa y yo. Lo leeré de principio a fin, de semana en semana. Espero poder mantener el ritmo de un comentario semanal que os llegará el domingo. A partir de … pronto! Los momentos de interrupción por vacaciones no supondrán un problema ya que retomaré donde lo haya dejado.

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Atentamente,

Douleur et handicap mental

Dimanche 4 octobre 2015

Cette conférence a eu lieu le 24 septembre 2015 dans le cadre d’une journée organisée par  l’ADAPEI du Rhône  sur « douleur et handicap mental ».

 

La référence absolue du psychanalyste est la position du nouveau-né et du tout petit, celui du temps de l’infans. En effet, la période où l’enfant n’a pas accès au langage verbal, à l’usage des mots pour se faire entendre et comprendre, nous apprend quelque chose quant à l’approche de la douleur. La psychanalyse n’est pas une discipline pour illuminés en mal de sexualité plus ou moins épanouie. Et si le psychanalyste ne traite pas la douleur, il n’en a ni les compétences ni les outils, en revanche, il traite de la douleur. C’est dire qu’il s’attache à entendre, et à ce que soit entendu, ce qui n’est pas dit avec des mots. Le psychanalyste donne toute son importance à ce qui parle en dehors du langage verbal. Continuer la lecture

Matthieu 19, 27-29. L’origine du changement intérieur – Mateo 19,27-29. El origen del cambio interior.

Les « à propos » changent…
Samedi 11 juillet 2015

Pierre prit la parole et dit à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre : quelle sera donc notre part ? » Jésus leur déclara : « Amen, je vous le dis : lors du renouvellement du monde, lorsque le Fils de l’homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m’avez suivi, vous siégerez vous aussi sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël. Et celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle.

Lire le billet du jour sur le site de l’Abbaye de Tamié.

Il nous arrive de nous glorifier d’actions pures et de penser qu’une bonne place, bien méritée, nous serait due. Alors que ce n’est qu’à ses effets d’altérité sur notre « moi » que le désir ne se découvre. C’est lorsque nous découvrons que nous avons changé, et d’en être surpris, que nous pouvons reconnaître que c’est au nom du désir inconscient que cela s’est fait. Une toute autre dimension marque alors le temps en nous.

Sábado 11 de julio 2015

Entonces, respondiendo Pedro, le dijo: He aquí, nosotros lo hemos dejado todo y te hemos seguido. ¿Qué, pues, tendremos? Y Jesús les dijo: De cierto os digo que, en la regeneración, cuando el Hijo del Hombre se siente en el trono de su gloria, vosotros que me habéis seguido os sentaréis también sobre doce tronos, para juzgar a las doce tribus de Israel. Y todo el que haya dejado casas, o hermanos, o hermanas, o padre, o madre, o esposa, o hijos o tierras, por mi nombre recibirá cien veces más y heredará la vida eterna.

A veces nos glorificamos de acciones puras y pensamos que se nos debe un buen lugar, bien merecido. Pero el deseo sólo se descubre por sus efectos de alteridad. Cuando descubrimos que hemos cambiado, sorprendiéndonos, podemos reconocer que eso se ha producido en nombre del deseo inconsciente. Una dimensión totalmente otra marca entonces el tiempo en nosotros.

Jean-Marie Quéré

Matthieu 10,16-23. Persévérer face aux effets d’altérité en nous – Mateo 10,16-23. Perseverar ante los efectos de alteridad en nosotros.

 Les « à propos » changent…
Vendredi 10 juillet 2015

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et candides comme les colombes. Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues. Vous serez conduits devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : il y aura là un témoignage pour eux et pour les païens. Quand on vous livrera, ne vous inquiétez pas de savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là. Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous. Le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort. Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ; mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. »Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Amen, je vous le dis : vous n’aurez pas fini de passer dans toutes les villes d’Israël quand le Fils de l’homme viendra.

Lire le billet du jour sur le site de l’Abbaye de Tamié.

