Archives de l’auteur : Jean-Marie Quéré

Séminaire de lecture

 
Séminaire de lecture
 

« Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse »

Jacques Lacan, Point, 2014.

Alors que pour plusieurs raisons, la psychanalyse semble être décriée autant dans la société civile que dans les institutions où elle n’est plus un point d’appui à la clinique, il nous faut revenir aux textes qui l’ont fondée. Il s’agira à travers la lecture de cet ouvrage de revenir sur des notions qui, bien que passées dans le langage courant, n’en demandent pas moins un incessant approfondissement.

Le samedi de 10h30 à 12h

Les 22/09-13/10-10/11-01/12 2018, 26/01-9/02-16/03-13/04-18/05-22/06 2019

Participation financière  : 200 euros

(règlement par chèque ou virement bancaire sur demande)

Lieu : Maison des Familles – 50 cours Charlemagne 69002 LYON


renseignements et inscription

Jean-Marie QUÉRÉ 

psychanalyste- membre EPFCL

  06 79 21 71 82

 

lundi 19 juin 2017

Séminaire

lecture et enseignement des concepts fondamentaux de la psychanalyse

Alors qu’ils sont garants de toujours plus d‘humanité dans notre manière d’aborder la relation, qu’elle soit de soin ou éducative, les concepts fondamentaux de la psychanalyse sont de moins en moins considérés au sein des institutions comme point d’appui au travail clinique. Ce séminaire propose à travers la lecture d’un ouvrage une approche des concepts que sont l’inconscient et la répétition, le transfert et la pulsion, le champ des identifications et celui de l’Autre. Une large part est également donnée aux questions des participants et, pour ceux qui le souhaitent, au partage quant à nos pratiques quotidiennes.

En accord avec l’auteur, nous prenons appui sur la lecture de  :

« Les couleurs de l’inceste, se déprendre du maternel »

de Jean-Pierre Lebrun

Denoël 2013

Nous appréhenderons également, à travers cet ouvrage, quels peuvent être les risques d’une considération à tendance sociale ou moralisatrice des relations humaines et des institutions.

Ce séminaire s’adresse à tout professionnel de la relation de soin et d’accompagnement ainsi qu’à toute personne intéressée par la psychanalyse.

Dates

Le samedi de 10h30 à 12h

les 9 septembre, 14 octobre, 18 novembre, 9 décembre 2017

13 janvier, 3 février, 10 mars, 7 avril, 5 mai et 9 juin 2018

Inscription

200 euros par chèque ou virement bancaire (coordonnées sur demande) avant le 31 août 2017

Lieu

Maison des familles, 50 cours Charlemagne 69002 LYON en face de l’église Sainte Blandine

Renseignements & Inscription

Jean-Marie QUÉRÉ – 27 rue Gilibert 69002 LYON – 06 79 21 71 82 –

Quant à la précarité…

Publié initialement dans le club de Médiapart – 11 mai 2017

Nous sommes dans nos villes les témoins impuissants de l’insupportable : de plus en plus de personnes, dont des enfants de tout âge, vivent dans la rue, dorment sous un porche d’immeuble ou sous la galerie d’une gare, emmitouflées dans des couvertures usées sur des cartons récupérées. Pas de salle de bain pour se laver, pas de toilettes pour faire ses besoins, pas de cuisine pour préparer et partager un repas, pas de chambre pour se retrouver dans la chaleur d’un lit. La poésie à laquelle nous invite tout lieu où se déploie notre intimité est bafouée, anéantie. Continuer la lecture

