Lacan souhaitait que « la clinique analytique soit une façon d’interroger le psychanalyste, de le presser de déclarer ses raisons ». Exercice singulier auquel les enseignants ont choisi de se soumettre et auquel sont conviés ceux qui souhaitent orienter leur pratique à partir de la clinique psychanalytique lacanienne, qu’ils soient enseignants, soignants, travailleurs sociaux, psychologues, médecins ou psychanalystes.

Le Collège de clinique psychanalytique du Centre-Est travaille en relation avec les cinq autres Collèges des formations cliniques du Champ Lacanien qui partagent les mêmes options quant à la psychanalyse et son enseignement. Ils se donnent pour mission d’organiser l’enseignement dans leur région.

Il se compose de l’Unité clinique de Vichy-Thiers et des Espaces cliniques de Besançon et Lyon. Il propose un enseignement théorique et clinique qui se donne comme objectif la transmission de la psychanalyse en suivant l’œuvre de Freud et de Lacan, sans pour autant se substituer à la cure personnelle, aux cartels, aux forums et aux séminaires de l’EPFCL.

Une Journée nationale réunit les six Collèges chaque année. Elle aura lieu à Bordeaux le 19 mars 2022.

https://www.cliniquepsychanalytique.fr


Le thème choisi par l’École de Psychanalyse des Forums du Champ Lacanien pour l’année 2021-2022 est :

« Qu’est-ce qu’une clinique psychanalytique ? »

En quoi la psychanalyse se distingue-t-elle des autres thérapeutiques ? Quelle est la place de la psychanalyse dans le contexte institutionnel où les thérapies comportementales deviennent la seule référence ? Quelle est la spécificité de la clinique psychanalytique ? C’est à travers ces questions, auxquelles nous tenterons de répondre, que nous déclinerons ce thème au Collège de Clinique Psychanalytique du Centre Est.

Freud a démontré l’existence de l’inconscient à travers le déchiffrage des symptômes hystériques et celui de leur inscription dans une structure de langage. Considérés comme des hiéroglyphes, Freud a considéré les symptômes hystériques comme ayant valeur de langue, d’alphabet, voire de symboles. Pour Freud, croire à l’inconscient est la condition indispensable au déchiffrage de ces hiéroglyphes. Et, par son approche tant clinique que théorique, Lacan a remanié la croyance en l’inconscient freudien, sans cesser cependant de s’appuyer sur la métapsychologie freudienne ; pour ce faire, il va tout d’abord tirer les conséquences de son axiome « L’inconscient structuré comme un langage ». Avec le symptôme comme métaphore, c’est-à-dire comme message, l’analyse vise l’émergence d’une parole inédite et censurée. Ce qui a été refoulé et perdu dans l’inconscient va réapparaitre sous la forme d’une trouvaille, d’une surprise.

Les formes de la demande que les professionnels accueillent se sont modifiées et passent parfois par ce qui peut être entendu comme une revendication d’efficacité et d’immédiateté. Croire à l’inconscient fait entrer dans une autre dimension du temps : subjective et singulière.

Rappelons que la clinique psychanalytique est une clinique « sous transfert » et qui produit des changements chez le sujet. Ces changements vont bien au-delà des symptômes dont le sujet veut se débarrasser. Autrement dit, c’est le « dire » qui change le sujet. L’équivoque et la coupure sont une des conditions de ce « dire ».
Cependant ces changements ne sont pas saisissables juste par la parole. Si on élucide et déchiffre les masques de l’inconscient, il existe une dimension de l’inconscient qui n’est pas langage et qui exclut le sens. Si le chiffrage de l’inconscient est de l’ordre d’une écriture, l’acte de l’analyste permet de faire émerger un savoir inconscient au-delà du déchiffrage. Le symptôme peut se déchiffrer mais il conserve un irréductible , en effet la jouissance qui ne se déchiffre pas et qui est inclue dans le symptôme se dit en s’écrivant. L’inconscient comme écrit se réduit à son expression minimale.

Ici se déplie une clinique différentielle entre névrose et psychose. La névrose se spécifie par l’articulation du symptôme à partir des retours de la répétition alors que la psychose est caractérisée par les retours du réel du fait de la forclusion du symbolique.

Dans la clinique psychanalytique, il ne s’agit d’aucune manière d’éradiquer le symptôme ou de le faire rentrer dans une dimension normative. Nous verrons en quoi l’inconscient réel de la conception lacanienne constitue un virage théorique radical qui coïncide avec le symptôme nécessaire. Il s’agira alors de développer le rapport entre le symptôme et la construction du fantasme ainsi que sa mise en jeu dans le transfert, afin que le sujet passe de la souffrance du symptôme à la construction de son fantasme au plus près du réel de son désir. En effet, la cure est bien une expérience qui vise le désir d’un sujet et son élucidation. Ce désir que nous suivons à la lettre et dont la cure permet d’atteindre le point de séparation d’avec le désir de l’Autre.

C’est sur la frontière entre savoir et jouissance qu’il s’agira de faire parler le symptôme ; afin de produire un savoir inédit ; soit une invention propre à la singularité de chacun.


Atelier clinique de Lyon

Les samedis 18 septembre 2021, 11 décembre 2021, 12 mars 2022 et 18 juin 2022,
de 14h30 à 17h30.

Enseignants référents :

Jean-Marie Quéré, psychanalyste – Lyon
Catherine Talabard, psychanalyse – Clermont-Ferrand

Renseignements et inscriptions :

Jean-Marie Quéré
06 79 21 71 82
jmquere@baluden.fr