Même si parfois nous nous sentons trahis par ceux qui nous entourent, ce n’est pas tant dans l’adversité vis à vis d’eux que nous avons à persévérer que face aux effets de l’altérité en nous. Ce n’est alors plus notre volonté contre celle de l’autre qui est en jeu mais l’ouverture intérieure à ce que nous éprouvons.

Viernes 10 de julio 2015

En aquel tiempo, dijo Jesús a sus apóstoles: « Mirad que os mando como ovejas entre lobos; por eso, sed sagaces como serpientes y sencillos como palomas. Pero no os fiéis de la gente, porque os entregarán a los tribunales, os azotarán en las sinagogas y os harán comparecer ante gobernadores y reyes, por mi causa; así daréis testimonio ante ellos y ante los gentiles. Cuando os arresten, no os preocupéis de lo que vais a decir o de cómo lo diréis: en su momento se os sugerirá lo que tenéis que decir; no seréis vosotros los que habléis, el Espíritu de vuestro Padre hablará por vosotros. Los hermanos entregarán a sus hermanos para que los maten, los padres a los hijos; se rebelarán los hijos contra sus padres, y los matarán. Todos os odiarán por mi nombre; el que persevere hasta el final se salvará. Cuando os persigan en una ciudad, huid a otra. Porque os aseguro que no terminaréis con las ciudades de Israel antes de que vuelva el Hijo del hombre. »

Incluso si a veces nos sentimos traicionados por los que nos rodean, no es tan preciso perseverar en la adversidad ante ellos como ante los efectos de alteridad en nosotros. Entonces ya no es  nuestra voluntad contra la del otro lo que está en juego, sino la apertura interior a lo que experimentamos.

Jean-Marie Quéré

Matthieu 10,7-15. Sortir de soi – Mateo 10,7-15. Salir de sí.

 Les « à propos » changent…
jeudi 9 juillet 2015

En ce temps-là, Jésus disait aux douze Apôtres : Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. Ne vous procurez ni or ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos ceintures, ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. L’ouvrier, en effet, mérite sa nourriture. Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez là jusqu’à votre départ. En entrant dans la maison, saluez ceux qui l’habitent. Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n’en est pas digne, que votre paix retourne vers vous. Si l’on ne vous accueille pas et si l’on n’écoute pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville, et secouez la poussière de vos pieds. Amen, je vous le dis : au jour du Jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins sévèrement que cette ville.

Lire le billet du jour sur le site de l’Abbaye de Tamié.

Il n’est pas si facile de sortir de soi lorsque nous ne sommes pas accueillis ou entendus. Nous avons plutôt tendance à nous obstiner en voulant à tout prix que l’autre nous entende et nous comprenne. Jusqu’à la jouissance que toute tension, lorsqu’on s’y enferme, peut produire. Cette jouissance là va à l’encontre de toute gratuité.

Jueves 9 de julio 2015.

En aquel tiempo, dijo Jesús a sus apóstoles: « Id y proclamad que el reino de los cielos está cerca. Curad enfermos, resucitad muertos, limpiad leprosos, echad demonios. Lo que habéis recibido gratis, dadlo gratis. No llevéis en la faja oro, plata ni calderilla; ni tampoco alforja para el camino, ni túnica de repuesto, ni sandalias, ni bastón; bien merece el obrero su sustento. Cuando entréis en un pueblo o aldea, averiguad quién hay allí de confianza y quedaos en su casa hasta que os vayáis. Al entrar en una casa saludad; si la casa se lo merece, la paz que le deseáis vendrá a ella. Si no se lo merece, la paz volverá a vosotros. Si alguno no os recibe o no os escucha, al salir de su casa o del pueblo, sacudid el polvo de los pies. Os aseguro que el día del juicio les será más llevadero a Sodoma y Gomorra que a aquel pueblo. »

No es tan fácil salir de sí cuando no somos acogidos o escuchados. Tenemos más bien tendencia a obstinarnos queriendo a toda costa que el otro nos escuche y nos comprenda. Hasta el goce que toda tensión, cuando nos encerramos en ella, puede producir. Este goce va contra toda gratuidad.