À propos d’élection…l’appel d’un psychanalyste

Publié initialement dans le club de Médiapart – 4 mai 2017

https://blogs.mediapart.fr/jmquere/blog/040517/appel-dun-psychanalyste

L’intime de l’isoloir
Le divan est lieu de prise de parole. Et il faut s’y être arrêté pour éprouver la difficulté que représente toute prise de parole. Sur le divan, je fais entendre ma voix. Dans l’isoloir aussi, j’ai la possibilité de faire entendre ma voix. Et si ce qui se dit sur le divan reste secret c’est que ma parole, soutenue par le respect inconditionnel de mon analyste, touche au secret le plus intime de mon existence. Raconter ou devoir rendre compte de ce qui s’est dit sur le divan relève de l’impossible à dire. Le silence comme lieu d‘émergence d’un espace intérieur s’impose. Là est la condition de la pensée singulière qui participe, le plus souvent à notre insu, au mouvement et à l’évolution de la pensée humaine. Alors que l’histoire nous montre que la religion et la politique divisent, jusqu’à faire couler le sang, l’attention portée à la vie psychique, à sa dimension inconsciente et à sa proximité avec les plus grands mythes de l’histoire de l’humanité, participe davantage de la liberté, de la fraternité et de l’égalité. Il n’est donc pas étonnant que tout État totalitaire cherche à faire taire ce que soutient la psychanalyse, à savoir la parole de l’autre. Tout autant que l’isoloir électoral. C’est ainsi que l’injonction de nombre de journalistes à vouloir faire dire à tel ou tel quel bulletin il va choisir dans l’isoloir me fait à chaque fois frissonner Continuer la lecture

Reprise du séminaire de lecture

23 janvier 2017

Après un arrêt de dix mois, je reprends le séminaire de lecture. La lecture commune, inhérente à la transmission de la psychanalyse, permet un travail sans cesse renouvelé de la pensée. Chaque séance comprend un temps d’échange permettant à chacun, s’il le souhaite, d’avancer sa réflexion et ses questionnements.

En accord avec l’auteur, je propose cette année la lecture du livre :

« Les couleurs de l’inceste, se déprendre du maternel »

de Jean-Pierre Lebrun

Denoël 2013

Cet ouvrage nous permettra d’aborder les concepts fondamentaux de la psychanalyse ainsi que les risques d’une considération exclusivement sociale des relations humaines et des institutions. Ce séminaire s’adresse à tout professionnel sensibilisé à la relation d’aide et d’accompagnement et plus largement à toute personne intéressée par la psychanalyse, non comme savoir supplémentaire mais comme point d’appui à sa propre pensée.

Dates : Le samedi de 10h30 à 12h – les 14 janvier, 11 février, 11 mars, 8 avril, 13 mai et 10 juin 2017. Le séminaire de lecture peut toujours être intégré en cours d’année,

Une Participation financière globale de 90 euros est demandée.

Pour vous inscrire, vous pouvez me joindre au  06 79 21 71 82

Lieu : Espace confluence, 1 rue Ravat 69002 LYON 


 

 

Luc 3, 1-14

Dimanche 15 mai 2016

L’an quinze du gouvernement de Tibère césar, Ponce Pilate était gouverneur de la Judée, Hérode tétrarque de Galilée, Philippe son frère tétrarque du pays d’Iturée et de Trachonitide, et Lysanias tétrarque d’Abilène, sous le sacerdoce de Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée à Jean fils de Zacharie dans le désert. Il vint dans toute la région du Jourdain, proclamant un baptême de conversion en vue du pardon des péchés, comme il est écrit au livre des oracles du prophète Esaïe : « Une voix crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droit ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux seront redressés, les chemins rocailleux aplanis ; et tous verront le salut de Dieu. » Jean disait alors aux foules qui venaient se faire baptiser par lui : « Engeances de vipères, qui vous a montré le moyen d’échapper à la colère qui vient ? Produisez donc des fruits qui témoignent de votre conversion ; et n’allez pas dire en vous-mêmes : « Nous avons pour père Abraham. » Car je vous le dis, des pierres que voici Dieu peut susciter des enfants à Abraham. Déjà même, la hache est prête à attaquer la racine des arbres ; tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit va être coupé et jeté au feu. » Les foules demandaient à Jean : « Que faut-il donc faire ? » Il leur répondait : « Si quelqu’un a deux tuniques, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; si quelqu’un a de quoi manger, qu’il fasse de même. » Des collecteurs d’impôts aussi vinrent se faire baptiser et lui dirent :  » Maître, que nous faut-il faire ? » Il leur dit : « N’exigez rien de plus que ce qui vous a été fixé. » Des militaires lui demandaient : « Et nous, que nous faut-il faire ? » Il leur dit : «  »Ne faite ni violence ni tort à personne, et contentez-vous de votre solde. »

