L’angoisse

Elle est souvent ce qui motive la consultation chez le psychanalyste pour celui ou celle qui a l’intuition que l’angoisse est l’indice d’un désir qui cherche sa voie. Lorsqu’elle n’est pas reconnue, ou qu’elle reste non formulée, non symbolisée, l’angoisse envahit souvent la vie quotidienne sous forme d’anxiété permanente, voire de panique face à des évènements qui relèvent bien souvent du banal. L’enfermement à vouloir donner du sens à tout ce qui se passe, la recherche éperdue de signes témoignent davantage de cet envahissement que d’une véritable demande.

Le sentiment de culpabilité

Chacun de nous a pu l’expérimenter, les efforts faits pour déculpabiliser celui qui se sent coupable ne font souvent qu’alimenter et renforcer sa propension à l’auto-reproche. Car, contrairement à l’angoisse qui est un affect, et un affect ne trompe pas, la culpabilité est un sentiment qui trompe le sujet. Un senti qui ment.

Freud nous l’a appris, on ne se sent pas coupable sans raison. La déculpabilisation n’est donc pas une visée première de l’analyse même si, par la mise en mouvement de la subjectivation et la dispersion du senti qui ment, l’analyse délie la culpabilité de son emprise sur le sujet.

Mais cela sous-tend de considérer que la psychanalyse n’est pas tant orientée par le bien-être du sujet que par la disposition de ce dernier à se définir que de parler.

Pour Lacan, nous ne sommes coupables que d’avoir cédé sur notre désir.

Le désir

Nous le confondons souvent avec l’envie. La difficulté majeure du désir c’est qu’il est et demeure inconscient. C’est dire que nous n’en percevons la réalité qu’à ses effets. À l’inverse de l’envie, le désir ne se nourrit pas de la satisfaction. Au contraire même, il se découvre à travers ce que nous ressentons le plus souvent comme un manque, un empêchement, voire un impossible. Le désir marque notre inscription dans l’humanité parlante et lorsqu’il n’est plus soutenu par ce qui organise notre vie quotidienne, nous nous sentons perdus.

Consulter un psychanalyste, nécessite une adhésion à la parole, non comme auto-satisfaction, «le besoin de vider son sac », mais en tant que conditionnée à la présence d’un autre, l’analyste, tout en consentant à être écouté là où nous ne savons pas ce que nous disons.

L’inconscient

Pour Lacan, si l’inconscient existait et agissait avant Freud, toutes les définitions qui en étaient données n’ont rien à voir avec la définition freudienne ; que ce soit l’inconscient vu comme primordial, l’inconscient considéré comme archaïque, l’inconscient comme instinct ou l’inconscient en tant que pensée voilée qui demande à être révélée. Ces définitions de l’inconscient n’ont rien à voir avec l’expérience de l’analyse.

Il nous faut mesurer les conséquences de ce que Lacan nomme lui-même comme « une nouvelle alliance avec le sens de la découverte freudienne » : l’inconscient est la somme des effets de la parole sur le sujet ; là commence le travail de l’analyse.

Le sujet

La notion de sujet est un terme essentiel de la clinique psychanalytique, bien davantage que le terme d’individu ou de personne. « Je est un autre » : le sujet est autre de moi-même. Bien qu’il se définisse en parlant, le sujet ne sait pas ce qu’il dit. Ce qui fera dire à Lacan que le sujet se constitue des effets du signifiant. La notion de sujet permet de saisir que c’est à partir des effets du langage sur le corps que se constitue l’être parlant. Une analyse ne se limite pas à viser l’avènement ou la libéralisation du sujet ; elle doit, menée à son terme, rendre possible sa prise de position.

Le symptôme

Pour Freud, le symptôme s’articule toujours à l’inconscient. Lacan le décrit comme un évènement du corps. C’est dire qu’il s’incarne autant qu’il incarne. La répétition de situations conflictuelles ou encore les passages à l’acte récurrents témoignent de l’ancrage du symptôme dans notre vie quotidienne. En consultant un analyste, nous cherchons à élucider notre symptôme afin de ne plus être prisonnier de sa répétition. L’analyste ne déroge pas à la règle avancée par Freud que le symptôme trouve ses racines dans l’expérience infantile. À noter que la normalité n’est pas l’absence de symptôme, mais de savoir faire avec.

Le temps

C’est une question récurrente de l’analyse : « Combien de temps cela va durer ? » « Pourquoi tout ce temps ? » Freud l’a avancé très tôt : l’inconscient ne connaît pas le temps. Tout comme il nous arrive de ne pas voir passer le temps, nous sommes souvent mis face au hors-temps de notre vie intérieure. Ainsi certains souvenirs restent d’une actualité brûlante. Il y a donc dans le temps deux dimensions : le temps de la réalité, que le calendrier égrène, et le temps du sujet qui s’immobilise entre mémoire et affect. L’analyste donne toute son importance au temps du sujet qui est aussi celui de la parole. Parler, être écouté, nécessite de prendre son temps.

Principales références bibliographiques :

Jacques Lacan, séminaire XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Essais, 2014.
Luis Izcovich, Les marques d’une psychanalyse, Éditions Stilus, 2015