Jean-Marie Quéré

Matthieu 10,1-7. La fraternité avec les disciples – Mateo 10,1-7. La fraternidad con los discípulos.

 Les « à propos » changent…
Mercredi 8 juillet 2015

En ce temps-là, Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité. Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, nommé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ; Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ; Simon le Zélote et Judas l’Iscariote, celui-là même qui le livra. Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païennes et n’entrez dans aucune ville des Samaritains. Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche.

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Qui sont-ils donc ces hommes dont les noms ont traversé le temps ? Ils sont fils, ils sont frères. Représentent-ils, autant que la diversité des hommes, les différentes facettes de notre intériorité ?  Portés par un désir qui nous échappe, nous nous reconnaissons pourtant une fraternité avec eux.

Miércoles 8 de julio 2015

En aquel tiempo, Jesús llamando a sus doce discípulos, les dio autoridad para expulsar espíritus inmundos y curar toda enfermedad y dolencia. Éstos son los nombres de los doce apóstoles: el primero, Simón, llamado Pedro, y su hermano Andrés; Santiago el Zebedeo, y su hermano Juan; Felipe y Bartolomé, Tomás y Mateo, el publicano; Santiago el Alfeo, y Tadeo; Simón el Celote, y Judas Iscariote, el que lo entregó. A estos doce los envió Jesús con estas instrucciones: « No vayáis a tierra de gentiles, ni entréis en las ciudades de Samaria, sino id a las ovejas descarriadas de Israel. Id y proclamad que el reino de los cielos está cerca. »

¿Quiénes son pues estos hombres cuyos nombres han atravesado el tiempo? Son hijos, son hermanos. ¿Representan tanto las diferentes facetas de nuestra interioridad como la diversidad de los hombres? Sostenidos por un deseo que se nos escapa,  reconocemos sin embargo una fraternidad con ellos.

Jean-Marie Quéré

Matthieu 9, 32-38. Ne pas entendre ce qui se met à parler – Mateo 9,32-38. No escuchar lo que se pone a hablar.

Les « à propos » changent…
Mardi 7 juillet 2015

En ce temps-là, voici qu’on présenta à Jésus un possédé qui était sourd-muet. Lorsque le démon eut été expulsé, le sourd-muet se mit à parler. Les foules furent dans l’admiration, et elles disaient : « Jamais rien de pareil ne s’est vu en Israël ! » Mais les pharisiens disaient : « C’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. » Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’Évangile du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité. Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »

Lire le billet du jour sur le site de l’Abbaye de Tamié.

Alors que nous avons l’habitude d’associer le fait d’être possédé à une logorrhée qui dit n’importe quoi,  il y a aussi une manière d’être possédé qui conduit au mutisme.  Et lorsque ce qu’il y a de muet en nous se met à parler, nous ne manquons pas de vouloir le faire taire. L’attribuer au démon, n’est-ce pas ne pas pouvoir entendre ce qui en nous se met à parler !

Martes 7 de julio 2015

En aquel tiempo, presentaron a Jesús un endemoniado mudo. Echó al demonio, y el mudo habló. La gente decía admirada: « Nunca se ha visto en Israel cosa igual. » En cambio, los fariseos decían: « Éste echa los demonios con el poder del jefe de los demonios. » Jesús recorría todas las ciudades y aldeas, enseñando en sus sinagogas, anunciando el Evangelio del reino y curando todas las enfermedades y todas las dolencias. Al ver a las gentes, se compadecía de ellas, porque estaban extenuadas y abandonadas, como ovejas que no tienen pastor. Entonces dijo a sus discípulos: « La mies es abundante, pero los trabajadores son pocos; rogad, pues, al Señor de la mies que mande trabajadores a su mies. »

Estamos acostumbrados  asociar el estar poseído a una verborrea que dice cualquier cosa, pero hay también una manera de estar poseído que conduce al mutismo. Y cuando lo mudo que hay en nosotros se pone a hablar, invariablemente queremos hacerlo callar. Atribuírselo al demonio es no poder escuchar lo que se pone a hablar en nosotros!

Jean-Marie Quéré