La déclinaison des titres des puissants qui gouvernent le monde et l’évocation de contrées lointaines et inconnues éveillent en nous une forme de poésie et de curiosité. Cependant cette énumération met en évidence la totale impuissance que donnent ces titres à ceux qui les portent face à la parole qui fut adressée à Jean. Ce n’est pas de ce monde là dont vient la parole et ce n’est pas à ce monde là qu’elle s’adresse. Mais à celui qui vit dans le désert, à l’écart du monde. Toute parole véritable s’adresse à ce qu’il y a de désert en nous. C’est peut-être la raison pour laquelle nous ne saurons pas de quelle parole il s’agit. C’est bien à chacun qu’elle s’adresse dans l’intimité et ne se reconnaît que de la mise en mouvement qu’elle produit. Jean sort du désert et les foules viennent à lui. Il ne mâche pas ses mots : Engeance de vipères, colère qui vient, la hache est prête à attaquer et tout arbre qui ne produit pas va être jeté au feu. Les foules semblent paniquées :  » Que nous faut-il donc faire ? » Jean répond. Mais d’un impossible à appliquer. Pourtant personne n’échappe à cette parole. Sauf ceux qui restent enfermés dans l’illusion de leur titre et de leur pouvoir.

Jean-Marie Quéré

Domingo 15 de mayo 2016

En el año quince del imperio de Tiberio César, siendo Poncio Pilato procurador de Judea, y Herodes tetrarca de Galilea; Filipo, su hermano, tetrarca de Iturea y de Traconítida, y Lisanias tetrarca de Abilene; en el pontificado de Anás y Caifás, fue dirigida la palabra de Dios a Juan, hijo de Zacarías, en el desierto.Y se fue por toda la región del Jordán proclamando un bautismo de conversión para perdón de los pecados, como está escrito en el libro de los oráculos del profeta Isaías: Voz del que clama en el desierto: Preparad el camino del Señor, enderezad sus sendas; todo barranco será rellenado, todo monte y colina será rebajado, lo tortuoso se hará recto y las asperezas serán caminos llanos. Y todos verán la salvación de Dios.Decía, pues, a la gente que acudía para ser bautizada por él: «Raza de víboras, ¿quién os ha enseñado a huir de la ira inminente? Dad, pues, frutos dignos de conversión, y no andéis diciendo en vuestro interior: « Tenemos por padre a Abraham »; porque os digo que puede Dios de estas piedras dar hijos a Abraham. Y ya está el hacha puesta a la raíz de los árboles; y todo árbol que no dé buen fruto será cortado y arrojado al fuego.» La gente le preguntaba: «Pues ¿qué debemos hacer?» Y él les respondía: «El que tenga dos túnicas, que las reparta con el que no tiene; el que tenga para comer, que haga lo mismo.» Vinieron también publicanos a bautizarse, y le dijeron: «Maestro, ¿qué debemos hacer?» El les dijo: «No exijáis más de lo que os está fijado.» Preguntáronle también unos soldados: «Y nosotros ¿qué debemos hacer?» El les dijo: «No hagáis extorsión a nadie, no hagáis denuncias falsas, y contentaos con vuestra soldada.»

La declinación de los títulos de los poderosos que gobiernan el mundo y la evocación de tierras lejanas y desconocidas, despiertan en nosotros algo de poesía y de curiosidad. Sin embargo, esta enumeración pone de manifiesto la impotencia total que estos títulos le otorgan a quienes los tienen, ante la palabra que fue dirigida a Juan. La palabra no viene de ese mundo ni se dirige a él sino a quien vive en el desierto, al margen del mundo. Toda palabra verdadera se dirige a lo que de desierto hay en nosotros mismos. Es esa tal vez la razón por la que no sabremos de qué palabra se trata. Se dirige a cada uno en la intimidad y no se reconoce sino en la puesta en movimiento que provoca. Juan sale del desierto y las multitudes acuden a él. No se anda por las ramas: Raza de víboras, ira inminente, el hacha puesta a la raíz y todo árbol que no dé buen fruto será arrojado al fuego. Las multitudes parecen presas de pánico: “¿Qué debemos hacer?” Juan responde. Pero con algo imposible de aplicar. Aún así, nadie escapa a esta palabra. Salvo los que permanecen encerrados en la ilusión de sus títulos y de su poder.

Luc 2, 41-52

Dimanche 8 mai 2016

Ses parents allaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, comme ils y étaient montés suivant la coutume de la fête et qu’à la fin des jours de fête ils s’en retournaient, le jeune Jésus resta à Jérusalem sans que ses parents s’en aperçoivent. Pensant qu’il était avec leurs compagnons de route, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne l’ayant pas trouvé, ils retournèrent à Jérusalem en le cherchant. C’est au bout de trois jours qu’ils le retrouvèrent dans le temple, assis au milieu des maîtres, à les écouter et les interroger. tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur l’intelligence de ses réponses. En le voyant, ils furent frappés d’étonnement et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous ? Vois, ton père et moi, nous te cherchons tout angoissés. » Il leur dit : pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon père ? » Mais eux ne comprirent pas ce qu’il leur disait. Puis il descendit avec eux pour aller à Nazareth ; il leur était soumis ; et sa mère retenait tous ces événements dans son cœur. Jésus progressait en sagesse et en taille, en en faveur auprès de Dieu et auprès des hommes.

L’enfant a douze ans. Il entre dans l’adolescence et s’éloigne de ses parents qui le pensent à un endroit alors qu’il est ailleurs. Puis la crainte les étreint. Les parents cherchent l’enfant et lorsqu’ils le retrouvent, lui reprochent d’être la cause de leur propre angoisse. Nous pouvons tous là nous reconnaître. Mais pour celui qui sait entendre, l’enfant inscrit un écart dans la répétition névrotique. Ici l’enfant ne répond pas à partir de la culpabilité d’avoir fait souffrir ses parents. « Ne saviez-vous pas ? » Il les renvoie à eux-mêmes et à ce qu’ils ne voulaient pas voir de ce qu’ils savaient déjà. « Qu’il me faut être chez mon père » : Se confirme ce qu’avançait Siméon. L’enfant n’inscrit pas un signe, il est lui-même le signe d’une filiation tout Autre qui en appelle sans cesse à l’altérité radicale. Est-ce cela que sa mère entend sans comprendre ce qui se passe tout en le gardant dans son cœur ? Ses parents ont l’intelligence de ne pas s’opposer à leur fils en tentant de le raisonner. Ni de se servir de leur incompréhension pour nourrir une amertume qui pourrait devenir vindicative face à cet enfant qui signe de sa parole qui il est et dont l’intelligence les dépasse.

Jean-Marie Quéré

Domingo 8 de mayo

Sus padres iban todos los años a Jerusalén a la fiesta de la Pascua. Cuando tuvo doce años, subieron ellos como de costumbre a la fiesta y, al volverse, pasados los días, el niño Jesús se quedó en Jerusalén, sin saberlo sus padres. Pero creyendo que estaría en la caravana, hicieron un día de camino, y le buscaban entre los parientes y conocidos; pero al no encontrarle, se volvieron a Jerusalén en su busca. Y sucedió que, al cabo de tres días, le encontraron en el Templo sentado en medio de los maestros, escuchándoles y preguntándoles; todos los que le oían, estaban estupefactos por su inteligencia y sus respuestas. Cuando le vieron, quedaron sorprendidos, y su madre le dijo: «Hijo, ¿por qué nos has hecho esto? Mira, tu padre y yo, angustiados, te andábamos buscando.» El les dijo: «Y ¿por qué me buscabais? ¿No sabíais que yo debía estar en la casa de mi Padre?» Pero ellos no comprendieron la respuesta que les dio. Bajó con ellos y vino a Nazaret, y vivía sujeto a ellos. Su madre conservaba cuidadosamente todas las cosas en su corazón. Jesús progresaba en sabiduría, en estatura y en gracia ante Dios y ante los hombres.

El niño tiene doce años. Entra en la adolescencia y se separa de sus padres que piensan que está en un lugar cuando en realidad está en otra parte. Entonces les estremece el miedo. Los padres buscan al niño y cuando lo encuentran le reprochan ser la causa de su propia angustia. Ahí podemos reconocernos todos. Pero para aquel que sabe escuchar, el niño inscribe una brecha en la repetición neurótica. Aquí el niño no responde a partir de la culpabilidad de haber hecho sufrir a sus padres. “¿No sabíais …?”. Les remite ellos mismos y a lo que no quieren ver de lo que ya saben, “que yo debía estar en la casa de mi Padre”: se confirma lo que anunciaba Simeón. El niño no inscribe un signo sino que es él mismo el signo de una filiación totalmente Otra que apela sin cesar a una radical alteridad. ¿Es esto lo que su madre escucha, sin comprender lo que pasa, y conserva en su corazón? Sus padres tienen la inteligencia de no oponerse a su hijo intentando hacerle razonar. Y de no servirse de su incomprensión para alimentar una amargura que podría transformarse en vengativa ante un niño que signa con su palabra quién es y cuya inteligencia les supera.

Luc 2, 22-40

Dimanche 1 mai 2016

Puis quand vint le jour où, suivant la loi de Moïse, ils devaient être purifiés, ils l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur -ainsi qu’il est écrit dans la loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur -et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la loi du Seigneur, un couple de tourterelles et deux petits pigeons. Or, il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux, il attendait la consolation d’Israël et l’Esprit Saint était sur lui. Il lui avait été révélé par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. Il vint alors au temple poussé par l’Esprit ; et quand les parents de l’enfant Jésus l’amenèrent pour faire ce que la Loi prescrivait à son sujet, il le prit dans ses bras et il bénit Dieu en ces termes : « Maintenant, Maître, c’est en paix, comme tu l’as dit, que tu renvoies ton serviteur. Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé face à tous les peuples : lumière pour la révélation aux païens et gloire d’Israël ton peuple. » Le père et la mère de l’enfant étaient étonnés de ce qu’on disait de lui. Syméon les bénit et dit à Marie sa mère : « Il est là pour la chute et le relèvement de beaucoup en Israël et pour être un signe contesté -et toi-même, un glaive te transpercera l’âme ; ainsi seront dévoilés les débats de bien des cœurs. » Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était fort avancée en âge ; après avoir vécu sept ans avec son mari, elle était restée veuve et avait atteint l’âge de quatre-vingt quatre ans. Elle ne s’écartait pas du temple, participant au culte nuit et jour par des jeûnes et des prières. Survenant au même moment, elle se mit à célébrer Dieu et à parler de l’enfant à tous ceux qui attendaient la libération de Jérusalem. Lorsqu’ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. Quant à l’enfant, il grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la faveur de Dieu était sur lui.

Les parents s’étonnent de ce qu’un vieil homme dit de leur enfant. D’autant plus qu’il leur est annoncé qu’il sera contesté, non pas dans l’éducation qu’il aura reçu ou dans ses choix d’homme, mais comme signe. Signe qui révélera, plutôt que les conflits entre les hommes, ceux de leur cœur. Non seulement les âmes seront éprouvées de le rencontrer mais il y aura un avant et un après lui. Nous avons sans cesse à découvrir que ce n’est pas l’éducation que nous donnons à nos enfants qui révélera la part de mystère dont tout enfant est le signe malgré lui, mais l’attention que nous porterons à cette part. Ce n’est qu’ainsi que l’enfant peut être rempli de sagesse et nous rendre à l’altérité radicale qui  nous habite. Mais comme nous sommes toujours dans l’attente que nos enfants viennent nous rassurer narcissiquement, cela ne se fera pas sans transpercer notre âme.

Jean-Marie Quéré

Domingo 1 de mayo 2016

Cuando se cumplieron los días de la purificación de ellos, según la Ley de Moisés, llevaron a Jesús a Jerusalén para presentarle al Señor, como está escrito en la Ley del Señor: Todo varón primogénito será consagrado al Señor y para ofrecer en sacrificio un par de tórtolas o dos pichones, conforme a lo que se dice en la Ley del Señor. Y he aquí que había en Jerusalén un hombre llamado Simeón; este hombre era justo y piadoso, y esperaba la consolación de Israel; y estaba en él el Espíritu Santo. Le había sido revelado por el Espíritu Santo que no vería la muerte antes de haber visto al Cristo del Señor. Movido por el Espíritu, vino al Templo; y cuando los padres introdujeron al niño Jesús, para cumplir lo que la Ley prescribía sobre él, le tomó en brazos y bendijo a Dios diciendo: «Ahora, Señor, puedes, según tu palabra, dejar que tu siervo se vaya en paz; porque han visto mis ojos tu salvación, la que has preparado a la vista de todos los pueblos, luz para iluminar a los gentiles y gloria de tu pueblo Israel.» Su padre y su madre estaban admirados de lo que se decía de él. Simeón les bendijo y dijo a María, su madre: «Este está puesto para caída y elevación de muchos en Israel, y para ser señal de contradicción – ¡y a ti misma una espada te atravesará el alma! – a fin de que queden al descubierto las intenciones de muchos corazones.» Había también una profetisa, Ana, hija de Fanuel, de la tribu de Aser, de edad avanzada; después de casarse había vivido siete años con su marido, y permaneció viuda hasta los ochenta y cuatro años; no se apartaba del Templo, sirviendo a Dios noche y día en ayunos y oraciones. Como se presentase en aquella misma hora, alababa a Dios y hablaba del niño a todos los que esperaban la redención de Jerusalén. Así que cumplieron todas las cosas según la Ley del Señor, volvieron a Galilea, a su ciudad de Nazaret. El niño crecía y se fortalecía, llenándose de sabiduría; y la gracia de Dios estaba sobre él.

Los padres se asombran de lo que un anciano dice de su hijo. Además se les anuncia que éste conocerá la contradicción, no en la educación que habrá recibido o en sus elecciones de hombre, sino como señal. Señal que revelará, no tanto los conflictos entre los hombres cuanto los de sus corazones. No sólo las almas que se encuentren con él conocerán la prueba, sino que habrá un antes y un después de él. Y la mujer mayor celebra, no al niño en sí al encontrarse con él, sino a Dios. Tenemos que descubrir sin cesar que no es la educación que damos a nuestros hijos lo que revelará la parte de misterio de la que todo niño es señal aún sin quererlo, sino la atención que le prestamos a esa parte. Solo así el niño se puede llenar de sabiduría y devolvernos a la alteridad radical que nos habita. Pero como siempre estamos a la espera de que nuestros hijos nos tranquilicen de manera narcisista, esto no sucede sin que se nos atraviese el alma.

Luc 2, 1-21

Dimanche 10 avril 2016

Or, en ce temps-là, parut un décret de César Auguste pour faire recenser le monde entier. Ce premier recensement eut lieu à l’époque où Quirinius était gouverneur de Syrie. Tous allaient se faire recenser, chacun dans sa propre ville ; Joseph aussi monta de la ville de Nazareth en Galilée à la ville de David qui s’appelle Bethléem en Judée, parce qu’il était de la famille et de la descendance de David, pour se faire recenser avec Marie son épouse, qui était enceinte. Or, pendant qu’ils étaient là, le jour où elle devait accoucher arriva ; elle accoucha de son fils premier-né, l’emmaillota et le le déposa dans une mangeoire, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la salle d’hôtes. Il y avait dans le même pays des bergers qui vivaient aux champs et montaient la garde pendant la nuit auprès de leur troupeau. Un ange du Seigneur se présenta devant eux, la gloire du Seigneur les enveloppa de lumière et ils furent saisis d’une grande crainte. L’ange leur dit: « Soyez sans crainte, car voici, je viens vous annoncer une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur qui est le Christ Seigneur ; et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Tout à coup il y  eut avec l’ange l’armée céleste en masse qui chantait les louanges de Dieu et disait : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix pour ses bien-aimés. » Or, quand les anges les eurent quittés pour le ciel, les bergers se dirent entre eux : « Allons donc jusqu’à Bethléem et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. » Ils y allèrent en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après avoir vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui les entendirent furent étonnés de ce que leur disaient les bergers. Quant à Marie, elle retenait tous ces événements en en cherchant le sens. Puis les bergers s’en retournèrent, chantant la gloire et les louanges de Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, en accord avec ce qui leur avait été annoncé. Huit jours plus tard, quand vint le moment de circoncire l’enfant, on l’appela du nom de Jésus, comme l’ange l’avait annoncé.

 

Quelle drôle d’idée de partir sur les routes alors que sa femme est sur le point d’accoucher. Joseph semble inconséquent. Sauf à entendre que le désir inconscient, symbolisé ici par l’enfant à naître, mobilise un déplacement. Déjà, alors qu’il n’est pas encore né, l’enfant déplace ses parents. Ce déplacement les conduit d’abord vers eux-mêmes et leur propre histoire. La recension en appelle à rejoindre nos origines humaines pour nous y inscrire.

Jésus est ici donné comme le symbole du premier-né. Il naît entre une réalité visible, toujours imaginaire – en effet comment est-il possible de recenser le monde entier ! – et la réalité invisible, le réel, qui s’adresse aux bergers, hommes sans maison, vivant au dehors des préoccupations du monde, ayant comme seule attache la lumière des étoiles. Mais c’est pourtant une autre lumière qui les enveloppe. Celle de la parole invisible qui parlent à leur cœur plus qu’à leur raison. Par cette parole eux aussi sont mis en mouvement. Ils partent en hâte, pressés d’aller à la rencontre de ce vers quoi ils sont appelés.

Dans toutes ces mises en mouvement, seule Marie, symbole maternel, cherche le sens de ce qui se passe. Autrement dit, depuis l’annonce qui lui a été faite, elle semble ne rien comprendre. Marie est dans une retenue. Par cette incompréhension et cette retenue, déjà s’inscrit un écart entre ce qu’elle vit intérieurement et la réalité de son enfant nouveau-né. Né d’elle, il ne lui appartient plus. Il est déjà enfant du monde visible et du monde invisible. Sa présence témoigne de l’évidence de l’altérité radicale comme fondatrice de toute existence.

Jean-Marie Quéré

Luc 1, 67-80

Dimanche 3 avril 2016

Zacharie, son père, fut rempli d’Esprit saint et il prophétisa en ces termes :

Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, parce qu’il a visité son peuple, accompli sa libération, et  nous a suscité une force de salut dans la famille de David, son serviteur. C’est ce qu’il avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes d’autrefois : un salut qui nous libère de nos ennemis et des mains de tous ceux qui nous haïssent. Il a montré sa bonté envers nos pères et s’est rappelé son alliance sainte, le serment qu’il a fait à Abraham, notre père ; il nous accorderait après nous avoir arrachés aux mains des ennemis, de lui rendre sans crainte notre un culte dans la piété et la justice, sous son regard, tout au long de nos jours. Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut ; car tu marcheras par devant sous le regard du Seigneur pour préparer ses routes, pour donner à son peuple la connaissance du salut par le pardon de ses péchés. C’est l’effet de la bonté profonde de notre Dieu : grâce à elle nous a visités l’astre venu d’en haut. Il est apparu à ceux qui se trouvent dans les ténèbres et l’ombre de la mort, afin de guider nos pas sur le chemin de la paix.

Quant à l’enfant, il grandissait et son esprit se fortifiait ; et il fut dans les déserts jusqu’au jour de sa manifestation à Israël.

 

Il est beaucoup question de pères dans ce texte. Nous est rappelé que Zacharie est le père de Jean. Pourtant, au regard des lignes précédentes, il aurait été étonnant que nous ne nous en souvenions pas. C’est ce père qui, après avoir été réduit au silence, se met à parler en prophète. La parole véritable passe par le silence. Ce dont il parle, tout en étant un témoignage de sa propre vie, indique en effet une parole qui trouve sa source dans un désir tout Autre.  Il en appelle aux prophètes d’autrefois. Il s’inscrit ainsi dans une généalogie qui, à travers sa propre généalogie humaine, en indique une toute Autre également. Il peut ainsi dire de l’enfant qu’il sera prophète à son tour. Étonnamment, il en appelle à la compassion envers nos pères et à l’alliance et l’ombre sacrée avec Abraham, notre père. Il n’y a plus de différence entre la paternité de Zacharie, celles de nos pères et celle d’Abraham. Il n’y a pas d’un côté la généalogie humaine et de l’autre la généalogie divine. Il n’y a qu’une seule généalogie : à la fois visible, celle de Zacharie père, et invisible, celle de nos pères et celle d’Abraham. Être père ne consistant pas à se considérer, à s’identifier, comme l’origine de son fils mais à témoigner que nous sommes habités d’une fonction plus que d’un rôle. La fonction paternelle est ce par quoi chacun découvre qu’il est référé, à travers sa propre généalogie, à un désir qui ne pourrait être réduit à soi-même.  Ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons être délivrés de nos ennemis. Ceux, tout intérieurs, qui nous tiennent à l’ombre de la pulsion de mort. Zacharie nous annonce qu’un désir plus grand, semblable au soleil qui ne cesse de se lever pour offrir sa lumière et qu’on ne pourra pourtant jamais atteindre, nous fera sortir de l’ombre de ce qui en nous se tient dans les ténèbres.

Cette fonction paternelle n’empêche pas Jean de demeurer dans les déserts de la solitude, et donc aussi du silence. Bien au contraire c’est là la condition de sa force. Jusqu’à ce qu’il soit appelé à se présenter devant l’ensemble de ses frères.

Jean-Marie Quéré